Bonjour à tous et à toutes et bienvenu dans ce second épisode de Tellement beau que ç’en est gênant. Aujourd’hui il va être question d’un dessinateur français surtout connu pour ses BD de science-fiction: Enki Bilal.

Né en Yougoslavie en 1951, Enes Bilal grandit là bas. La famille Bilal quitte la Yougoslavie pour Paris en 1961 et est naturalisée en 1967. Il fait l’école des beaux arts (pas en entier) et publie ses premières histoires dans Pilote (comme tout le monde) alors qu’il a 21 ans. Il sera assez longtemps publié dans les pages de Pilote alors qu’en parallèle il travaille sur divers projets: il travaillera TRÈS brièvement pour Libération, travaille sur la préparation du Nom de la Rose de Jean-Jacques Annaud, crée les décors et les costumes de divers spectacles, ballets et opéras, réalise des supers films comme  Bunker Palace Hotel ou Imortel, ad vitam (celui-la est vraiment trop génial), et bien sûr il écrit plein de BD. Il a même gagné le grand prix d’Angoulême en 1987. Il a aussi été le sujet de plusieurs expositions sous la grande arche de la Défense et au musée des Arts et Métiers (celle-la je l’aie vu, elle était cool).

Enki Bilal est à la fois un scénariste doué et un dessinateur hors pairs. Mais, même si j’ai vraiment très envie de vous parler de toutes ses BD, je ne le ferais pas. Car le but ici est de regarder des dessins. Alors allons-y, regardons:

C’est beau hein? Tellement beau que c’en est gênant… Bilal a un coup de crayon très particulier. Il est complexe, fort et très marqué, pourtant il se confond dans l’ensemble des couleurs. Des couleurs d’ailleurs assez particulières: assez claires, pas du tout ternes, sans être flashies. Il y a un grand rôle accordé aux contrastes: des environnement très sombres et obscures sur lesquels se détachent des personnages à la peau et aux vêtements clairs ou des environnements blancs avec des taches de couleurs vives (rouge ou bleu). Les dessins de Bilal ont un peu des airs d’aquarelles. Ses dessins sont très réalistes et pourtant toujours empreints d’une fantaisie et d’un onirisme envoûtant.

Ses BD sont assez cryptiques, laissant une grande place à l’interprétation et à l’imagination. Il y a beaucoup de symbolisme et d’images. Il y a toujours une critique sous-jacente mais l’histoire n’est souvent qu’un prétexte pour exposer de splendides dessin, comme ceux que vous avez vu plus haut. Enki Bilal est donc un éminent auteur et un dessinateur passionnant, et c’est pourquoi il méritait pleinement cet article.