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Critique de Le Roi, guerre-épée

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Nouveau film Netflix, mêmes appréhensions. Car si le géant du streaming a su convaincre par la qualité de ses nombreuses séries à succès, il peine encore à produire un film marquant. Netflix a-t-il trouvé la recette miracle avec la sortie de Le Roi (The King) réalisé par David Michôd (Animal Kingdom) ?

Le film nous raconte l’histoire de Hal, héritier du trône d’Angleterre et fils d’Henry IV, dans le contexte des guerres incessantes et des rivalités du début du XVème siècle. Hal est interprété par Timothée Chalamet, qui continue son ascension et commence à se positionner comme vraie tête d’affiche pour blockbuster.

Hal, jeune prince rebelle, tourne le dos à la royauté pour vivre auprès du peuple. Mais à la mort de son père, le tyrannique Henri IV d’Angleterre, Hal ne peut plus échapper au destin qu’il tentait de fuir et est couronné roi à son tour. Le jeune Henri V doit désormais affronter le désordre politique et la guerre que son père a laissés derrière lui, mais aussi le passé qui resurgit, notamment sa relation avec son ami et mentor John Falstaff, un chevalier alcoolique.

Le poids de la couronne

Tout au long de l’histoire, Hal est amené à douter de son combat. S’engageant dans une guerre contre la France, le jeune roi est confronté à son absurdité ; en particulier au Moyen-âge où des affrontements pouvaient exploser pour presque n’importe quel prétexte. C’est dans cette thématique que David Michôd et Joel Edgerton (scénariste et acteur sur le film) vont puiser leur inspiration et donner une profondeur au film. Le personnage de Sir John (Joel Edgerton) sert alors de miroir pour le spectateur. Il représente le petit peuple emporté dans une guerre vide de sens, du moins pour les premiers concernés : les soldats. Tués, affamés, fait prisonniers… Le Roi nous rappelle que la guerre est un jeu d’échecs où les pions sont les premiers à tomber.

Le film aborde également la thématique de l’héritage ; un fils devant porter le poids des fautes de son père. Le personnage de Hal est justement présent pour tenter de briser cette roue qui broie sur son chemin le petit peuple et permet à la guerre de perdurer. Une guerre qui en plus d’être assez abstraite, semble fonctionner comme un commerce, ce que montre le personnage de l’archevêque de Canterbury qui rappelle que ses intérêts financiers sont en jeu, l’Eglise étant la banque qui finance la guerre.

Timothée Chalamet est tout à fait convaincant dans sa prestation de jeune roi d’Angleterre. Capable de beaucoup de sobriété dans son jeu, on le découvre dans un autre registre lorsqu’il harangue ses troupes avant la grande bataille. Le film doit donc beaucoup a son tandem formé avec Edgerton. Leur complicité est naturelle et le rapport père de substitution/fils et sujet/roi crée un paradoxe intéressant. La plupart des seconds rôles donnent une partition correcte, que ce soit Ben Mendelsohn, Sean Harris ou Lily-Rose Depp.

Cependant, il faut aborder le cas de Robert Pattinson. Acteur de talent, il s’investit véritablement dans son rôle de Dauphin français et réussit à reproduire un accent plus que correct. Hélas, son personnage extravagant, presque fou, dénote trop avec l’ambiance sérieuse et pesante du récit. On se retrouve avec un Pattinson qui cabotine et une situation assez surréaliste qui frise le ridicule. D’un côté Timothée Chalamet, acteur français, parlant français avec un accent anglais, de l’autre Robert Pattinson, acteur britannique parlant anglais avec un accent français. A ce jeu, on sent bien que Chalamet a bien plus de facilité.

Le regard du roi

Notons d’abord la réussite de la photographie du film, variant entre les scènes éclairées à la bougie et les batailles sous le ciel gris, permettant de créer une atmosphère pesante. Jouant intelligemment avec les ombres, la lumière vient accentuer la stature de Chalamet pour en faire un roi crédible aux yeux du spectateur.

Pour ce qui est de la mise en scène, il est appréciable de voir que Michôd sait prendre son temps, faisant durer les plans lorsqu’il le faut, créant de ce fait une tension efficace jusqu’à la grande bataille finale. Une bataille qui rappelle d’ailleurs que Game of Thrones est passé par là, en disant d’ailleurs peut-être plus sur la série que sur le film dont elle est issue. La série d’HBO a créé un standard tellement élevé avec sa « bataille des bâtards » qu’il est difficile de filmer une scène de combat sans souffrir de la comparaison. Dans le cas présent, la grande bataille est très bien filmée, l’action est claire et on ressent le chaos du combat. Cependant, certains plans sont très proches de la série et on se demande même s’il n’y a pas eu une inspiration trop visible. La boue, le plan zénithal sur un guerrier au milieu du chaos, les combats désordonnés… Les parallèles sont trop nombreux et on peut regretter qu’il n’y ait pas plus d’idées originales. La musique, elle, retranscrit bien l’ambiance médiévale du film, jouant des chœurs et des tambours de guerre.

Dans l’ensemble, Le Roi est loin d’être raté. Il est même bien supérieur à la majorité de ses homologues estampillés Netflix. Sans être révolutionnaire ou incroyablement marquant, le film est bien raconté et se paye le luxe d’une esthétique soignée, porté par un beau casting et une direction d’acteurs intelligente, à l’exception du rôle du Dauphin. Si vous êtes attiré par les récits médiévaux, les batailles épiques ou tout simplement que vous êtes fan de Timothée Chalamet, Le Roi saura vous satisfaire, jusqu’à sa fin douce-amère qui résume très bien l’essence du film. On peut alors espérer que Netflix tirera des leçons de ce succès et s’aventurera dans des genres cinématographiques nouveaux et plus variés.


Critique de Doctor Sleep, réparer les vivants

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Tâche difficile pour un réalisateur que de réussir à créer une œuvre cinématographique ne serait-ce que réussie, lorsqu’on met bout à bout les nombreux paramètres qui peuvent tendre vers un échec. Réussir une adaptation ajoute un tout autre challenge : celui de reprendre certains pans de l’œuvre d’origine tout en justifiant sa transcription sur un médium différent et laissant sa place pleine et entière au film qu’elle devient. Si Stanley Kubrick a complété avec brio ces deux grands défis dans son adaptation de Shining de Stephen King aujourd’hui culte, c’est tout en réussissant à s’attirer les foudres de l’écrivain du Maine.

Et quasiment quarante ans plus tard vient se greffer Mike Flanagan qui, lui, propose un défi inédit au cinéma : conjuguer l’héritage de l’œuvre originale et de son adaptation aux portées radicalement différentes. Un enjeu de taille.

Encore profondément marqué par le traumatisme qu’il a vécu, enfant, à l’Overlook Hotel, Dan Torrance a dû se battre pour tenter de trouver un semblant de sérénité. Mais quand il rencontre Abra, courageuse adolescente aux dons extrasensoriels, ses vieux démons resurgissent. Car la jeune fille, consciente que Dan a les mêmes pouvoirs qu’elle, a besoin de son aide : elle cherche à lutter contre la redoutable Rose Claque et sa tribu du Nœud Vrai qui se nourrissent des dons d’innocents comme elle pour conquérir l’immortalité. Formant une alliance inattendue, Dan et Abra s’engagent dans un combat sans merci contre Rose. Face à l’innocence de la jeune fille et à sa manière d’accepter son don, Dan n’a d’autre choix que de mobiliser ses propres pouvoirs, même s’il doit affronter ses peurs et réveiller les fantômes du passé…

A travers le labyrinthe

Qui de mieux que le créateur de The Hauting of Hill House, Mike Flanagan, pour porter un drame aux relents fantastiques, un mastodonte de plus de 800 pages sur grand écran ? Si le cinéaste a marqué par l’excellence et la justesse de la série Netflix et de sa réalisation soignée, il a lui-même avoué être grandement influencé par King dans son travail, ce qu’on peut facilement lui reconnaître. La tâche était cependant ardue, le projet-même bancal tant l’adaptation de Kubrick et ce dernier sont érigés au panthéon du cinéma. C’est par un savant dosage, probablement dû par un travail à la fois de scénariste et de réalisateur, que le film parvient à trouver l’équilibre.

En tant que scénariste, dans le traitement du personnage de Danny Torrance (interprété très justement par Ewan McGregor bien qu’un peu effacé face au reste du casting) ainsi que dans le reste de la narration, il se concentre sur l’essence du roman : la résilience, la reconstruction. Mais aussi des thématiques chères à King : que ce soit le combat entre le bien et le mal mais également la solidarité dans l’adversité.

De l’autre côté, comme réalisateur, il s’amuse à reprendre certains codes de Kubrick sans entrer dans la pâle copie ou l’hommage maladroit tout en se permettant des métaphores visuelles soignées et spectaculaires à d’autres moments. Et au milieu de cela, la performance captivante de Rebecca Ferguson dans un Doctor Sleep qui ne se repose pas seulement sur la technique mais aussi ses acteurs, bien que certaines reconstitution du Shining de 1980 peuvent en surprendre plus d’un…

Un tiens vaut mieux que deux tu l’auras

Flanagan s’est également attitré la tâche de monteur, le rendant à la fois juge et partie de son œuvre, ce qui a pu la mettre en danger : le premier acte souffre en effet de longueurs et d’un découpage parfois lourd qui semble faire apparaître les séquences de manière listée, prévisibles. Certes, le décor a besoin d’être planté et la trinité de personnages centraux que constituent Danny, Abra et Rose doit être établie, mais les points plus éloignés du trio de tête pouvaient facilement subir le courroux de la coupure sans problème pour la suite. Ou du moins être raccourcis, le segment d’Andi en tête, relativement mal écrit en soi. Si cela ne retire rien à la réussite globale de la suite de Shining, c’était un point évitable qui, espérons-le, ne va pas décourager les spectateurs. Car c’est dans son second acte que Doctor Sleep reprend son souffle, lance enfin l’intrigue qui connaîtra son apothéose dans sa troisième partie, qui clôt le chemin de croix de Danny. La reconstitution de l’Overlook et les retrouvailles marquent le point émotionnellement fort du récit qui pouvait au contraire s’en trouver fragilisé. On y retrouve alors toute la maîtrise de Flanagan sur son sujet.

Doctor Sleep réussit son pari là où on ne l’attend pas. Jouant à la fois sur l’hommage mais surtout sur les émotions de ses personnages. Il est porté par un trio de tête formidable et particulièrement ses deux grands rôles féminins et fait ainsi passer Shining du registre horrifique au drame fantastique. Il parvient donc à créer un lien entre l’oeuvre de King et celle de Kubrick sans chercher à les concurrencer. Un travail d’une grande maîtrise qui, s’il est imparfait dans sa première partie, constitue un long-métrage saisissant.


Critique de Joker, le regard des autres

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Décrié et adulé avant même sa sortie : rarement une adaptation de comic-book aura été aussi attendue par les fans et les détracteurs du genre. Initialement produit par Martin Scorsese (l’actualité est comique), cette nouvelle version du Clown Prince du Crime par Todd Phillips démarre très fort outre-Atlantique : avec déjà plus de 93,5 millions de dollars engrangés en trois jours, un record pour un mois d’octobre.

Plus qu’un simple phénomène de mode, ce Joker scorsesien est symptomatique d’un univers cinématographique DC qui n’a toujours pas trouvé sa place : et si cette fois-ci c’était la bonne ?

Le film, qui relate une histoire originale inédite sur grand écran, se focalise sur la figure emblématique de l’ennemi juré de Batman. Il brosse le portrait d’Arthur Fleck, un homme sans concession méprisé par la société.

Pince-sans-rire

Depuis son annonce, le film est au centre d’un tourbillon de questions : sur sa morale, son message et même ce qu’il entreprend… Un débat qui n’est pas nouveau dans l’histoire du cinéma et dont le parallèle avec Taxi Driver peut amuser. Mais si la question de la moralité d’une oeuvre a toujours occupée l’espace médiatique, cette fois-ci c’est différent.
C’est différent car pour la première fois, un film à la morale objectivement complexe se retrouve projeté dans une foule assez grand public (le film est interdit aux moins de 12 ans en France).

Un choix marketing risqué, qui intervient après la victoire du film à la Mostra de Venise, qui laissait pourtant présager une ambition plus restreinte. Mais alors, pourquoi le film de Todd Philipps fait-il si peur ? Sans doute parce que, comme c’est le cas ici, il nous parait impossible d’évoquer Joker sans mentionner son contexte et sa dangerosité supposée. Et s’il est certain que le film estime grandement son public, l’approche générale des médias et les différents propos de son réalisateur ont participé à la création d’une ambiance quasi-paranoïaque sur Joker qui, au final, ne l’est pas tant que cela.

En choisissant le début des années 1980 comme cadre pour son histoire de comique désabusé, Todd Philipps joue habilement avec le spectateur en empêchant la moindre connexion avec les héros DC déjà introduits dans les précédents films de l’univers. Joker est construit comme un film unique, et dans le monde des productions super-héroïques en série ça fait du bien. Libéré de son obligation d’inclusion dans une histoire plus globale, le film déploie sa longue descente aux enfers sur deux heures à taille humaine. C’est en partie pour cela qu’il inquiète autant : un homme, d’apparence spécial mais plutôt ordinaire, est-il capable de telles folies ?

En extirpant complètement le mythe du Joker de sa rivalité avec Batman, Todd Phillips ancre son histoire dans une réalité au bord de la crise : une société inégalitaire aux tensions sociales fortes, au bord de l’implosion. Et au milieu de tout ça : un homme qui sombre, à la manière de Michael Douglas dans Chute Libre. Si cette nouvelle version du Joker fonctionne tant c’est qu’elle a beau prendre place dans les années 1980 elle n’a jamais été aussi actuelle. Quand la version d’Heath Ledger représentait la peur du terrorisme radicale, celle de Joaquin Phoenix cristallise des craintes plus personnelles et donc, immanquablement plus fortes. D’autant plus qu’il n’est que le fer de lance d’un mouvement qu’il n’incarne même pas. Un miroir de la société qui s’est bâti autour de lui : il n’y a pas un joker, seulement des clowns.

Folie normale

Un homme brisé par une société qui l’est tout autant, un rêve américain qui s’effondre dans un pays vacillant. Si tout semblait indiquer un brûlot engagé et cynique : le film reste paradoxalement assez sage, semblant cocher toutes les cases du « film manifeste » sans le revendiquer. Car rarement une oeuvre de divertissement aussi grand public n’aura été traversée par des sujets abordés si frontalement, avec plus ou moins de réussite. N’en déplaise à la communication qu’essaye de mettre en place son réalisateur, le film est profondément politique et prend parti sur la responsabilité de l’Etat dans une société de laissés-pour-compte, que cela soit dans une logique de lutte des classes assez simplifiée (les riches contre les pauvres) qu’avec des sujets plus pointus comme la prise en charge des malades mentaux et leur insertion dans une société où rien n’est fait pour les aider à s’intégrer. Sans marginaliser caricaturalement les personnes souffrant de ces troubles, Joker n’apporte pour autant qu’une vision très convenue sur l’origine même de la folie d’un personnage qui se réinvente à travers son contexte plus que son histoire. Et sans la performance magistrale de Joaquin Phoenix, rien de tout cela n’aurait été possible.

Un plan : il suffit d’un seul plan pour comprendre toute la puissance que va déployer Phoenix dans son personnage. Seul avec son miroir, détruit, face à lui-même. Toute l’étendue de ce qu’il va apporter à son rôle est déjà là. Le tout, emporté par ce rire, entre pleurs et folie pure, qui trouve une nouvelle justification, un nouveau sens, dans ce récit de « déconstruction ». Les sommets atteints par Joker sont sans conteste dus à son interprétation qui transcende une histoire convenue pour en faire une des œuvres les plus marquantes de ces dernières années. Et si l’on pouvait craindre que la performance de Joaquin Phoenix soit étouffée derrière des éléments bien précis comme son rire ou sa danse : il n’en est rien, et c’est même dans ses moments les plus simples qu’il est le plus renversant (on pense notamment à la scène finale ou à ses rendez-vous avec la conseillère sociale).

Les références de Todd Phillips sautent aux yeux et imprègnent son film jusqu’à créer quelque chose de nouveau, d’élégant. Sa réalisation se déploie jusqu’à atteindre de vrais moments de beauté macabre (la scène de l’escalier). Entre caméra épaule et faible profondeur de champs, Phillips affirme son style et explose les codes du cinéma de gangster des années 1970 pour créer quelque chose de nouveau, d’hybride. Le tout soutenu par la sublime bande-originale d’Hildur Guðnadóttir qui, après Chernobyl, confirme son excellente année à base d’ambiances de plus en plus glauques mais pourtant poétiques et épiques au fur et à mesure que le film exhibe sa noirceur funeste.

Enfin, c’est un aspect qu’on mentionne injustement peu : le montage de Jeff Groth, même s’il peut être assez explicatif et grossier à certains moments, magnifie le sublime travail visuel de Lawrence Sher. Il lui laisse le temps de s’installer, de s’immiscer lentement. Rares sont les blockbusters modernes capable de rester sur un seul plan fixe pendant plus d’une minute, sans coupure superflue : chaque plan a une raison d’être là.

Malgré sa paradoxale sagesse dans les sujets qu’il aborde, et ses influences à peine cachées : le Joker de Todd Phillips prend progressivement son envol pour établir sa propre mythologie. Loin de toutes les préoccupations des habituelles franchises, le film devient son meilleur argument. Porté par un Joaquin Phoenix magistral, Joker est une vraie proposition de cinéma : brute, sombre et violente.

Beau à en mourir mais pas aussi radical qu’attendu, si le film de Todd Phillips terrorise autant c’est aussi dans le pertinence de la représentation d’une société créatrice de ses propres démons. Et si les clowns c’était nous ?


Critique de Ça : Chapitre 2, IT téléphone maison

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Il y a deux ans et malgré un scepticisme de mise face aux remakes et adaptations des classiques de genre, le film Ça de Andrés Muschietti fait l’unanimité comme un très bon film d’horreur, s’appuyant sur un scénario puissant, un bon travail d’ambiance et des visuels proprement terrifiants.

En conséquence sa suite, Ça : Chapitre 2, est attendue avec bien plus de bienveillance, mais aussi d’exigence. Comme la seconde partie du livre, elle se déroule vingt-sept ans après la première : quand les héros ne sont plus des adolescents mais des quarantenaires éparpillés à travers les États-Unis qui vont devoir se rassembler pour faire face à leurs peurs les plus profondes. Le film, toujours réalisé par Andrés Muschietti atteint-il les mêmes sommets que son prédécesseur, consacrant un grand diptyque horrifique ?

27 ans après la victoire du Club des Ratés sur Grippe-Sou, le sinistre Clown est de retour pour semer la terreur dans les rues de Derry. Désormais adultes, les membres du Club ont tous quitté la petite ville pour faire leur vie. Cependant, lorsqu’on signale de nouvelles disparitions d’enfants, Mike, le seul du groupe à être demeuré sur place, demande aux autres de le rejoindre. Traumatisés par leur expérience du passé, ils doivent maîtriser leurs peurs les plus enfouies pour anéantir Grippe-Sou une bonne fois pour toutes. Mais il leur faudra d’abord affronter le Clown, devenu plus dangereux que jamais…

Le Club des Ratés Contre Attaque

Ça : Chapitre 2 est loin d’égaler son prédécesseur, mais on peut tout de même lui accorder quelques points forts. Les qualités de cet opus sont d’ailleurs toutes directement héritées du premier film. Chung Chung-hoon, responsable de la photo du Ça de 2017 ainsi que de plusieurs chefs-d’œuvre de Park Chan-wook et d’autres réalisateurs coréens est remplacé par Checco Varese, dont la carrière est bien moins remarquable. Pourtant le film marque par ses excellentes lumières. Le très beau travail sur les zones d’ombres, impénétrables dans des décors pourtant lumineux, se retrouve essentiel à la construction de certains passages horrifiques. On constate aussi des jeux intéressants sur les couleurs, qui se transforment radicalement au sein d’une même scène.

De ce bon travail d’éclairage, couplé à des choix de réalisation parfois intéressants comme de grandioses mouvements de caméra, Ça : Chapitre 2 réussit à tirer de bons moments d’ambiance et d’intensité dramatique.

A la croisée entre ses qualités et ses gros défauts, on trouve le travail des acteurs. Tous sont parfaitement choisis et ressemblent vraiment à des versions adultes des enfants du premier film. Bill Hader prend la suite de Finn Wolfhard dans le rôle de Ritchie et embrasse parfaitement l’excès et le ridicule du rôle, créant les rares moments de bonne comédie du film. Jessica Chastain, dans le rôle de Beverly, livre une performance très honnête et à fleur de peau. Mais le personnage a énormément changé depuis le premier film et semble particulièrement affaibli, créant une nette mais étrange déconnexion avec le précédent film. C’est tout de même James McAvoy qui a la vedette et il l’assume parfaitement, avec nuance et intensité.

Cependant James Ransone, en tant qu’Eddie, jure complètement avec le ton du film, apportant un humour toujours malvenu et désamorçant, avec son jeu comique, la plupart des scènes dramatiques.

Et c’est d’ailleurs le grand nombre de personnages importants qui embarrasse le plus. Le film gère cette surcharge avec deux types de scènes également dysfonctionnelles. Dans un cas, tous les personnages se retrouvent ensemble. Alors chaque acteur et actrice lutte pour avoir la vedette, tout le monde parle en même temps et il est impossible de suivre ne serait-ce qu’un seul cheminement ou conflit que subit un personnage dans tout ce capharnaüm. Dans le second cas, le film utilise des subterfuges grossiers pour isoler les personnages. S’en suivent des successions de scènes incroyablement répétitives car toutes construites sur le même modèle. Chaque héros va arriver dans un lieu familier qui va se transformer et faire face à une apparition effrayante et à un flashback. La répétition de ces scènes sur le même rythme et avec exactement les mêmes procédés horrifiques rend l’acte central terriblement ennuyeux et finalement pas effrayant du tout.

Le clown tueur venu d’ailleurs

Ça : Chapitre 2 a aussi un rapport bien moins efficace que son prédécesseur à l’horreur. Si quelque scènes initiales se fondent vraiment sur l’ambiance et la pure terreur visuelle très efficace, le film a ensuite recours à des jump scares en images de synthèse à l’apparence grotesque dont on ne sait pas toujours si on doit pleurer de peur ou de rire.

Les effets spéciaux ne sont pas tous très réussis, et sont utilisés avec bien moins de parcimonie et de soin que dans le premier chapitre. De plus, la pertinence des sources d’horreur est aussi discutable. Dans le premier opus, les apparitions incarnaient les angoisses diverses de l’enfance et de l’adolescence, se nourrissant du trouble des jeunes héros. Ici, plutôt que de capitaliser sur des peurs plus adultes et des traumatismes sociaux, le film fait revenir beaucoup de monstres du premier film. Il est bien moins pertinent qu’il n’aurait pu l’être, et surtout inutilement redondant.

Mais au delà de ces ratés dans l’horreur, c’est l’humour qui constitue le plus gros échec, faisant retomber l’effet sur énormément de scènes d’ambiance ou de moments dramatiques. Le film n’est jamais vraiment très drôle à cause de la gravité de ses thèmes, ni très effrayant, la faute à la récurrence de ses blagues.

Sa structure en miroir par rapport au premier film le rend excessivement prévisible et lui transplante immanquablement les mêmes défauts du troisième acte, orienté sur l’action et la débauche d’effets spéciaux douteux et narrativement très prévisibles. C’est aussi là qu’apparaît clairement le manque d’enjeu du film.  Les pouvoirs de Penywise semblent à la fois illimités et quasi inexistants, en fonction de ce qui arrange l’histoire. En conséquence, il ne semble plus du tout menaçant et toutes les péripéties paraissent vaines et artificielles. Certains arcs n’ont pas de conclusion et la morale finale est extrêmement discutable.

Ça : Chapitre 2 est un film d’horreur très moyen aux défauts évidents. Bien trop long, il souffre énormément de la comparaison avec le Ça de 2017. Il en garde tout de même quelques qualités ce qui garantit au diptyque une place respectable dans la mémoire collective. A l’exception de quelques longueurs, il offre même quelques moments de drame et d’horreur très respectables. Une conclusion tout de même recommandable aux amateurs de la première partie, ou même du roman dont il semble être très fidèle.


Indés-scriptibles : Shane Carruth, le messie

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En prêtant attention aux programmations, aux recommandations sur Netflix ou aux sorties tendances, on peut parfois sentir peser une certaine fatalité. Se sentir inondé de productions à grand budget formatées, impersonnelles et à la sortie minutieusement programmée. Indé-scriptibles est la chronique de la sortie de route. Ensemble, empruntons des chemins parfois cachés ou cahoteux qui mènent invariablement vers de grandes découvertes cinématographiques. Le principe de la chronique est d’introduire l’oeuvre de réalisateurs et réalisatrices du cinéma indépendant à la carrière encore courte. C’est-à-dire des personne jeunes, tournant ou ayant tourné hors des grosses productions et dont il est possible de visionner et analyser rapidement l’intégralité de la filmographie.

Le réalisateur qui ouvre cette sélection s’est imposé comme une évidence. C’est une icône du cinéma indépendant américain ayant réussi, avec seulement deux longs-métrages de fiction, à construire autour de lui une sorte d’aura presque messianique. Il s’agit de Shane Carruth, le réalisateur de Primer et d’Upstream Color.

En étudiant Shane Carruth il est intéressant de parler de l’oeuvre et du personnage. Deux qualités l’ont fait remarquer dans la foule des cinéastes indépendants américains : d’une part l’originalité et la complexité de ses films, et de l’autre le mystère autour de sa personnalité et sa capacité à disparaître des radars. Nous nous pencherons donc sur ses deux longs-métrages de fiction, distinguant à travers eux le “personnage” Carruth et ce qui le rend si spécial. 

Primer, la soudaine consécration

En présentant son premier film, Shane Carruth est sorti d’absolument nulle part. Plongeons donc tout aussi promptement dans Primer.

En 2004 est présenté au festival de Sundance (qui reviendra souvent dans cette chronique, soyez-en sûrs) Primer, un film de science-fiction traitant de voyage dans le temps avec l’intention d’en offrir une représentation sinon réaliste, au moins la plus crédible possible. L’acteur principal, le réalisateur, le scénariste, le producteur, le monteur et le compositeur de la musique du film se nomment Shane Carruth. C’est un ancien développeur en informatique parfaitement inconnu dans le monde du cinéma. Primer n’a été produit qu’avec 7 000 $, filmé en 5 semaines avec une équipe de 5 personnes et avec une quantité limitée de pellicule. C’est un véritable prodige inattendu qui remportera le Grand Prix du festival. 

Le film raconte l’histoire de deux ingénieurs qui, alors qu’ils travaillent sur un projet personnel, découvrent par accident un moyen de remonter le temps. Il fabriquent des boîtes qu’on peut activer, puis pénétrer plusieurs heures plus tard pour attendre, passant le temps à reculons, et ressortir dans le passé juste après l’activation de la boîte. Passée l’extase de la découverte, la situation va vite se compliquer quand l’un découvrira d’autres boîtes, activées par l’autre depuis le premier jour. Qui attend dans ces boîtes ? Combien de doubles y a-t-il dans la nature ? Que manigancent-ils ? Qui triche et qui vit vraiment ces journées pour la première fois ? Quel est le plan derrière tout ça ?

Primer est un monument de complexité. Shane Carruth, diplômé de mathématiques, crée une histoire qui se déroule sur plusieurs boucles sans vraiment l’admettre. Le film joue mais ne triche pas. L’intrigue est millimétrée, tous les éléments pour la comprendre son rigoureusement disposés. Si le film ne triche pas, il est tout de même évident qu’il joue contre le spectateur. L’histoire de Primer est un puzzle à reconstituer, une énigme dont je ne veux surtout pas vous donner les clés. C’est là beaucoup du plaisir et de l’originalité de l’oeuvre. Ce n’est pas un film traditionnel mais un défi intellectuel. Le visionnage est frustrant mais l’heure, ou les heures, passées ensuite à y réfléchir, à recoller les morceaux et à saisir les duperies sont incroyablement gratifiantes. Enfin, le sentiment triomphant d’avoir enfin réorganisé toute l’intrigue est un plaisir indescriptible. 

Au delà de cette attitude particulière, Primer peut être jugé excellent même en suivant les critères plus communs. L’image est lourdement traitée pour atteindre une apparence au cachet bien particulier, naturaliste, au grain épais et ultra saturé. L’ambiance sombre, chargée en gris et en vert est pesante et renforce la paranoïa ambiante. Le montage est incroyablement précis et la musique souligne l’intensité dramatique. Les acteurs donnent une performance particulièrement réaliste autour de dialogues alimentés par les connaissances de Carruth en physique et en ingénierie. En plus d’être un drame humain sur l’égo, la trahison et le pouvoir, Primer traite de la science. S’attachant à représenter de la manière la plus réelle possible le travail scientifique et le processus de découverte et de développement. Sur cet aspect, c’est un vent de fraîcheur. 

Primer est un film profond, complexe et véritablement unique, handicapé seulement par des effets douteux induit par le maigre budget. Il a su séduire et impressionner presque tout le monde et promettait à Shane Carruth une grande carrière parmi les plus grands d’Hollywood. Il n’en fut rien. Ayant collecté les fruits de son succès, il disparut.

Upstream Color, créer le mystère et ne pas décevoir

Shane Carruth n’est pas sur les réseaux sociaux. Il donne peu d’interviews, il ne fait pas de crowdfunding. Aucune trace de l’enfant prodige. L’acteur de Primer et Rian Johnson annoncent cependant en 2009 qu’il travaille sur A Topiary, un film de science-fiction. A Topiary ne verra jamais le jour, on devine à cause d’une pré-production trop compliquée dont il parle durement. Si on sait l’abandon du projet, nul ne sait à l’époque sur quoi Carruth travaille. 

C’est en 2014, comme une seconde venue du messie, que Shane Carruth présente à Sundance son second long-métrage : Upstream Color,

Upstream Color raconte l’histoire de Kris, une femme affectée par un parasite cultivé et utilisé par un mystérieux arnaqueur pour l’hypnotiser et la dépouiller. Le parasite est retiré par un autre personnage inconnu et transfusé à un cochon, l’expérience laisse un lourd traumatisme en Kris qui perd ses souvenirs, ses repères et sa vie sociale. Elle fait la connaissance de Jeff, qui a vécu la même agression. Tous deux sont encore liés à leurs parasites et vivent des vies parallèles. Ensemble ils vont se reconstruire et remonter les traces du parasite pour retrouver leurs propres personnalités.

Upstream Color a l’ambition d’être un film expérimental. Il est indéniablement moins terre à terre que Primer. Son propos, son fond et la finalité de l’expérience qu’il propose sont aussi beaucoup moins évidents. Upstream Color traite des cycles. Des cycles de la nature, avec la vie fictive du parasite aidée par des exécutants répétant encore et toujours les mêmes procédures, mais aussi les cycles de la psychologie des personnages qui luttent pour retrouver une vie normale après une épreuve, et les cycles de relations : la rencontre, la découverte, le partage, la séparation, les éventuelles retrouvailles, etc. Il y a aussi ce qui rompt les cycles. La mort, l’incapacité d’enfanter, l’influence d’autres cycles.

Upstream Color montre autant la force de ces répétitions qui s’imposent à nous que leur absurdité par la manière dont elles s’imbriquent dans la vie des parasites. Les mêmes événements seraient émouvants chez les humains mais banal, voir répugnants chez d’autre forme de vie ?

C’est un film difficile à décrire et à exposer car l’expérience est surtout sensorielle. Cette fois-ci, les couleurs sont délavées mais Shane Carruth se permet plus d’esthétisme dans la réalisation, et surtout énormément de symbolisme. Il y a une importance toute particulière aux gestes, à la chair, aux matériaux, aux textures. En somme à tout ce qui est matériel et ressenti, comme un test de sensations à travers l’écran. Enfin, le travail du son est exceptionnel : angoissant, atmosphérique et surpuissant.

Upstream Color reste une expérience déroutante sur laquelle on dispose de bien peu de clés, à part nos tripes. 

Comme après Primer, Shane Carruth s’est fait bien rare après cela. Il a joué dans quelques films et séries et a produit et réalisé un peu pour la télévision, mais il ne s’exprime presque jamais sur son oeuvre et ses projets. Et c’est cela qui définit son personnage. Un homme orchestre qui livre, à la force de son intelligence et de sa détermination, des films uniques et passionnants et qu’on pourrait croire destiné au nirvana du cinéma de studio. Mais il trouve toujours le moyen de disparaître pour revenir une fois par décennie, à Sundance, avec un modeste chef-d’oeuvre qui déchaîne les passions.

Shane Carruth ne sur-explique pas son oeuvre et les internautes s’en chargent bien à sa place. Il ne fait pas d’effet d’annonce et sa simple aura suffira toujours à créer une formidable anticipation. Sa filmographie se parcourt en moins de 3h et les vaut infiniment.

A part quelque bribes de casting et un titre, The Modern Ocean, tout ce qu’on sait de son prochain projet c’est qu’il n’est pas pour bientôt. Ce qui est sûr c’est que le retour du messie de l’indé est déjà très anticipé.


Critique de Face à la nuit, rattraper le passé

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Un nouveau cinéma semble émerger en Europe, et il vient directement de Taïwan. Outre les excellents films présents sur le catalogue d’Outbuster comme le génial The Great Buddha+, la rédaction a été époustouflée par Nina Wu de Midi Z, présenté à Cannes dans la sélection Un Certain Regard. Une autre marque de cette émergence est le succès au Festival du film policier de Beaune de Face à la Nuit, coproduction Taiwano-sino-française par le réalisateur malaisien Ho Wi-ding.

Promettant un film d’amour esthétique aux élégantes notes de science-fiction, Face à la Nuit fait beaucoup parler de lui. Peut-il se faire annonciateur de la naissance de nouveaux pôles cinématographiques en Asie du sud-est ?

Trois moments de la vie d’un homme nommé Zhang Dong Ling, qui a subi un traumatisme dans son enfance. Ayant vécu des trahisons qu’il ne réussit pas à oublier, il décide de disparaître après avoir réglé ses comptes, à travers la vengeance. Les événements se déroulent lors d’une nuit de l’année 2000 – Zhang Dong Lingest alors adolescent -, lors d’une nuit de l’année 2016 – Zhang Dong Ling est une jeune adulte marié et qui exerce le métier de policier -, et lors d’une une nuit de l’année 2049 – Zhang Dong Ling est alors un homme d’âge mûr survivant tant bien que mal dans une société déshumanisée qui soumet les citoyens à un contrôle absolu.

Un monde à reculons

S’il n’est pas exempt de défauts, Face à la Nuit interpelle vite par sa construction originale et ses visuels, quitte à trop s’appuyer dessus pour masquer des simplicités d’intrigue. Ainsi, le film est divisé en trois segments, séparés par des effets de montages bruts, représentant trois moments de la vie d’un homme. Chacun d’entre-eux est linéaire et plus ou moins en temps réel, mais ils sont agencés de manière à raconter l’histoire à reculons. Cette structure tient véritablement en haleine. En effet, le premier segment soulève énormément de questions. On se retrouve avec un personnage marqué, au passé manifestement chargé qui le hante et auquel il est souvent fait référence. On a donc une histoire à trous. Les effets, mais sans les causes, et cela construit un véritable mystère qui se distille et se résout au fil du long-métrage.

Dans chacun des segments, le personnage dont on suit la vie arrive comme secondaire dans des scènes où il n’est pas le héros avant de, petit à petit, recentrer l’histoire autour de lui. Ce petit gimmick de narration est assez original et renforce à la fois le réalisme, mais aussi la désorientation du spectateur à chaque voyage temporel.

Cependant, cette structure révèle ses limites dès la fin du second acte, le plus long et le mieux fait. En effet, les deux premières parties suffisent. A la fin du deuxième acte, tous les éléments introduits dans le premier ont été expliqués. La troisième partie semble ajoutée au dernier moment et, si elle est assez émouvante et renforce l’empathie envers le héros, est inutile puisqu’elle conclut le film. Le premier acte est également critiquable : sa dimension « science-fiction » est indispensable et appréciable mais assez mal exécutée, développant son univers de façon anecdotique et trop chargée pour sa durée.

Dans la froideur de la nuit

De plus, cette structure semble servir de cache misère à une histoire assez commune autour d’un personnage au développement convenu. Un vieil homme aigri et abusif dans un mariage désincarné à la recherche d’un amour perdu qui sombre dans la violence. Un jeune flic brillant trahit par sa hiérarchie qui fuit ses ennuis dans une relation romantique absurde. Un petit voyou arrogant qui rencontre celle qui le fera rentrer dans le droit chemin.

Mais c’est bien là le seul défaut de cet excellent film qui, visuellement, est immédiatement convaincant. Face à la Nuit est très esthétique, penchant vers le cinéma d’ambiance. Chaque partie se démarque par son style, rendant hommage à trois moments du cinéma sino-hongkongais. La première partie est la plus onirique et stylisée. Pleine de symbolisme et remarquable par sa photographie contrastée. Elle est caractérisée par  des abstractions métaphoriques et des éléments de science-fiction parfois très proches de l’Asie contemporaine ou du cyberpunk. C’est la partie la plus riche thématiquement, traitant de la pression technologique et sociale et du suicide dans une perspective presque Wébérienne. Elle rappelle le récent succès d’Un grand voyage vers la nuit ou le plus ancien 2046 de Wong Kar-wai. Le second acte, lui, est un polar hongkongais des années 2000 comme PTU ou Mad Detective de Johnnie To. Solidement urbain, nocturne, violent et réaliste, le rythme y est plus effréné et la réalisation plus brute, malgré une photographie toujours très élégante. Enfin, la dernière partie rappelle les drames chinois des années 90, lumineux, exubérants, mélodramatiques et romantiques.

À cette esthétique Face à la Nuit apporte un cachet particulier à l’image. Très vite on remarque un fort bruit numérique, plutôt caractéristique du grain des vieux caméscopes que des caméras de cinéma. S’il est perturbant, voire dérangeant au début, force est de constater qu’il rend les visuels de Face à la Nuit bien plus forts en caractères : bruts, dynamiques et vivants.

Avec ses effets et ses choix narratifs et visuels très voyants et affirmés, Face à la Nuit en devient un film presque expérimental qui ne manquera pas de fasciner les amateurs d’expériences originales. On peut lui reprocher d’utiliser ces effets claquants pour dissimuler une histoire simpliste qui fait effectivement défaut. De plus, des effets spéciaux franchement laids viennent parfois ternir le tableau. Mais Face à la Nuit est une proposition de cinéma généreuse et originale à ne pas sous-estimer. 


Critique d’Annabelle : La Maison du mal

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Saga secondaire de l’univers Conjuring, Annabelle n’a jamais vraiment réussi à trouver sa place dans l’univers en question. Jamais assez terrifiante pour concurrencer le saga principale, ni singulière pour espérer se placer au niveau de La Nonne. Un problème de positionnement initial qui continue de hanter la poupée maudite et lui offre un statut restreint en dehors du cercle des fans.

Mais si l’on passe outre la raison même d’exister des films Annabelle, les deux premiers opus n’ont finalement pas grand chose en commun. Là où le premier film est considéré par beaucoup comme le pire film d’horreur grand public de ces dernières années (alors que la médaille revient sans hésiter à xXx : Reloaded), le second a su trouver des adeptes et créer un engouement autour d’une saga qu’on croyait morte-née. Mais le troisième film transforme-t-il l’essai pour de bon ?

Déterminés à mettre Annabelle hors d’état de nuire, les démonologues Ed et Lorraine Warren enferment la poupée démoniaque dans leur « pièce des souvenirs », en prenant soin de la placer derrière une vitre sacrée et de solliciter la bénédiction d’un prêtre. Mais Annabelle réveille les esprits maléfiques qui l’entourent et qui s’intéressent désormais à de nouvelles victimes potentielles : Judy, la fille des Warren âgée de 10 ans, et ses amis. Une nouvelle nuit d’horreur se prépare…

La maison de poupée

Gary Dauberman connait l’univers d’Annabelle sur le bout des doigts : scénariste des deux premiers films ainsi que de La Nonne et Ça (oui, c’est bien la même personne derrière Annabelle et Ça, on vous jure) il s’essaye pour la première fois à la réalisation sur ce troisième opus. Avec l’aide de James Wan au scénario, Dauberman prend une tout autre voie pour la saga : en plaçant l’histoire directement chez les Warren et avec leur fille en personnage principal, le film prend le risque d’être considéré par beaucoup comme un film Conjuring de substitution. Et si l’œuvre de Dauberman est bien des choses, elle ne se réduit pas à cela.

Car le film s’éloigne encore plus de l’aspect terrifiant de la saga principale et prend le parti pris du teen-movie horrifique. Un choix bienvenu pour des films en manque de repères mais qui se révèle finalement assez vain. Écriture paresseuse et peu inspirée, facilité d’exécution et jumpscares en pagailles le rapproche du premier opus tant décrié, et ceci malgré un casting qui fait tout pour tirer l’ensemble vers le haut. Mckenna Grace la première.

Mal et flic

Malgré des problèmes d’écriture évidents, le film de Gary Dauberman contient des moments-clés réussis, en grande partie portés par le duo formé par la fille des Warren et sa babysitteuse (on pense notamment à la scène du lit). Mais les rares réussites de La maison du mal sont minées par une réalisation sans inspiration et dont les seuls moments de bravoures évoquent l’œuvre de James Wan sans même s’en cacher (la scène de la télévision, entre-autres).

Sorte de mélange bâtard entre Conjuring et Maman, j’ai raté l’avion, le principal problème d’Annabelle : La Maison du mal vient de son incapacité à choisir clairement son registre. Trop premier degré pour en devenir une œuvre satirique se moquant des codes de son genre, mais trop léger pour faire partie du club fermé de la terreur pure. La photographie générique de Michael Burgess ainsi que la bande-originale de Joseph Bishara n’arrivent pas à donner d’âme à un film complètement désincarné, un comble pour une poupée possédée.

Si le film de Gary Dauberman n’est pas désastreux, c’est un gros retour en arrière pour la saga Annabelle qui semblait avoir enfin trouver son public avec un deuxième opus convaincant.

Un échec d’autant plus frustrant que si La Maison du mal avait assumé pleinement son aspect second degré en manipulant les codes du genre (comme Dauberman le fait habilement au début du film avec la carte routière), il aurait pu transformer cette saga constamment dans l’entre-deux en véritable œuvre consciente de ses effets, en y apportant une touche d’humour noir qui n’a pas encore trouvé sa place dans l’univers Conjuring. Malgré tout, on peut retenir quelques moments de grâce dans un film qui, lui, n’en est pas doté. 


Critique d’Attaque à Mumbai, l’hôtel de la peur

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Premier film d’Anthony Maras, Attaque à Mumbai a connu un destin compliqué. Initialement distribué par The Weinstein Company en 2016, le film est devenu orphelin après les événements de l’affaire du même nom. Ses droits rachetés en 2018, il est finalement distribué aux Etats-Unis et acheté par Netflix en Inde… qui abandonnera le film après un conflit avec la société de distribution. Mais le sort s’acharne et le film est également retiré des salles néo-zelandaises à sa sortie après l’attentat de Christchurch.

En France, le film ne connaîtra pas le même destin puis qu’après son parcours assez confidentiel au box-office américain il ne bénéficiera pas d’une sortie au cinéma : le film sera disponible dès le 4 juillet prochain sur les différentes plateformes de VOD. Mais son parcours maudit éclipse-t-il la qualité du long-métrage ?

Novembre 2008, une série d’attaques terroristes a lieu dans la ville de Mumbai. Durant trois jours, des hommes armés prennent d’assaut le légendaire Taj Mahal Palace Hôtel en retenant les clients et les employés qui s’y trouvent. Au milieu de ce chaos, le Chef du restaurant et un serveur vont risquer leur vie pour protéger leurs clients. Parmi eux, un couple va tout faire pour protéger leur nouveau-né. Alors que le monde entier découvre ces évènements tragiques, ce qui se déroule à l’intérieur dépasse l’inimaginable. L’histoire vraie des attaques terroristes qui se sont déroulées à Mumbai en novembre 2008.

Un américain à Mumbai

Si les attaques de novembre 2008 à Mumbai (Bombay) se sont réparties sur une dizaine de lieux différents, le film se concentre sur le plus emblématique de tous : l’hôtel de luxe Taj Mahal. Un symbole attaqué pour ce qu’il représente, dans un premier temps, et pour son exposition médiatique : touristes russes, anglais mais surtout américains s’y retrouvent pris au piège.

En faisant le choix de centrer son récit sur un couple américain, Anthony Maras tombe également dans la facilité d’un récit qui ne s’extirpera jamais de l’attendu. Enchaînant les situations types en lorgnant du coté de John Carpenter et de sa référence du genre : Assaut.

Mais si le film ne transcende pas par son récit ou l’écriture de ses dialogues : ses personnages, eux, résonnent particulièrement dans un enchaînement de situations anxiogènes au possible. Révélant leurs peurs les plus profondes et entraînant au fur à mesure une confrontation au sein même des groupes qui se sont formés dans l’hôtel. On pourra reprocher un double sens peu subtil sur le système de castes en Inde mais sa présence fait sens dans un récit où le travail de psychologie des personnages est central. Et le film n’hésitera pas à en sacrifier pour faire avancer son récit et gagner en crédibilité : personne n’est à l’abri, et Anthony Maras compte bien l’ancrer dans le crâne des spectateurs dès les premiers instants du film.

Pas tous logés à la même enseigne

Si le film prend le temps de développer ses protagonistes, ce n’est pas le cas des antoganistes qui n’existent finalement qu’à travers leur simple fonction de « menace », planant sur l’entièreté du long-métrage. Un autre choix étrange est celui de donner plus de place aux clients occidentaux qu’au personnel de l’hôtel, pourtant présentés comme les vrais héros de cette histoire. Le ressenti final est alors assez mitigé, et le spectateur se retrouve tiraillé entre l’émotion que sont censés susciter les touristes pris au piège et l’héroisme latent du personnel. Comme si le film lui même n’avait pas fais de choix et laissait cette lourde tâche à son audience.

Malgré ses faiblesses d’écriture le premier film d’Anthony Maras ne démérite pas dans ses séquences de tensions, sans jamais tomber dans l’excès qui pourrait en ruiner l’effet. Si sa réalisation reste assez académique dans l’ensemble, certaines séquences sont habilement construites et procurent une anxieté bien palpable. Enfin, le travail sur l’image  de Nick Remy Matthews offre une véritable puissance visuelle et donc dramatique au film, exploitant une palette de couleurs assez rare dans le cinéma d’action contemporain et composant ainsi des cadres léchés et emplis de sens.

Attaque à Mumbai reste finalement assez sage pour un sujet si grave. En respectant à la lettre les codes du genre il peine à suprendre par son intrigue attendue. Mais sa réalisation soignée et sa tension gérée d’une main de maître font du film une expérience anxiogène et tendue qui fonctionne, entre-autres, grace à son casting de renom (on se gardera, pour autant, de mentionner l’accent russe de Jason Isaacs). 


Annecy 2019 : Critique de J’ai perdu mon corps

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Redonner sa place au film d’animation adulte auprès du grand public : vaste programme qu’entreprend Jérémy Clapin avec J’ai perdu mon corps. Un mois, à peine, après avoir gagné le Grand Prix Nespresso à la Semaine de la Critique à Canne, le premier long-métrage du réalisateur parisien se voit sacrer du duo Prix du public et Cristal du long-métrage au festival d’Annecy.

Une consécration pour un film qui a mis une décennie à se faire et un projet en lequel personne ne croyait, de par ses partis pris et ses ambitions fortes pour le milieu de l’animation. Il bénéficiera d’une distribution internationale assurée par Netflix mais aura également la chance de sortir en France en novembre.

A Paris, Naoufel tombe amoureux de Gabrielle. Un peu plus loin dans la ville, une main coupée s’échappe d’un labo, bien décidée à retrouver son corps. S’engage alors une cavale vertigineuse à travers la ville, semée d’embûches et des souvenirs de sa vie jusqu’au terrible accident. Naoufel, la main, Gabrielle, tous trois retrouveront, d’une façon poétique et inattendue, le fil de leur histoire…

Les bras m’en tombent

Avec J’ai perdu mon corps, Jérémy Clapin signe son tout premier long-métrage en tant que réalisateur, mais le monde de l’animation ne lui est pas inconnu. A sa sortie de l’École nationale supérieure des arts décoratifs, il réalise de nombreux courts-métrages dont Skhizein (visionnable gratuitement ici) qui lui a valu une nomination aux Césars et un succès critique et public important. Une oeuvre qui transpira déjà de son amour pour l’animation aux thématiques torturées. Une animation qu’il utilise pour transmettre des messages et des émotions complexes, à la portée métaphorique mais aussi ancrée dans la réalité des relations humaines.

Une expérience qui prend tout son sens dans J’ai perdu mon corps, adapté du roman Happy hand de Guillaume Laurant qui est lui même co-scénariste sur le film. Avec  sa véritable oeuvre symbolique et plastique, Jérémy Clapin aborde la quête de soi, ce sentiment d’invisibilité dans une société qui a comme premier reflex le rejet plutôt que l’écoute. En accordant plus de place au « segment de la main » il cristallise cette quête qui résonne avec l’histoire de Naoufel.

A l’aide d’une scène à la construction simple – un livreur de pizza, un interphone et une mystérieuse voix féminine au bout du fil – va naître une singulière romance, attachante et troublante. Nous poussant même à remettre en question son personnage principal. Une thématique maintes et maintes fois abordée au cinéma mais rarement avec une telle sincérité. Car si l’on parle beaucoup du film pour sa singularité, c’est avant tout son écriture complexe qui fait mouche et touche en plein cœur…

En utilisant le concept de la main coupée à la recherche de son propriétaire, Jérémy Clapin ne pouvait nous offrir une oeuvre plus riche et marquante que J’ai perdu mon corps. Véritable film métaphorique à la portée universelle, il est est avant tout touchant quand il aborde les émotions les plus complexes avec une étonnante sincérité. Accompagné d’une bande-originale enivrante aux sonorités électroniques, le film se pare d’une animation et de cadres léchés rendant l’oeuvre aussi belle que profonde.

Sincère et magistral dans son exécution : J’ai perdu mon corps réussi avec brio son coup de poker et prouve une nouvelle fois que la créativité cinématographique se trouve du côté de l’animation.


Nos séances de Mai

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Au mois de mai, nous avons été bien occupés avec le Festival de Cannes. En contrepartie, ça aurait été un mois riche en séances et en découverte ou nous avons préparés nos cartouches de recommandations pour les années à venir. Plus que jamais,nous sommes armés à vous dire ce qui était bon et ce qui l’était moins en salles et en VOD en mai 2019 ; alors suivez nous !

Les notes sont données par le rédacteur ou la rédactrice qui a écrit la review. Les films sont classés du moins bien noté au mieux noté.


Cœurs Ennemis

Coeurs Ennemis est un film comme on ne devrait plus en faire. C’est un mélodrame ridicule sans inspiration ni originalité. Il condense deux films en un seul et réussit l’exploit de les rater les deux. D’abord une romance éculée, vue et revue, nourrie de sentiments fades et de performances stéréotypés, ensuite un film d’espionnage tout aussi cliché et d’autant plus nanardesque. Nous rappelant les pires années du cinéma Hollywoodien, il n’y a rien de bon à tirer de ce navet.

Note : 2/10 – Noté par Baptiste


Hellboy

A première vue, le projet de Neil Marshall s’avérait d’une étrangeté à toutes épreuves. Passant derrière les deux petites pépites de Del Toro, ce Hellboy 2019 avait pour objectif de dépoussiérer le mythe sans pour autant le dénaturer. Cependant, c’était sans compter sur le rendu final de cette nouvelle adaptation des comics : des effets spéciaux à la ramasse, un scénario infernal et pour couronner le tout, un personnage principal totalement dénaturé, à l’image du héros cliché contemporain. Ainsi, en échouant dans son principal objectif, Hellboy, version Neil Marshall n’est rien de plus qu’un énième produit d’usine dont la qualité n’a d’égal que sa futilité.

Note : 3/10 – Noté par Lucas


Le Jeune Ahmed

Le nouveau film des frères Dardenne, récompensé par le prix de la réalisation au festival de Cannes, est très loin d’atteindre le niveau des honneurs qui lui sont faits. S’attaquant à un sujet incroyablement délicat presque impossible à traiter avec justesse, le film prend tant de précautions qu’il finit par ne plus rien dire, ou alors l’inverse du message souhaité, dans des dangereuses dérives politiques. Mal joué et filmé avec un naturalisme facile et peu inspiré, il n’y a pas grand chose à sauver dans ce film supposément social paresseux et convenu.

Note : 5/10 – Noté par Baptiste


Godzilla II – Roi des Monstres

Cinq ans plus tôt, le lézard le plus titanesque du cinéma faisait son retour sur nos écrans, démolissant tout ses concurrent au box-office. Ainsi, ce troisième volet du monstervers de Warner (après Kong : Skull Island) nous promettait un spectacle hors du commun avec des visuels à couper le souffle. Mais finalement, c’est bien la seule chose à retenir de ce projet mené par Michael Dougherty, car si il est évident que l’action est nettement plus impressionnante dans celui-ci, il est également indéniable que le film endosse un scénario brouillon, voir ridicule. Finalement, ce Godzilla II tient malheureusement toutes ses promesses : plus spectaculaire, mais beaucoup moins inspirant.

Note : 5/10 – Noté par Lucas


The Dead Don’t Die

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Note : 5,5/10 – Noté par Baptiste


Sibyl

Véritable star du moment : Virginie Efira collabore avec Justine Triet pour la deuxième fois après Victoria. Sur la papier Sibyl avait tout pour plaire : du casting exemplaire au scénario intriguant. C’est dans l’exécution que la déception frappe, finalement très anecdotique et creux : les personnages semblent tourner en rond et le film se perd dans des intrigues futiles et secondaires sans jamais emporter le spectateur avec lui.

Note : 6/10 – Noté par Quentin


Aladin

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Note : 6/10 – Noté par Lucas


Duelles

Duelles est un film français racontant une animosité naissante entre deux femmes dans une banlieue pavillonnaire américaine des 50’s et, malgré sa différence avec ce qu’on voit habituellement dans le cinéma français, il ne convainc qu’à moitié. Se revendiquant de Hitchcock, le film met la barre trop haut et n’est pas au niveau avec son montage mou, son intrigue qui se désamorce en permanence et ses performances trop inégales. S’il n’est pas dénué d’intérêt, le film n’atteint pas le niveau de son maître.

Note : 6/10 – Noté par Baptiste


John Wick Parabellum

S’annonçant comme le dernier volet d’une trilogie portée par l’indétrônable Keanu Reeves, John Wick Parabellum avait cependant la lourde tâche de faire mieux que ses prédécesseurs. Pourtant, c’est bien avec brio que Chad Stahelski nous emporte une nouvelle fois dans une chasse à l’homme endiablée où les faux pas n’ont pas leur place. Même si l’omniprésence d’action pourra en laisser plus d’un sur la touche, ce troisième volet parvient à surprendre, tant dans sa composition que dans son esthétisme. On en redemande !

Note : 7/10 – Noté par Lucas


Pokémon Detective Pikachu

Un univers qu’on ne présente plus avec une aventure au schéma des plus classiques. Si l’adaptation ciné du jeu vidéo ne sort pas de l’ordinaire dans sa narration, il serait dommage de passer à côté. Une ingéniosité dans la présentation d’un monde merveilleux qui rattrape la prestation des acteurs pour le moins passable, excepté Ryan Reynolds qui double Pikachu. Entre hommage aux films noirs, humour ravageur et création 3D séduisante, le film réussit le pari du blockbuster familial, sans tomber dans le fan service à outrance.

Note : 7/10 – Noté par Azucena


Séduis-moi si tu peux ! 

Croiser un film politique et une comédie romantique n’était pas un choix évident. Choisir comme couple Charlize Theron et Seth Rogen encore moins. Et pourtant, l’audace se trouve aussi dans l’écriture. Avec un humour ravageur (et ravagé), le long-métrage dépeint un portrait sarcastique de la politique et de la crise des médias sans oublier de soigner les relations entre ses personnages. Sans tomber dans les clichés malgré une trame assez codifiée. Une agréable surprise.

Note : 7,5/10 – Noté par Azucena


Booksmart

Deux lycéennes la tête coincée dans leurs bouquins découvrent qu’il est possible de réussir ses études tout en s’amusant. Elles décident donc de rejoindre la dernière soirée de l’année avant leur remise de diplôme. Si les similitudes avec Supergrave sont évidentes, cette comédie indépendante, première réalisation d’Olivia Wilde connue pour son rôle de Numéro 13 dans Dr House (entre-autres) est une oeuvre parfaitement modernisée. Pop, drôle et consciente à l’image de ses deux héroïnes, l’aventure d’une nuit retrouve les thématiques classiques du teen movie, tout en proposant une mise en scène délurée. À voir !

Note : 7,5/10 Noté par Azucena


Rocketman

Si les films musicaux reviennent sur le devant de la scène depuis le succès de La La Land, les comédies musicales reprenant le concept de « music hall’ à proprement parler ont toujours eu plus de mal à s’imposer auprès du grand public (et ce malgré le succès surprise de The Greatest Showman l’année dernière). Alors quand un blockbuster de la qualité et de la créativité de Rocketman arrive jusque dans nos salles, on ne peut qu’encourager une démarche si noble, aussi bien dans sa forme que dans son fond, portée par des prestations exceptionnelles et des acteurs en grande forme.

Note : 8/10 – Noté par Quentin


Douleur et Gloire

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Note : 8/10 – Noté par Baptiste


Le Visionnage du Mois

Dans cette rubrique, les rédacteurs et rédactrices ont l’opportunité de revenir sur un film qui n’est pas une sortie récente mais qu’ils ont visionné ce mois-ci, qui leur a plu ou les a intéressé, et qu’ils souhaitent recommander.

Toute l’Histoire de mes Échecs Sexuels

A Complete Story of my Sexual Failures c’est là où les documentaires vont pour mourir. Chris Waitt, cinéaste indépendant entreprend d’interviewer ses exs pour savoir ce qui cloche chez lui. Entre harcèlement, agressions, manque de professionnalisme, errance et indécence, ce film est autant un documentaire sur les relations toxiques et les gens qui les font que sur comment ne PAS faire un documentaire… et pourtant c’est excellent. Une formule mystérieuse, un film unique à prendre avec des pincettes tout de même. – Recommandé par Baptiste


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