Un nouveau jour se lève sur le monde, une nouvelle année a touché à sa fin. Ne laissons tout de même pas la décennie s’échapper sans cérémonie. Une fois encore jetons un long coup d’œil sur l’année qui vient de s’écouler à travers ses films. Certains nous ont déplu mais beaucoup nous ont plu et c’est eux qui sont à l’honneur dans ce top 19 des films de 2019 de la rédaction d’Erreur 42.

Nous avons observé, une année de plus, Disney étendre sa suprématie, occuper solidement le calendrier des sorties jusqu’à se concurrencer elle-même, mais aussi profiter de ses possessions pour influencer les ressorties et diffusions en salles. Malgré cette surpuissance évidente, force est de constater qu’une certaine désillusion s’abat sur ses productions. Avengers : Endgame a divisé et n’aura sans doute pas l’influence durable souhaitée, la nouvelle trilogie Star Wars finit sur une fausse note et les remakes des classiques d’animation, s’ils sont lucratifs, ne séduisent que peu la critique. Il ne faut cependant pas parier sur la mort des grosses machines Hollywoodiennes. Dans l’ombre de cette hégémonie, des oeuvre à grand budget plus auteuristes émergent et éblouissent les cinéphiles. James Gray, Quentin Tarantino, James Mangold, Rian Johnson… Des artistes déjà bien connus qui nous ont prouvé qu’ils n’avaient pas dit leur dernier mot. Cette nouvelle décennie va-t-elle marquer l’émergence d’un nouvel « nouvel hollywood » ?

Ce fut aussi la sortie de films événements qui ont suscité des débats bruyants et vifs comme Joker de Todd Philips, qui fut impossible à ignorer, ou The Irishman de Martin Scorcese, témoin de l’envie de Netflix d’encore renforcer sa légitimité artistique. Les films suscitent plus que jamais des débats et les débats suscitent des films. Dans un monde en tension, manifestement angoissé, le cinéma politique et social, souvent indépendant, trouve très clairement une nouvelle vigueur et une véhémence restaurée. L’exemple le plus flagrant et proche de nous est Les Misérables de Ladj Ly mais cette tendance est mondiale. Des questions sont posées, des consciences sont éveillées et le cinéma en est une caisse de résonance, Bong Joon-Ho l’a bien compris…

2019 est terminée, jetons-lui un dernier regard pour démarrer 2020 de la plus belle des façons. Découvrez nos films préférés de cette année, les incontournables, les grandes découvertes, les perles cachées et les tours de force du cinéma mondial de l’an passé. N’hésitez pas à donner vous aussi votre top 19 dans l’espace commentaire !


Le top de la Rédaction

19. Funan

Prix du festival d’Annecy 2018, le film n’a rejoint les salles que cette année. Premier long-métrage de son réalisateur Denis Do, partiellement autobiographique, Funan évoque la quête d’une mère pour retrouver son fils pendant le régime des Khmers rouges. Se concentrant sur l’impact du contexte sur ses personnages plutôt que de faire un film historique, Funan est un bijou visuel et émotionnel.

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18. Les éternels

Jia Zhangke est parmi les réalisateurs les plus marquants du XXIème siècle avec évidement son incontournable chef-d’oeuvre Touch of Sin. Mais Les Éternels n’est pas en reste. Vendant un film de gangster mais dérivant très vite sur un mélodrame social, Jia Zangke continue son entreprise de réappropriation des canons du cinéma chinois avec cette splendide fresque. Son sens politique est diffus pour qui n’est pas familier avec l’histoire récente chinoise, mais c’est la lutte des femmes pour le pouvoir et la justice qui se déploie sous nos yeux dans une belle histoire magnifiquement mise en image. 

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17. Another day of life

Un film à la sortie discrète et pourtant quelle merveille ! D’après un véritable reportage en Angola, ce film d’animation est une exploration riche et choquante de ce conflit, aux milles idées visuelles et à la force écrasante. Ses séquences documentaires se mêlant aux séquences animées lui donnent une force hybride, une intelligence manifeste. C’est également le meilleur film sur les reporters de guerre depuis Salvador d’Oliver Stone.

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16. Le Mans 66

Porté par un duo de légendes, Le Mans 66 aligne toutes les cartes de la fresque automobile classique pour s’en détacher et prendre son envol. La réalisation de James Mangold nous cloue à notre fauteuil dans ce qui s’apparente aux plus belles courses filmées au cinéma. Toujours sur la corde raide du sensationnalisme, Mangold joue l’équilibriste pour exploser en émotion dans un final grandiose, grand film.


15. The Irishman

Scorsese posant ses valises chez Netflix le temps d’un nouveau long-métrage, c’est bien l’excursion la plus inattendue de cette année 2019. Pourtant, le résultat n’en est pas moins bluffant : ce film testamentaire est une nouvelle fois une immense réussite, notamment grâce à un casting impeccable et une mise en scène toujours aussi soignée. Du grand Scorsese.

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14. El Reino

Si le cinéma de 2018 était politique dans sa manière d’aborder les thèmes sociaux et les crises qui le traversait : 2019 est beaucoup plus frontal dans son approche. Avec El Reino, Rodrigo Sorogoyen nous offre son meilleur thriller politique jusqu’à sa joute verbale finale à travers la dernière scène la plus marquante de l’année.


13. L’heure de la sortie

Portrait d’une jeunesse sans espoirs, L’heure de la sortie transpire de vérité, tant dans son propos que dans la représentation de la jeunesse d’aujourd’hui. Une mise en scène originale et un jeune casting prometteur fait du nouveau film de Sébastien Marnier la bonne surprise de cette année 2019.


12. Le chant du loup

S’il fallait une preuve que l’ambition n’a jamais quitté le cinéma français, Le chant du Loup en est la figure de proue. Premier film à la tension maîtrisée de bout en bout, le film d’Antonin Baudry profite d’un casting magistral qui se déploie dans un sublime drame en eaux troubles.


11. Marriage story

Marriage Story, c’est le choc de fin d’année. Un drame simple, à la réalisation modeste, racontant la crédible histoire d’un divorce ni spécialement simple, ni spécialement compliqué, juste… réel. Un divorce qui semble vrai. Le film est surtout porté par les performances à fleur de peau d’Adam Driver et de Scarlet Johanson qui font exploser le texte humain, réel et bouillonnant d’émotion. C’est une pire expérience humaine et un moment déchirant. 


10. Joker

Malgré sa paradoxale sagesse dans les sujets qu’il aborde, et ses influences à peine cachées : le Joker de Todd Phillips prend progressivement son envol pour établir sa propre mythologie. Loin de toutes les préoccupations des habituelles franchises, le film devient son meilleur argument. Porté par un Joaquin Phoenix magistral, Joker est une vraie proposition de cinéma : brute, sombre et violente.

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9. Ne coupez pas !

L’amour du cinéma artisanal, de sa création, de son sens quasiment primal. Sa portée universelle et paradoxalement personnelle. Sa fédération autour de thèmes pourtant si éloignés. Un sentiment qui se dégage des plus grands films de l’année : de The Irishman à Once upon a time… in Hollywood, mais si l’en est un qui l’incarne plus que tous les autres c’est Ne coupez pas !. Ovni venu directement du pays du Soleil-Levant et dont sa simple description lui ferait du tort. Le film à ne pas manquer.


8. Rocketman

Résumer Rocketman au plus grand film musical de l’année ne lui ferait pas honneur tant il déborde de générosité de tous les instants. Sublime fresque d’une vie mouvementé, Taron Egerton incarne un Elton John plus humain que jamais dans ses plus grands échecs comme dans sa gloire.

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7. Vice

Les parallèles avec l’Amérique de Trump vont de bon train au cinéma depuis son arrivée au pouvoir. Cela n’aura jamais été aussi justifié qu’avec Vice d’Adam McKay, déjà connu pour sa formidable satire de la crise des subprimes, The Big Short. Dans un style toujours plus rythmé et dévastateur, le cinéaste dépeint comment les ambitions d’un homme peuvent faire sombrer un pays avec l’aide de ses institutions. Christian Bale aurait mérité un oscar.


6. J’ai perdu mon corps

Pour sa première réalisation, Jérémy Clapin frappe fort dans le monde de l’animation : primé à Cannes et à Annecy, le drame fantastique s’offre le luxe d’une sortie en salle française et d’un rachat par Netflix à l’international. Il faut dire que la quête de la main de Naoufel, séparée par un tragique accident du corps de son propriétaire, est d’une maturité rarement admise pour l’animation française, encore cantonnée à un public très jeune. La mise en scène exceptionnelle et la bande originale en font un film poignant et juste.

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5. Ad Astra

Quête rappelant l’Odyssée ou encore Apocalyspe Now, Ad astra mène un homme jusqu’aux confins du système solaire pour retrouver son père. Emprunt de symbolisme tragique, le dernier film de James Gray dépeint également l’espace d’une grande beauté. Mais aussi, comme une terre d’une solitude absolue et d’une folie latente. Une épopée terrible sur une relation père/fils déjà échouée, dont la photographie exceptionnelle n’a d’égale que le lyrisme puissant de l’œuvre.


4. Once upon a time… in Hollywood

S’il est parfois trop élogieusement loué, Tarantino demeure incontestablement un grand réalisateur américain qui a encore une fois démontré sa maîtrise avec Once Upon a Time… in Hollywood. C’est un conte mélancolique dans un Hollywood fabulesque, traversé d’icônes, d’inventions et d’images familières qui envoûtent et impressionnent. Tarantino fantasme une autre histoire du cinéma américain, jamais sorti de l’âge d’or, et il le fait dans une déclaration d’hommage au cinéma d’exploitation, à la télévision et aux petits hommes qui les ont construit. Son plus beau film.


3. Les Misérables

Ladj Ly prend de court et au col avec un drame violent qui le mènera peut-être jusqu’aux Oscars et c’est ce qu’on lui souhaite. Présenté à Cannes, Les Misérables maîtrise son sujet avec une justesse exemplaire, sans oublier une mise en scène à la fois soignée et fiévreuse avant une nouvelle plongée dans des cadres immenses de la banlieue parisienne. Une virtuosité telle, qu’on en oublie qu’il s’agit d’une fiction. Aubaine pour le film, triste constat pour la réalité.

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2. The Lighthouse

Sur toutes les lèvres à Cannes, The Lighthouse est un atypique bijou de cinéma fantastique poussant l’étrangeté encore plus loin que son prédécesseur The VVitch. Un noir et blanc Bergmanien, une langue Hemingway-esque, un format qui rappelle Murnau, c’est un film muet parlant vraiment fascinant. On plonge avec les personnages dans une démence folklorique vertigineuse et poisseuse dans ce film terrible, sensoriel et épuisant dont on ne sort pas indemne.


1. Parasite

C’est indéniablement le hold-up de l’année ! 7ème film et 7ème chef d’oeuvre consécutif pour Bong Joon-ho, le petit génie de la nouvelle vague coréenne, Parasite est un pavé dans la marre. Un film politique qui fait l’effet d’une déflagration, traitant de la lutte des classe avec force et habileté. Bondissant toujours habilement entre les registres, passant du rire aux larmes à un insoutenable suspens avec une maestria narrative et visuelle inégalée, Bong Joon-ho prouve encore une fois qu’il est parmi les meilleurs en vie et qu’il changera l’histoire.

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Le top de Quentin Le Gohic (Rédacteur en chef)

19. Another day of life

En mêlant habilement documentaire, film historique et d’aventure Another Day of Life nous ouvre sur le monde qui nous entoure avec des images dures mais nécessaires et un propos de fond fort mais surtout cohérent avec sa mise en scène. En poussant au maximum les limites de l’animation, les deux réalisateurs nous offrent un film visuellement sublime et profondément humain…

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18. I Am Mother

Passé assez inaperçu dans le flot continu des sorties Netflix, I am Mother est pourtant l’une des plus grosses surprises de l’année. Profitant d’un scénario malin et ingénieux, le film joue constamment avec les codes du genre pour en tirer le meilleur et considérer son spectateur.


17. Joker

Malgré sa paradoxale sagesse dans les sujets qu’il aborde, et ses influences à peine cachées : le Joker de Todd Phillips prend progressivement son envol pour établir sa propre mythologie. Loin de toutes les préoccupations des habituelles franchises, le film devient son meilleur argument. Porté par un Joaquin Phoenix magistral, Joker est une vraie proposition de cinéma : brute, sombre et violente.

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16. Ad Astra

Si 2019 est incontestablement l’année de la consécration pour Adam Driver, Brad Pitt y livre ses meilleures performances. Dans un Ad Astra somptueux, il part à la recherche de son père disparu aux confins du système solaire. Si le long-métrage de James Gray peut paraître froid et distant il n’en regorge pas moins une des œuvres les plus riches de l’année, symboliquement et formellement.


15. L’Heure de la sortie

Souvent caricaturé, le cinéma francais a toujours su garder sa part d’oeuvres inclassables. Et c’est Sébastien Marnier qui incarne à merveille ce cinéma de l’étrange avec L’Heure de la sortie, hybride assumé entre thriller, drame, film catastrophe et même horrifique. Un voyage qui en vaut la peine, si bien qu’on accepte de s’y laisser conduire.


14. Child’s Play : La Poupée du mal

Premier surpris de retrouver cet énième reboot de franchise horrifique dans ce classement, il faut avouer que ce Chucky version 2019 a de nombreux arguments pour plaire. Sa force tient dans son honnêteté à ne chercher, ni plus ni moins, qu’à proposer le meilleur à partir de son matériau de base. La comédie horrifique de l’année, assurément.


13. Once Upon a Time… in Hollywood

Si Tarantino s’est fait un nom auprès du grand public pour ses films aux dialogues aussi aiguisés que ses lames, le point commun de sa filmographie est, et restera, son amour inconditionnel du cinéma. Il lui aura fallu 9 films pour l’exprimer pleinement, mais cela en valait l’attente : Once Upon a Time… in Hollywood est un véritable poème nostalgique aux élans lyriques. Une déclaration d’amour ultime pour le septième des arts.


12. Le Chant du loup

S’il fallait une preuve que l’ambition n’a jamais quitté le cinéma français, Le chant du Loup en est la figure de proue. Premier film à la tension maîtrisée de bout en bout, le film d’Antonin Baudry profite d’un casting magistral qui se déploie dans un sublime drame en eaux troubles.


11. The Lighthouse

Si le nouveau film de Robert Eggers a connu un certains succès de niche auprès du public c’est avant tout grâce à son duo de tête. Willem Dafoe et Robert Pattinson offrent les plus belles performances de leurs carrière dans cette longue chute aux enfers, désespérément belle et qui, comme A Ghost story et The VVitch, se ressent avant toute forme d’intellectualisation.


10. Vice

Après son Oscar du meilleur scénario adapté pour The Big Short, Adam McKay est de retour derrière la caméra pour attaquer encore plus frontalement. Toujours plus cynique et grinçant, Vice est un véritable brûlot politique qui ne se réfugie pas derrière quelconques effets dramatiques : Christian Bale y est méconnaissable et Sam Rockwell, comme à son habitude, exceptionnel.


9. Rocketman

Résumer Rocketman au plus grand film musical de l’année ne lui ferait pas honneur tant il déborde de générosité de tous les instants. Sublime fresque d’une vie mouvementé, Taron Egerton incarne un Elton John plus humain que jamais dans ses plus grands échecs comme dans sa gloire.

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8. J’ai perdu mon corps

En utilisant le concept de la main coupée à la recherche de son propriétaire, Jérémy Clapin ne pouvait nous offrir une oeuvre plus riche et marquante que J’ai perdu mon corps. Véritable film métaphorique à la portée universelle, il est est avant tout touchant quand il aborde les émotions les plus complexes avec une étonnante sincérité. Accompagné d’une bande-originale enivrante aux sonorités électroniques, le film se pare d’une animation et de cadres léchés rendant l’oeuvre aussi belle que profonde.

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7. Toy Story 4

Toy Story 4 n’est pas le film de trop. Construit comme un long dernier acte en forme de conclusion personnel pour Woody, il complète à merveille le troisième opus et sa fin parfaite. Magistral dans son propos comme dans son forme. Intelligent et bouleversant.


6. Ne coupez pas !

L’amour du cinéma artisanal, de sa création, de son sens quasiment primal. Sa portée universelle et paradoxalement personnelle. Sa fédération autour de thèmes pourtant si éloignés. Un sentiment qui se dégage des plus grands films de l’année : de The Irishman à Once upon a time… in Hollywood, mais si l’en est un qui l’incarne plus que tous les autres c’est Ne coupez pas !. Ovni venu directement du pays du Soleil-Levant et dont sa simple description lui ferait du tort. Le film à ne pas manquer.


5. El Reino

Si le cinéma de 2018 était politique dans sa manière d’aborder les thèmes sociaux et les crises qui le traversait : 2019 est beaucoup plus frontal dans son approche. Avec El Reino, Rodrigo Sorogoyen nous offre son meilleur thriller politique jusqu’à sa joute verbale finale à travers la dernière scène la plus marquante de l’année.


4. Le Mans 66

Porté par un duo de légendes, Le Mans 66 aligne toutes les cartes de la fresque automobile classique pour s’en détacher et prendre son envol. La réalisation de James Mangold nous cloue à notre fauteuil dans ce qui s’apparente aux plus belles courses filmées au cinéma. Toujours sur la corde raide du sensationnalisme, Mangold joue l’équilibriste pour exploser en émotion dans un final grandiose, grand film.


3. Les Misérables

Véritable révélation du dernier Festival de Cannes, Les Misérables se retrouve propulsé sur le devant de la scène par ceux qui les ignorent depuis des dizaines d’années. Un paradoxe qui donne une force encore plus symbolique à un film qui gagne en puissance à ne jamais montrer autre chose qu’une violence aveugle, d’un camp comme de l’autre, dans un rapport de force en puissance dévastant de sincérité.

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2. Parasite

Le miracle de l’année est coréen. Le dernier film de Bong Joon-ho a attiré tous les projecteurs sur un cinéma encore trop inconnu du grand public. Véritable incarnation de l’ensemble de son œuvre, Parasite est sans aucun doute la plus dense de toutes. Comme à son habitude, il navigue d’un genre à l’autre avec une aisance et une maîtrise absolument renversante.

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1. Marriage Story

Dans l’ombre de The Irishman se cachait le plus grand film de l’année. Véritable leçon de cinéma : Marriage Story touche en plein cœur avec son histoire à la portée universelle et à l’écriture hallucinante et humble. Noah Baumbach s’ouvre avec sincérité sur son milieu et ne tombe jamais dans le piège d’une élite déconnectée de la réalité. Peut être la meilleure œuvre de son auteur, interprétée à la perfection par un duo d’acteur au sommet de leur art. Le tout sublimé par la bande-originale de Randy Newman.


Le top de Baptiste Duminil (Éditeur)

19. Lord of Chaos

Lord of Chaos est un terrible biopic narrant la naissance du death metal norvégien avec le groupe Mayhem et la vague de crimes qui a suivi. Un vrai film underground plongeant dans un milieu étrange peuplé de personnages malsains tous plus hallucinés les uns que les autres et parfaitement joués par de délirants jeunes acteurs. On eût souhaité le film plus musical, mais son humour noir, ses scènes impressionnantes et son rythme terrible maintiennent en haleine et font véritablement souffrir alors qu’on assiste à cette inévitable descente aux enfers collective.


18. Face à la Nuit

Face à la Nuit est un magnifique film semi-expérimental qui joue avec le temps, racontant une histoire à rebours, jouant génialement avec le mystère et les personnages et révélant des perspectives narratives inédites et terriblement fascinantes. Le cinéma taïwanais est incroyablement émergent et Face à la Nuit est un témoignage de sa liberté, de son élégance et des talents qui l’anime. Un film splendide, novateur, bondissant d’une ambiance à l’autre avec virtuosité… Bref, l’avenir est taïwanais.

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17. Marriage Story

Marriage Story, c’est le choc de fin d’année. Un drame simple, à la réalisation modeste, racontant la crédible histoire d’un divorce ni spécialement simple, ni spécialement compliqué, juste… réel. Un divorce qui semble vrai. Le film est surtout porté par les performances à fleur de peau d’Adam Driver et de Scarlet Johanson qui font exploser le texte humain, réel et bouillonnant d’émotion. C’est une terrible expérience humaine et un moment déchirant. 


16. A Couteaux Tirés

Rian Johnson est de retour avec un grand divertissement à la Agatha Christie prouvant par l’exploit son génie et sa minutie en tant que scénariste. C’est un film très excitant avec ses multiples retournements, qui se transforme constamment et redistribue plusieurs fois tous les enjeux. Un rythme haletant, un casting luxueux, une réalisation efficace et un tacle social assez amusant… En somme c’est un grand plaisir !


15. Les Étendues imaginaires

Les Étendues imaginaires est un polar singapourien exposant l’exploitation des travailleurs immigrés construisant les îles artificielles servant d’extension à la ville. Et le film fonctionne aussi bien en tant que polar noir onirique et lugubre qu’en tant que critique sociale alarmiste et brutale. Sublimement filmé et surtout photographié, Les Étendues imaginaires ne perd pas, dans son onirisme, son réalisme révoltant et son romantisme pervers. C’est le portrait lugubre d’une société frustrée, voleuse, perverse et profondément misérable. 


14. Un grand voyage vers la nuit

Un film véritablement unique. Immense polar romantique chinois, Un long voyage dans la nuit, c’est presque deux films en un. D’abord un film conventionnel, mais déjà magnifique, montrant la quête d’un homme de son amante perdue, presque plus sur les traces d’un passé rêvé que d’une véritable personne. C’est ensuite une gigantesque et spectaculaire déambulation en plan séquence dans un monde absurde, au croisement du rêve et du cinéma. C’est un film de toute beauté, difficile à aborder mais qui s’approche plus que n’importe qui d’autre avant de la mise sur pellicule d’un ravissant rêve éveillé, à la recherche d’un bonheur qu’on ne touche que du bout des doigts.


15. Douleur et Gloire

Dernière réalisation en date de Pedro Almodóvar, l’enfant terrible du cinéma espagnol, dans lequel il fait son introspection, revenant splendidement sur tous ses thèmes et motifs, sur leur sens et leurs origines dans son art et son histoire. Plutôt que la plainte d’une diva se lamentant sur sa riche condition (comme Ma Vie avec John F. Donovan), Douleur et Gloire est le témoignage d’une légende qui assume ses caprices, reconnaît ses failles et nous offre un délicieux moment d’intimité, en plus d’un bel objet d’art.

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12. Sorry we Missed You

On ne présente plus Ken Loach, le maître incontesté du cinéma social britannique contemporain. Dans son nouveau film, il s’attaque au monde du travail moderne, à l’uberisation, à la surveillance des travailleurs, aux nouvelles cadences et aux pressions absurdes qu’elles mettent sur les travailleurs et les familles. Toujours renforcé par son solide sens de la réalité, ce tableau social kafkayen est épuisant, traumatisant, révoltant et surtout semble sans espoir… Un film radical, destructeur et indispensable. 

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11. Les Misérables

Il faut toujours être prêt à se laisser surprendre, notamment par le cinéma français. On peut parfois être lassé par le cinéma social misérabiliste mais, contrairement à ce que peut induire le titre, Les Misérables n’est pas de ce bois-là. C’est une attaque concrète, un regard d’insider et une prise de position claire sur la difficile vie en banlieue, ses causes et ses coupables. D’un réalisme saisissant qui ne prive pas d’une magnifique réalisation, Les Misérables est un film puissant et tout simplement révoltant.

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10. The Last Black Man in San Francisco

Dans le même courant que Sorry To Bother You ou Blindspotting, The Last Black Man in San Francisco est un film indépendant traitant avec poésie et émotion des problèmes sociaux américains comme les discrimination raciales, les violences policières, la gentrification et les violences de classe. Ce sont ses magnifiques performances, sa fantaisie innocente et enfantine et ses personnages incroyablement attachants qui en font un petit bijou exceptionnellement touchant.


9. The Lighthouse

Sur toutes les lèvres à Cannes, The Lighthouse est un atypique bijou de cinéma fantastique poussant l’étrangeté encore plus loin que son prédécesseur The VVitch. Un noir et blanc Bergmanien, une langue Hemingway-esque, un format qui rappelle Murnau, c’est un film muet parlant vraiment fascinant. On plonge avec les personnages dans une démence folklorique vertigineuse et poisseuse dans ce film terrible, sensoriel et épuisant dont on ne sort pas indemne.


8. Les Eternels

Jia Zhangke est parmi les réalisateurs les plus marquants du XXIème siècle avec évidement son incontournable chef-d’oeuvre Touch of Sin. Mais Les Éternels n’est pas en reste. Vendant un film de gangster mais dérivant très vite sur un mélodrame social, Jia Zangke continue son entreprise de réappropriation des canons du cinéma chinois avec cette splendide fresque. Son sens politique est diffus pour qui n’est pas familier avec l’histoire récente chinoise mais c’est la lutte des femmes pour le pouvoir et la justice qui se déploie sous nos yeux dans une belle histoire magnifiquement mise en image. 

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7. Boy Erased

Joel Edgerton, bien connu du grand public en tant qu’acteur, s’est imposé cette année en tant que réalisateur et surtout scénariste à suivre à l’avenir. Et Boy Erased est le parangon de sa réincarnation. Plongeant dans une institution de reconversion, il suit la vie compliquée de jeunes homosexuels persécutés, en lutte avec le monde et eux-même. C’est un drame dur, sobrement réalisé mais splendidement écrit, habité de personnages profondément humains et fragiles parfaitement interprétés par un casting luxueux, avec Lucas Hedges, espoir d’avenir, en tête d’affiche.


6. Sorry To Bother You

Brûlot comique absurde ultra provocateur de Boots Riley, Sorry to Bother you est pour le moins déroutant. Incarnant, avec Blindspotting, Fruitvale Station ou The Last Black Man in San Francisco, le nouveau cinéma noir indépendant américain, c’est un film politique complètement barré, parfaitement maîtrisé visuellement, nous emportant dans une plongée profonde dans l’absurde et le burlesque du monde du travail, de l’aliénation et de l’éveil des volontés révolutionnaires. Motivants, excitant, brûlant.


5. Another Day of Life

Un film à la sortie discrète et pourtant quelle merveille ! D’après un véritable reportage en Angola, ce film d’animation est une exploration riche et choquante de ce conflit, aux milles idées visuelles et à la force écrasante. Ses séquences documentaires se mêlant aux séquences animées lui donnent une force hybride, une intelligence manifeste. C’est également le meilleur film sur les reporters de guerre depuis Salvador d’Oliver Stone.

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4. Once Upon a Time in… Hollywood

Si il est parfois trop élogieusement loué, Tarantino demeure incontestablement un grand réalisateur américain qui a encore une fois démontré sa maîtrise avec Once Upon a Time… in Hollywood. C’est un conte mélancolique dans un Hollywood fabulesque, traversé d’icônes, d’inventions et d’images familières qui envoûtent et impressionnent. Tarantino fantasme une autre histoire du cinéma américain, jamais sorti de l’âge d’or, et il le fait dans une déclaration d’hommage au cinéma d’exploitation, à la télévision et aux petits hommes qui les ont construit. Son plus beau film.


3. Ad Astra

James Gray n’a plus vraiment à faire ses preuves, ayant enchaîné les formidables fresques purement hollywoodiennes, explorant les problématiques liées à la famille dans de magnifiques histoires. Ad Astra complète The Lost City of Z dans l’arc lié au père et aux explorateurs et le surpasse en tous points. Si beau qu’il semble d’un autre monde, à la fois d’un gigantisme dantesque et d’une intimité profonde, c’est une énième relecture d’Au cœur des Ténèbres véritablement magnétique, envoûtante et fascinante dans sa recherche de la nature humaine elle-même.


2. Ne coupez pas !

Voilà une success story à la japonaise. Un petit film de fin d’étude à la production modeste devenu un succès mondial à la seule force de son hilarant concept et de son exécution sans faille. Un plan séquence désopilant et une deuxième partie qui n’est pas en reste, Ne coupez pas ! est un film unique, véritablement révolutionnaire qui a catapulté Shin’ichiro Ueda au sommet des réalisateurs à surveiller, l’adoubant clairement comme le prochain Sono Sion. La comédie de l’année, sans conteste.


1. Parasite

C’est indéniablement le hold-up de l’année ! 7ème film et 7ème chef d’oeuvre consécutif pour Bong Joon-ho, le petit génie de la nouvelle vague coréenne, Parasite est un pavé dans la marre. Un film politique qui fait l’effet d’une déflagration, traitant de la lutte des classe avec force et habileté. Bondissant toujours habilement entre les registres, passant du rire aux larmes à un insoutenable suspens avec une maestria narrative et visuelle inégalée, Bong Joon-ho prouve encore une fois qu’il est parmi les meilleurs en vie et qu’il changera l’histoire.

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Le top d’Azucena Lozano Denis (Éditrice)

19. La vie invisible d’Euridice Gusmao

Deux sœurs se retrouvent séparés par une injustice et vont passer leur vie à se chercher alors qu’elles ne vivent qu’à quelques rues de Rio l’une de l’autre. Révélation cannoise récompensée en catégorie un certain regard, ce drame brésilien se laisse suivre avec mélancolie, dépeignant deux destins radicalement différents, celui de deux femmes du XXème siècle. A la fois remarquable visuellement et bouleversant.


18. Proxima

Être un cosmonaute est très complexe. L’être en étant une femme, une mère, d’autant plus. Proxima traite avec justesse d’un thème rarement abordé hors du cadre du foyer : la charge mentale des femmes. Mais aussi la violence sinueuse, presque invisible, du sexisme au travail. Porté par ses acteurs et surtout Eva Green, qui joue pour la première fois en français, le film est une vraie leçon d’écriture.


17. Ne coupez pas !

Phénomène imprévu venu du Japon, Ne coupez pas ne peut être trop analysé sans entrer rapidement dans les spoilers. Tout ce qui peut être dit, c’est de faire confiance au film, le regarder de bout en bout et apprécier sa tendresse, son amour du cinéma. Une certaine nostalgie étudiante s’en dégage, tout en montrant la réalité bien complexe de ce qu’est qu’un tournage, entre ce qui est prévu et ce qu’il advient.


16. Funan

Prix du festival d’Annecy 2018, le film n’a rejoint les salles que cette année. Premier long-métrage de son réalisateur Denis Do, partiellement autobiographique, Funan évoque la quête d’une mère pour retrouver son fils pendant le régime des Khmers rouges. Se concentrant sur l’impact du contexte sur ses personnages plutôt que de faire un film historique, Funan est un bijou visuel et émotionnel.

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15. Midsommar

Réalisateur du chef d’œuvre Hérédité (numéro 1 du top de votre rédactrice en 2018), Ari Aster devait relever un nouveau défi cette année. Il confirme ses talents de metteur en scène d’exception, mais également de sa capacité brillante à établir un contexte crédible et riche pour filmer la chute de ses personnages. Si l’aspect horrifique est moins présent sur ce dernier long-métrage, le travail sur l’atmosphère et l’enfermement psychologique sont toujours de mise, dans un environnement digne des meilleures œuvres de folk horror. Midsommar marque également la révélation de Florence Pugh, à la fois victime et vengeresse terrifiante.


14. Marriage Story

Portrait intimiste de la séparation d’un couple, Marriage Story frappe par son écriture, sublimée par le jeu d’acteur de ses deux interprètes principaux (Adam Driver y confirme si ce n’est pas déjà fait son immense talent). La mise en scène sobre accompagne l’authenticité de l’intrigue, alors que des personnages secondaires plus excentriques apporte une touche d’humour bienvenue et tendre. Le film le plus abouti du cinéaste Noah Baumbach.


13. A couteaux tirés

Un écrivain fortuné est assassiné. Entre la bataille pour l’héritage et les faux-semblants, sa famille est soupçonnée. Avec un casting prestigieux au top de sa forme et un Rian Johnson à la tête du scénario et de la réalisation, À couteaux tirés est un vrai plaisir de cinéma. Rythmé, coloré, drôle, le film ne se détache pas d’un fond très bien construit sur l’immigration et les privilèges des plus riches. Tout comme Parasite, si ce genre de thématique n’est pas nouvelle elles sont traitées d’une façon inédite, ludique et à la fois dramatique.


12. L’heure de la sortie

Surprise française de cette année 2019, L’Heure de la sortie joue sur la corde raide du suspens jusqu’au bout, ne tombe jamais dans l’excès tout en restant inquiétant. Deuxième long-métrage de Sébastien Marnier, ce dernier expose déjà une esthétique propre et mature qui fait sortir le film du lot visuellement. A cela s’ajoute une performance toujours très juste de Laurent Lafitte entourée d’une bande d’adolescents terrifiants. A la fois thriller, huis-clos psychologique et drame, L’Heure de la sortie mérite d’être retenu, alors que la production du genre en France et sa distribution et toujours plus difficile.


11. Le Traître

Loin des mythes de la mafia américaine dépeint dans les films de Scorsese, Le Traître montre une mafia italienne amorale, pathétique et d’une violence gratuite inouïe. Basée sur une histoire vraie, celle de Tommaso Buscetta interprété par Pierfrancesco Favino qui a décidé de rompre l’omerta, le film est à la fois exceptionnel par son travail de retranscription mais également pour son gigantisme (le segment du procès en tête). Présenté à Cannes mais reparti bredouille, il s’agit pourtant d’une brillante épopée sanglante sur un repenti.


10. Joker

Joaquin Phoenix prouve encore une fois être l’un des meilleurs acteurs de sa génération. Habité par ce Joker, fidèle ennemi de Batman revisité, loin de ce qui avait pu être présenté à l’écran, il livre une performance sans égale. Fortement emprunt de drame social, le film se veut juge d’une société qui laisse ses marginaux de côté quitte à se mettre elle-même en danger. Accompagné de la formidable bande originale de la compositrice Hildur Ingveldardóttir Guðnadóttir.

Retrouvez notre critique complète à lire ici.


9. Le Chant du Loup

Antonin Baudry, diplomate français mais également auteur de bande-dessinée livre ici son premier long-métrage, imprégné de ces deux univers : à la fois savamment documenté et enrichi de plans clé, Le chant du loup marque une ambition certaine dans le cinéma français. Thriller politique et drame humain, le film peut se vanter d’un casting riche (François Civil et Mathieu Kassovitz en tête) et de marquer le cinéma français par sa justesse et son suspens.


8. Ad Astra

Quête rappelant l’Odyssée ou encore Apocalyspe Now, Ad astra mène un homme jusqu’aux confins du système solaire pour retrouver son père. Emprunt de symbolisme tragique, le dernier film de James Gray dépeint également l’espace d’une grande beauté. Mais aussi, comme une terre d’une solitude absolue et d’une folie latente. Une épopée terrible sur une relation père/fils déjà échouée, dont la photographie exceptionnelle n’a d’égale que le lyrisme puissant de l’œuvre.


7. Once Upon a Time… in Hollywood

Quentin Tarantino devrait selon ses dires bientôt terminer sa carrière de réalisation. Once Upon a Time… in Hollywood en est déjà une forme de testament. Si le cinéaste s’est illustré pour ses long-métrages hommage au cinéma, le traitement de la thématique ici est différente. Loin de la fulgurance, il s’agit ici d’un œil mélancolique, poétique sur ce que le cinéma peut apporter, à la fois le rêve et la catharsis, mais dans tous les cas une évasion face à la violence de la réalité. Brad Pitt atteint l’un des points les plus brillants de sa carrière.


6. J’ai perdu mon corps

Pour sa première réalisation, Jérémy Clapin frappe fort dans le monde de l’animation : primé à Cannes et à Annecy, le drame fantastique s’offre le luxe d’une sortie en salle française et d’un rachat par Netflix à l’international. Il faut dire que la quête de la main de Naoufel, séparée par un tragique accident du corps de son propriétaire, est d’une maturité rarement admise pour l’animation française, encore cantonnée à un public très jeune. La mise en scène exceptionnelle et la bande originale en font un film poignant et juste.

Retrouvez notre critique complète à lire ici et notre interview du réalisateur ici.


5. Parasite

Si Parasite n’est pas le meilleur film de Bong Joon-ho, c’est bien que sa filmographie demeure exceptionnelle. Palme d’Or cannoise, le film a réussi à faire l’unanimité auprès du public comme de la critique, tout en battant des records internationaux en salle. Si l’on parle beaucoup de cela, c’est également qu’il faut très peu évoquer l’intrigue du film pour le savourer. Avec l’acteur fétiche du cinéaste, Song Kang-ho et la révélation Park So-dam, Parasite est un film d’autant plus cruel qu’il joue savamment sur les registres. Brillant.

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4. Rocketman

Appelé pour conclure en catastrophe le projet Bohemian Rhapsody, Dexter Fletcher n’a pourtant pu déployer ses talents de réalisateur et metteur en scène de music hall qu’avec ce biopic sur Elton John. Évoquant de front la vie parfois tragique et la personnalité difficile de la star de la pop, le film est à l’image de ce dernier et surtout à sa hauteur. Regorgeant de créativité, chaque scène musicale est à couper le souffle. C’est d’autant plus appréciable que Taron Egerton interprète Elton John avec passion et justesse. Une réussite de bout en bout. 

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3. Vice

Les parallèles avec l’Amérique de Trump vont de bon train au cinéma depuis son arrivée au pouvoir. Cela n’aura jamais été aussi justifié qu’avec Vice d’Adam McKay, déjà connu pour sa formidable satire de la crise des subprimes, The Big Short. Dans un style toujours plus rythmé et dévastateur, le cinéaste dépeint comment les ambitions d’un homme peuvent faire sombrer un pays avec l’aide de ses institutions. Christian Bale aurait mérité un oscar.


2. Les Misérables

Ladj Ly prend de court et au col avec un drame violent qui le mènera peut-être jusqu’aux Oscars et c’est ce qu’on lui souhaite. Présenté à Cannes, Les Misérables maîtrise son sujet avec une justesse exemplaire, sans oublier une mise en scène à la fois soignée et fiévreuse avant une nouvelle plongée dans des cadres immenses de la banlieue parisienne. Une virtuosité telle, qu’on en oublie qu’il s’agit d’une fiction. Aubaine pour le film, triste constat pour la réalité.

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1. The Lighthouse

Huis-clos mettant en scène deux hommes perdus sur un bout de terre abritant un phare, The Lighthouse hante bien après la fin de projection. Plus qu’un simple exercice de style (format et caméra du début du siècle dernier) le film sait créer un malaise redoutable et une peur saisissante en maîtrisant son medium : la réalisation est splendide, l’écriture riche et les deux acteurs délivrent l’une de leurs plus grandes performances. Chaque élément supporte l’autre et remplit sa copie avec brio. Du grand art.


Le top de Lucas Coustillas (Rédacteur)

19. 90’s

Pour son premier long-métrage, Jonah Hill nous offre un beau petit moment de cinéma, d’une grande sincérité et d’un réalisme troublant. Ce petit voyage dans les années 90, bien que simpliste dans sa forme, reste tout de même une belle proposition de cinéma. En espérant le début d’une nouvelle vocation pour l’ami Jonah.


18. Le Chant du Loup

Prenez un sous-marin, mettez-y un casting cinq étoiles, saupoudrez d’une réalisation et d’une mise en scène crispante de bout en bout, et vous obtenez l’ovni français de cette année 2019. Rendez-vous aux Césars.


17. La Belle Epoque

Nicolas Bedos est définitivement le futur du cinéma français. Après le petit bijou qu’était Monsieur et Madame Adelman, il revient une nouvelle fois nous parler du temps qui passe et de son impact sur les générations. Et encore une fois, Bedos touche juste, notamment grâce à des répliques cinglantes et jouissives.


16. Le Mans 66

Peu de films se sont risqués à essayer de traiter le thème des courses automobiles. Pourtant, quand on voit à quel point ce Le Mans 66 est une réussite, on a bien envie d’en voir pulluler sur nos écrans. Tout en filmant magistralement la tension des courses, James Mangold nous dresse avant tout un magnifique portrait des hommes derrière toute cette industrie, tout cela au rouage près.


15. Une vie vachée

Comme toujours chez Malick, Une Vie Cachée divisera. Mais passé l’appréhension d’un film tirant sur la longueur, on en découvre une œuvre puissante, poétique et dramatique à souhait. Mention spéciale à James Newton Howard qui nous propose une splendide bande originale.


14. L’heure de la sortie

Portrait d’une jeunesse sans espoirs, L’heure de la sortie transpire de vérité, tant dans son propos que dans la représentation de la jeunesse d’aujourd’hui. Une mise en scène originale et un jeune casting prometteur fait du nouveau film de Sébastien Marnier la bonne surprise de cette année 2019.


13. Grâce à Dieu

Pour son nouveau long-métrage, François Ozon a décidé de « remuer la merde ». Et pour cause, la pédophilie dans le milieu catholique est encore un sujet tabou qu’on essaie d’éviter. Poignant et insoutenable par moment, Grâce à Dieu est tout simplement un portrait réaliste, sans artifice, d’une institution troublée par le pêché. Bluffant.


12. Douleur et Gloire

Présenté au Festival de Cannes, le nouveau film de Pedro Almodóvar est une réussite, notamment grâce à son casting (Antonio Banderas survole le métrage à la perfection) mais aussi grâce à sa photographie toujours aussi soignée. Douleur et Gloire est un petit plaisir qu’on aimerait revivre chaque jour.

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11. Portrait de la jeune fille en feu

A travers une œuvre atypique où le regard prend plus de sens que la simple parole, Céline Sciamma nous prouve à quel point son cinéma est riche, notamment dans ses inspirations qui cette fois-ci, se tourneront vers le domaine de la peinture. Le duo Haenel/Merlant fonctionnant à merveille, nous ne pouvons donc qu’être en admiration devant un film maîtrisé de bout en bout.

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10. Hors-Normes

Le duo Toledano/Nakache revient sur le devant de la scène avec un film social orchestré à la perfection. Porté par un excellent Vincent Cassel, Hors Normes est bien plus qu’un film solidaire en faveur des personnes en difficultés : c’est un cri d’alarme venant du cœur et des tripes.


9. Funan

Il est évident qu’après visionnage, Funan est un film d’une grande maturité traitant d’un sujet difficile (la révolution Khmère rouge au Cambodge). Bien loin d’une œuvre gentille et inoffensive, Funan nous pousse dans nos retranchements jusqu’à la dernière seconde. Marquant.

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8. The Irishman

Scorsese posant ses valises chez Netflix le temps d’un nouveau long-métrage, c’est bien l’excursion la plus inattendue de cette année 2019. Pourtant, le résultat n’en est pas moins bluffant : ce film testamentaire est une nouvelle fois une immense réussite, notamment grâce à un casting impeccable et une mise en scène toujours aussi soignée. Du grand Scorsese.

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7. Once Upon a Time… in Hollywood

Tout comme son confrère Martin Scorsese, c’est au tour de Quentin Tarantino de réaliser ce qui pourrait être son œuvre testamentaire. Et tout comme The Irishman, Once Upon a Time… in Hollywood possède un immense casting et des scènes déjà cultes. Vous l’avez compris, son (soi-disant) avant-dernier film, est monstrueux.


6. El Reino

Après Que Dios nos perdone, Rodrigo Sorogoyen revient avec du lourd, du très lourd. Avec une tension digne d’un western, El Reino renouvelle le genre du film politique et de ses engrenages par une mise en scène captivante.


5. The Lighthouse

A24 est décidément une belle mine d’or et The Lighthouse en est sûrement une des plus belles pépites. Porté par l’impressionnant duo Pattinson/Dafoe, le film est surtout bluffant par sa photographie d’un noir et blanc hypnotisant. Terrifiant sans pour autant tomber dans les clichés du genre, Robert Eggers montre une nouvelle fois qu’il est bien l’un des futurs maîtres de l’horreur.


4. J’ai perdu mon corps

Avec un concept clairement atypique, Jérémy Clapin nous offre un unique moment de cinéma. Une animation maîtrisée, des idées novatrices et sûrement la meilleure bande-originale de cette année, tout cela contribue à la réussite de J’ai perdu mon corps.

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3. Joker

Qui aurait pu deviner le destin de ce Joker en début d’année ? Qui aurait pu croire qu’un film sur le plus grand vilain de l’univers DC puisse être le grand favori dans la courses aux récompenses de cette année 2019. A priori personne. Mais quand votre acteur principal s’appelle Joaquin Phoenix, et que celui-ci a décidé de montrer l’immensité de son talent à tout Hollywood, les choses deviennent alors plus faciles.

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2. Les Misérables

Comme chaque année, j’attends ma claque made in France (Jusqu’à la garde en 2018). J’ai finalement dû attendre la fin d’année pour découvrir, non pas la claque, mais l’énorme coup de poing qu’est Les Misérables, de Ladj Ly. Film unificateur mais qui va forcément diviser, le meilleur film français de cette année 2019 est made in banlieues, n’en déplaise à certains.

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1. Parasite

Il y aurait tant à dire sur le nouveau film de Bong-Joon Ho : Palme d’or au dernier Festival de Cannes, sûrement un de ses plus grands films, favori pour l’Oscar, etc. Parasite est une œuvre indescriptible qui s’amuse à jouer avec tous les genres possibles et inimaginables, se permettant même d’être une des œuvres les plus abordables du réalisateur, tout en étant aussi riche visuellement qu’intellectuellement.

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Le top d’Adrien Lassau (Rédacteur)

19. Travis Scott : Look Mom I Can Fly

Documentaire retraçant la production du dernier album de Travis Scott et la tournée qui a suivi. Look Mom I can fly est assez dynamique et intense pour tenir le spectateur. A réserver aux fans de l’artiste. 


18. The King

Quand Netflix décide de s’aventurer dans le film historique, il ne le fait pas à moitié ! Malgré les approximations, The King est prenant et violent, avec un Timothée Chalamet très inspiré !

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17. Nous finirons ensemble

Guillaume Canet réussit le pari de donner une suite satisfaisante à son plus grand succès. Pas exempt de défauts, elle fonctionne malgré tout grâce aux bons sentiments qu’elle dégage ainsi que l’alchimie des acteurs, véritable bande de potes dans le film comme dans la vraie vie.


16. Les éternels

Une plongée au cœur de la Chine, de la pègre et l’aventure d’une femme qui se bat pour sa liberté. Un must-see.

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15. Roxanne

Une comédie française sans prétention, néanmoins centrée sur un sujet trop ignoré : le monde agricole et les difficultés rencontrées par les petits producteurs. Un joli conte familial, avec un message important. 


14. La Mule

Clint Eastwood n’a pas produit son meilleur film cette année, mais le papy en a encore sous la pédale. Sous une intrigue relativement simple, La Mule aborde des questions telles que les regrets, la vieillesse et les sacrifices. 


13. La Favorite

Trois actrices immensément talentueuses. Des décors somptueux et une direction artistique aux petits oignons. Voilà la recette que constitue la Favorite. Une joute verbale (mais pas que) qui ne laisse pas de répit au spectateur! 


12. Parasite

Thriller, fable sociale, comédie dramatique… Parasite est tout ça la fois et bien plus encore. Une œuvre totale qui va au bout de son propos, toujours avec grande minutie et pertinence. 

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11. Rocketman

Une vraie comédie musicale. Inventive et rythmée, elle fait honneur à l’artiste qu’elle dépeint sans pour autant dresser un portrait immaculé. Un vrai régal.

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10. Yesterday

Le feel-good movie de l’année. Sans prétention mais plein de bons sentiments, et doté d’un agréable second degré anglais sur l’industrie musicale. 


9. Ad Astra

Rares sont les films qui traitent du futur de la conquête spatiale avec autant de réalisme et pertinence. Le tout dans une quête symbolique du père, porté par un Brad Pitt au top de sa forme, pour ne rien gâcher.


8. The Irishman

Scorsese reprend sa troupe favorite pour nous conter une histoire de mafieux. La recette est maîtrisée. On regrettera simplement un dernier tiers du film qui s’étire en longueur. 

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7. The Lighthouse

Un film au parti pris radical. Prenant, angoissant, parfois terrifiant, et surtout deux performances magistrales de la part de Willem Dafoe et Robert Pattinson.


6. Vice

Une plongée dans la politique américaine et l’un des mandats les plus controversés du pays : Bush Jr. Casting XXL et rythme effréné, Vice est un tourbillon d’informations efficace et plein de pep’s.


5. Mon inconnue

Quand le cinéma français intègre de la nouveauté dans un genre qu’il maîtrise, on obtient une bonne surprise comme Mon Inconnue. Une comédie romantique rafraîchissante !


4. Ma vie avec John F. Donovan

Dolan s’essaye au cinéma américain. Tout n’est pas parfait dans ce premier essai mais on retrouve sans peine les thématiques de son auteur. A noter aussi de belles performances de Thandie Newton et Jacob Tremblay !


3. The Edge of Democracy

Excellent documentaire retraçant les 20 dernières années de la politique brésilienne et les conditions qui ont amené Bolsonaro au pouvoir. 


2. Un jour de pluie à New York

Woody Allen de retour à son meilleur niveau, avec de jeunes acteurs qui viennent amener le vent de nouveauté qui avait pu manquer au réalisateur américain. 


1. Le Daim

Quentin Dupieux revient avec une comédie à l’humour absurde portée par des acteurs investis et une liberté d’action délicieuse. 

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