Bienvenue dans ce nouvel épisode de Tellement beau que c’en est gênant, la chronique qui s’attarde sur un dessinateur à travers une sélection de ses œuvres. Aujourd’hui il va être question d’un des artistes ayant construit l’esthétique de la fantasy et de la Science-fiction moderne: Frank Frazetta!

6a00d8341c630a53ef013480b9505d970cFrank Frazetta est né (sous le nom de Frazzetta) à Brooklyn le 9 février 1928 à Brooklyn. Déjà enfant il se passionnait pour le dessin, encouragé par sa grand-mère. A l’âge de 18ans, il débute comme assistant de John Giunta sur Snowman.  Dans les années 40 il collectionne les travaux pour de petites maisons d’édition, notamment en tant que créateur de comics strips. La fin des années 40 et la première moitié des années 50, il les passe chez DC à dessiner Shining Knight. Il continue à collectionner les séries chez divers éditeurs (White Indian, Thunga of the Congo, Johnny Comet, Flash Gordon, etc…). C’est en 1962 qu’il commence à délaisser la bande-dessinée pour se consacrer à l’illustration, même si ils signe encore de grands comic books comme Buck Rogers, Conan le Barbare et Vampirella. Sa dernière BD paraîtra dans Creepy. Il se fera remarqué en dessinant les couvertures ou en illustrant les œuvres d’Edgar Rice Burroughs (le créateur de Tarzan et de John Carter), de Robert E Howard (Conan, Kull, Solomon Kane) ainsi qu’avec des dessins personnels. Il participe aussi à la direction artistique du film Tygra, la glace et le feu. Il n’abandonne jamais le dessin car, même devenu hémiplégique, il se met à dessiner de la main gauche. Il meurt le 10 mai 2010 en Floride.

Maintenant que vous connaissez un petit peu la vie et l’oeuvre du bonhomme, je vous laisse avec ses une sélection de ses dessins et peintures. On se retrouve après pour en parler.

Les dessins de Frazetta sont reconnaissables entre mille, même au milieu des nombreux illustrateurs modernes qui s’inspirent de son style. Le contraste entre les couleurs vives caractéristiques des dessins pulp et des ombres, ou des environnement d’un noir très profond, donne à ses dessins un aspect bariolé / ténébreux qui correspond parfaitement aux mondes de Burroughs et de Conan. On lui pardonnera l’anatomie parfois un peu approximative de certains personnages car, en plus de donner aux dessins une dimension un peu bizarre,  elle insuffle un souffle dynamique, générant efficacement une impression de mouvement qui passe aussi par les poses courbées et étirées des personnages et par un trait marqué.

En plus de ses couleurs si reconnaissables et de ce trait épais et nuancé, Frazetta se fait remarquer par le design qui est absolument fondateur des styles dans lesquels il évolue. Avec ses barbares dénudés et sanglants, ses femmes aussi fatales que dénudées, ses mystérieux cavaliers encapuchonnés et ses monstres hirsutes et bavant dans des décors obscurs, oniriques et hostiles, Frazetta pose les bases de l’esthétique de la Dark Fantasy moderne (rien que ça). Pour ce qui est de la Science-Fiction c’est un peu différent. Il est très ancré dans un mélange entre le pulp des années 30 et les films kitsch des années 50. On y retrouve des héros cow-boys du futur, des vaisseaux aux formes loufoques, des aliens hideux et menaçants et des aventurières en combinaison moulante.

Frazetta a un style bien à lui qui rend son oeuvre appréciable. C’est difficile de ne pas rester en admiration face à sa Dark Fantasy onirique et violente, face  à sa Science-Fiction kitsch ou face à son Fantastique noir. Un personnage illustre derrière de très beaux dessins.