CET ARTICLE EST GARANTI 100% SANS SPOILER

Vous aimez le cheval ? Moi non ! Et pourtant cela ne m’a pas empêché de m’intéresser à Bojack Horseman. Vu que la série n’est pas très connue du grand public par rapport au succès mitigé de la première saison, je vais très rapidement vous dresser le tableau. Nous nous retrouvons en plein milieu du star-système Hollywoodien et nous allons suivre les péripéties de Bojack Horseman, un acteur de sitcom des années 90 à la gloire passée qui cherche la reconnaissance du public ainsi que du monde cinématographique.

Je n’en dirai pas plus pour vous laisser tout le plaisir de la découverte. Comme je vous l’ai dis plus haut, la série n’a pas très bien été accueilli à sa sortie, et pour ça il suffit de voir tous les commentaires négatifs qu’elle s’est mangé durant les deux premières saisons.

Beaucoup de gens l’assimilent à un copié/collé raté de Californication en animation. Pour le coup je n’ai pas vu cette série mais j’ai cru voir que les scénarios se ressemblaient. Les synopsis se ressemblent, soit mais je ne vois pas en quoi c’est un problème.

Cela voudrait dire que le The Thing de Carpenter est inférieur à La chose d’un autre monde de 1951 ? C’est totalement absurde, les histoires sont identiques ou quasi identiques, et alors ? Que ce soit au cinéma ou à la télévision, énormément de films / séries s’inspirent de contenus antérieures et les réinvente et cela ne les empêche pas de donner des œuvres de qualités. L’important reste tout de même ce que l’auteur apporte en plus par sa personnalité ou sa vision de la chose. Vous vous doutez donc bien que je ne suis pas d’accord avec ce préjugé infondé et que je vais essayer de défendre cette série en m’y mettant corps et âme.

Du coup, comme vous l’avez vu dans le titre, Bojack Horseman est-elle une simple comédie ou un pamphlet sur le star-système Hollywoodien?

Tout d’abord, je me dois de donner une baffe à travers l’écran de ceux qui me lisent et qui trouvent que l’animation de Bojack Horseman est dégueulasse. J’ai lu cette absurdité sur plusieurs critiques et je ne comprends pas pourquoi. C’est ce coté pastel étalé qui ne plait pas ? Parce que soyons honnête, l’animation est un domaine tellebojack-horseman-season-2-netflix-stillment large qu’à un moment donné il faut savoir se distinguer et être original dans ses dessins. Par exemple, si vous prenez South Park, au départ c’était du papier découpé de piètre qualité mais c’est ça qui fait que lorsqu’on voit des mecs sans jambes marcher en canard on dit: «Putain mec, c’est South Park !». Ils ont su se créer un univers en y implantant une animation singulière et c’est également le cas pour Bojack Horseman. On aime ou on aime pas mais en art comme dans la vie de tous les jours, on a pas le droit de dire que c’est de la merde.

Deuxième critique que l’on peut voir à propos de la série: «Ça se veut intelligent en  »critiquant » le système mais ça ne l’est pas.». Une fois de plus, je ne suis pas d’accord avec ça. Ici la série prend un certain recul par rapport à cette critique et l’exerce de manière plus subtile qu’il n’y paraît. Le plus fort de tout ça c’est qu’elle critique non seulement le star-système hollywoodien mais également la politique Américaine (je pense bien évidemment à l’épisode  »Bojack insulte l’armée »). Dans ce dernier, notre cher protagoniste équidé pointe du doigt l’interventionnisme massif des U.S.A au moyen orient et en Asie (Vietnam motherfucker!) ainsi que l’envoi de jeunes troupes utilisés par l’état major. Cependant, les scénaristes le tournent en dérision en créant une situation totalement loufoque et cela empêche le «Too-Much» engagé. Et je trouve ça assez honorable d’arriver à critiquer tout un système et une nation en évitant les reproches directs.


Pour ce qui de la Jet-Set Hollywoodienne, la série parle énormément du coté éphémère du succès de certaines stars. Et ceci est très bien décrit à travers le personnage de Bojack voire même de Sarah Lynn: un acteur à la gloire passée qui n’a plus aucune once de respect de la part de ses confrères et du milieu, parce qu’il est «OUT» et une jeune fille propulsé trop tôt sous les projecteurs. C’est regrettable mais il suffit de voir comment certains acteurs ont fini.

Sarah Lynn et Bojack dans une spirale drogue/alcool dangereuse.
Sarah Lynn et Bojack dans une spirale drogue/alcool dangereuse.

Prenons l’exemple de Macaulay Culkin, l’acteur principal de Maman j’ai raté l’avion. Il a connu le succès avec deux films puis s’est éteint, personne n’en a entendu parler et il a sombré dans la drogue et une spirale négative. Bojack Horseman vise donc cet effet «pressage de citron» des célébrités que l’on presse (parfois trop tôt) pour obtenir tout ce que l’on veut et lorsqu’il n’y a plus rien à en tirer on fait comme s’ils n’avaient jamais existé.

On peut également lire chez certains haters: «la série se veut intelligente et inventive mais ne l’est pas!». Et bien je ne suis pas d’accord sur ça non plus. L’une des principales qualités de la série est de mélanger personnages humains et animaliers anthropomorphiques. Cela peut paraître banal dit comme ça mais ça amorce unebirdpaparazzi inventivité folle par rapport aux membres de cette société mixte: Les croquemorts sont des larves, les paparazzis des oiseaux et tous ont des reflex propres à leur espèce et ceci nous donne certaines scènes d’anthologies. De plus, l’univers de la série et sa logique tournent autour des animaux présents et pour cela je me dois de citer l’épisode 4 de la saison 3:  »Comme un poisson hors de l’eau ».

Dans cet épisode qui se passe, contrairement à son titre, sous l’eau, les scénaristes ont fait preuve d’une immense imagination sur l’environnement marin. Le genre de chose auxquelles on ne pense pas mais qu’on souligne et approuve quand on les voit: les gens se déplacent en banc, les crochets du bus sont des hameçons, les serveurs des blobfish, etc…

J’ai été absolument bluffé de A à Z devant cet épisode qui n’a fait que me surprendre (à noter qu’il s’agit d’un épisode entièrement muet). C’est quand même assez couillu de leur part d’avoir fais un épisode de 22 minutes sans aucune ligne de dialogue, en faisant tout passer par les expressions faciales et le visuel. Et je dois dire que c’est assez brillant: montrer et ne pas dire. Après tout, voici les sains mots du cinéma et si je devais donner un mot sur cet épisode, juste un seul, ce serait celui là: Cinéma. Encore bravo Raphael Bob-Waksberg, ceci est une très bonne réponse à tous tes détracteurs.

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Je ne peux finir cette éloge sans vous parler de la profondeur des personnages qui sont beaucoup plus intéressant qu’ils n’y paraissent. Commençons par l’étalon (pas Italien hein, on est pas dans Rocky) Bojack. Sur le papier son personnage n’a pas l’air intéressant pour deux sous mais il l’est de part son complexité. C’est un drogué, alcoolique, addict au sexe et sans respect pour les personnes qui l’entourent. Mais cela résulte d’une souffrance intérieure profonde que l’on découvre petit à petit par des flash-back très bien pensés. Nous y voyons une enfance gâchée par des parents irrespectueux et ingrats avec lui, qui lui brisent tous ses rêves, et lui répètent sans cesse l’inutilité de son existence. On comprend un peu mieux pourquoi ce personnage est torturé, il n’a pas eu d’enfance, il a un réel talent d’acteur mais personne ne le prend au sérieux à cause de sa série précédente… Bref, tout pourrait être mieux pour notre personnage principal.

L'enfance très difficile de Bojack qui explique sa personnalité torturée.
L’enfance très difficile de Bojack qui explique sa personnalité torturée.

Il essaie réellement d’être gentil avec les gens et de les aider mais s’y prend tellement mal que ça lui retombe sans cesse dessus. Si on rajoute à ça son impossibilité d’exprimer ses sentiments aux gens qu’il aime, on obtient une vie de merde. Je ne vous en dévoile pas trop non plus mais sachez juste que l’une des forces de cette série reste les ascenseurs émotifs qu’elle nous offre. Nous pouvons passer d’une scène hilarante à une fin d’épisode qui remet tout le monde à sa place et fait prendre conscience au personnage qu’il n’est qu’une merde. Cela peut paraître déstabilisant au début mais ça nous fait réellement réfléchir sur notre propre vie et nos choix et ça c’est fort, très fort !

Et Todd, Todd… Ce personnage est tellement attachant que je ne veux pas trop vous en dire. C’est un SDF qui vit sur le canapé de Bojack et qui ne sait pas se lancer dans la vie. Il est réellement utilisé par tout le monde mais ne s’en rend pas compte et aide tous ceux qu’il aime. Ce personnage ingénu à souhait en reste tout de même intéressant par son utilité en temps que point d’appui de Bojack. Ce dernier lui répète sans cesse qu’il ne le veut plus chez lui mais si Todd part Bojack est perdu…

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Vous l’aurez compris, j’adore cette série qui est trop méconnue à mon goût et mériterait plus d’intérêt. Je la trouve inventive, audacieuse, juste dans son propos, profonde. Bref, jetez-vous dessus si ce n’est pas encore fait. Cependant, la saison 3 est un peu décevante car elle n’avance pas trop dans le récit et marque un réel coup d’arrêt et ce même si certains épisodes, et notamment le 4, sont extrêmement puissants. Le début, un peu lent, risque de ne pas trop vous emballer mais ne vous arrêtez pas à ça et foncez, vous ne le regretterez pas !

PS: Je vous laisse avec le générique de fin qui vous résumera, j’en suis sur, l’essence même de la série.

NOS NOTES ...
Univers
90 %
Personnages
90 %
Musique
90 %
Animation
80 %
Scénario
70 %
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