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[vc_message color= »info »]Attention, cette critique est purement subjective et ne concerne que le point de vue de l’auteur comme chaque critique disponible sur Erreur42.[/vc_message]

Comme la plupart des gens j’avais littéralement adoré Django Unchained. C’est donc avec une très vive impatience que j’attendais le prochain film de Quentin Tarantino. Malheureusement, le film a bien failli ne jamais voir le jour après que le script a été posté sur Internet. Toutefois, après procès et discussions, le réalisateur que j’aime tant a décidé de le mettre en scène. De plus, il l’a tourné en Ultra Panavision 70 millimètres !

Quentin Tarantino est un metteur en scène qui n’a plus besoin de faire ses preuves. Tout au long de sa carrière il a rendu hommage à des genres bien spécifiques et a réalisé des chefs d’œuvres du Cinéma. Avec son The Hateful Eight, il fait un mélange des genres (western, horreur), il l’a tourné comme un huis clos sanguinolent à la Reservoir Dogs. Découpée en chapitres, à l’instar de Pulp Fiction ou bien Kill Bill, l’histoire retranscrite à l’écran est captivante. La mise en scène est très subtile et rend la durée du long-métrage (2h50) savoureuse. Personnellement, je ne me suis pas ennuyé et ai été fasciné par les dialogues. Certes les discussions sont très longues, mais l’écriture des répliques et des dialogues est remarquable. Parlant de tout et n’importe quoi, d’évènements historiques ou inventés, les anti-héros nous surprennent en augmentant l’intensité du scénario avec des scènes comme par exemple celle du dîner de Calvin Candie ou de la présentation du colonel Allemand Hans Landa. C’est cinglant et malsain ; c’est un travail d’écriture hors-pair. Le talent de Tarantino est encore une fois très bien utilisé. La violence verbale est bien plus présente que la violence graphique et est portée par des personnages hauts en couleur. Les anti-héros qui nous sont présentés sont fascinants à suivre. Leurs règlements de comptes, qui prennent parfois des partis politiques (Sudistes contre Nordistes), sont très recherchés et accentuent le côté ambigu de ces hommes.

Samuel L. Jackson (Kingsman) est tout bonnement parfait. Il cabotine de façon excellente et prend un malin plaisir dans la peau de son personnage, offrant même une touche d’humour bien venue et malsaine dans cette œuvre sombre et nihiliste. Il rencontre James Parks (Rubber), très bon cocher de Kurt Russel (Boulevard de la Mort), qui est quant à lui tout aussi excellent. Imposant et charismatique, il a une prestance très particulière et interprète ce chasseur de primes avec aisance. Il est accompagné par Jennifer Jason Leigh (Kill Your Darlings) qui nous bluffe vraiment. Défigurée par les cocards et les bleus, elle se révèle être une femme terrifiante non sans dotée d’humour. Walton Goggins (Django Unchained), qui rejoint ces personnages lors du deuxième chapitre, est lui aussi très bon en tant que futur shérif de Red Rock. Durant deux chapitres, ces hommes et cette femme, amenée à la pendaison, discutent, offrant ainsi une exposition captivante pour les 4 personnages. Les scènes suivantes se font quant à elles dans l’auberge de Minnie : Tim Roth (Funny Games US) incarne Oswaldo Mobray, petit-homme à l’accent Anglais. Son interprétation, excellente comme à son habitude, nous rappelle bien évidemment Christoph Waltz dans Inglourious Basterds. Ensuite viennent le très convaincant Bruce Dern (Choose), qui campe un vieux Général détestant les Yankees, le tout aussi bon Michael Madsen (Reservoir Dogs) en tant que cow-boy à la voix rocailleuse, et Demian Bichir (Savages), un Mexicain. Channing Tatum (Foxcatcher) fait lui aussi parti du casting, tout comme l’était son confrère Jonah Hill dans le précédent western de Quentin Tarantino. Il épate lui aussi. Ces anti-héros coincés dans une auberge à cause du blizzard, présentent des psychologies diablement intéressantes ; on se prend au jeu du chat et de la souris du début à la fin.

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© The Weinstein Company

Véritable théâtre à l’ambiance horrifique, les références ne manquent pas. Le film prend même la tournure d’un Agatha Cristie tel que Les Dix Petits Nègres. Le metteur en scène, comme il a pu le dire dans ses interviews, s’est inspiré de The Thing de John Carpenter (par la neige, la présence de Kurt Russel et la musique), de La Horde Sauvage de Sam Peckinpah ou encore de Cent dollars pour un shérif de Henry Hathaway. On peut aussi noter la marque fictive des cigarettes apparue dans Pulp Fiction et Kill Bill : Red Apple. Les surprises et clins d’œil sont omniprésents.
Le travail de mise en scène de Quentin Tarantino est éblouissant.

La BO d’Ennio Morricone est elle aussi admirable. Plus proche d’un film d’horreur que d’un Sergio Leone, la musique accompagne l’ensemble filmé parfaitement. Les compositions sonores sont superbes et anxiogènes, l’ambiance et les ressentis provoqués sont excellents. Dès la première scène, elle accompagne la diligence comme elle accompagnerait les cavaliers de l’Apocalypse.


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© The Weinstein Company

La réalisation est elle aussi superbe. Bien que les explosions et les combats chorégraphiés soient manquants, les discussions et règlements de comptes sont filmés magnifiquement. La caméra est fluide, les plans sont beaux et la profondeur de champ que donne l’Ultra Panavision 70 millimètres très bonne. Les décors, que cela soit en extérieur ou en intérieur, sont retranscrits brillamment. L’Etat du Wyoming et ses paysages fantastiques sont l’autre personnage grandiose de ce film. La photographie est très belle, on ne peut qu’être subjugué par la qualité graphique du métrage face à ces images sous la neige. L’auberge de Minnie est quant à elle petite, mais l’ambiance qui se dégage est immersive. Avec des accessoires tels que les fauteuils, les chaises en bois, les tables, les peaux et les couvertures, Quentin retranscrit la chaleur de cette masure à l’écran. Des couleurs à la fois chaudes et sombres font resplendir l’image du film. Chaudes et sombres, elles le sont principalement par les costumes et l’éclairage, mais aussi et évidemment par le sang. L’hémoglobine gicle bruyamment et laisse le spectateur muet. J’avais entendu dire que dans Django Unchained des steaks volaient (pas pour moi) ; dans ce film-ci je suis d’accord. La violence est totalement gratuite et outrancière, mais c’est ce que nous voulons voir ! La tension est palpable et l’angoisse présente à chaque dialogue. On est littéralement happé par ce que l’on voit et ce que l’on entend pendant ces 3 heures de huis clos.

Quentin Tarantino livre un film dense où il prend son temps certes, mais la jouissance est présente ; je n’en attendais pas moins. Ciselé et recherché, Les 8 Salopards est un western sous tension et bavard, extrêmement bavard ce qui pourrait empêcher l’immersion totale. Cependant, et pour conclure ma critique, Les 8 Salopards est pour moi un excellent film et l’un des meilleurs du réalisateur. Quentin Tarantino a annoncé qu’il ne ferait que 10 films, plus que deux donc… quel dommage !

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