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Souvent moqué et caricaturé par les occidentaux, le cinéma indien reste de nos jours l’une des plus grande source de talents cinématographiques. Et avec  Devdas, sorti en 2002, Sanjay Leela Bhansali s’est imposé comme l’une de ses figures marquantes. Son film fut le premier film Indien a avoir été présenté Hors-Compétition lors du Festival de Cannes et il a grandement contribué à la diffusion de ce cinéma dans le monde.

Sorti en Inde en 2015, Bajirao Mastani n’atteint les salles françaises que maintenant. Présenté comme l’un des films indiens les plus cher de l’histoire et véritable phénomène à sa sortie : que vaut vraiment le huitième film de Sanjay Leela Bhansali ?

Inde, au début du 18ème siècle. La cour du roi hindou marathe Chhatrapati Shahu a besoin d’un nouveau Peshwa, équivalent du 1er ministre. Le jeune Bajirao, guerrier émérite doté d’une grande sagesse spirituelle, est choisi. Quelques années plus tard, durant un de ses voyages, Bajirao rencontre Mastani, fille du roi rajpoute hindou Chhatrasal et de sa conjointe musulmane perse Ruhani Bai. Elle lui demande son aide pour combattre l’envahisseur musulman qui menace leur fort. Bajirao, impressionné par ses qualités de guerrière, accepte de l’aider et ils réussissent à vaincre les ennemis. Chhatrasal, reconnaissant, insiste pour que Bajirao passe Holi (la fête des couleurs) avec eux à Bundelkhand. Mastani et Bajirao tombent amoureux. Il lui offre sa dague, inconscient du symbole de mariage que cela représente pour les rajpoutes de Bundelkhand. Bajirao repart pour Pune, où Kashi Bai, son épouse dévouée qui l’attendait impatiemment, l’accueille. Mastani, déterminée à suivre son cœur, arrive à Pune. En pleine reconquête de l’Inde, Bajirao affrontera les Moghols, alors en pleine désintégration… mais le Peshwa, bientôt tiraillé par deux amours, résistera-t-il aux assauts du cœur et contre la raison d’État ?

A l’assaut du cœur

Bajirao Mastani, bien qu’à la croisée de nombreux genres, est avant tout un drame romantique basé sur le concept du triangle amoureux, un sujet maintes fois abordé au cinéma et qui fait la force mais aussi la faiblesse du film. En effet, ce triangle formé par Priyanka ChopraDeepika Padukone et Ranveer Singh navigue entre les poncifs du genre et une poésie certaine et rafraîchissante grâce à l’évolution de la relation entre les deux personnages féminins forts qui font la profondeur du long-métrage. Le film semble suivre un tracé prédéfini pour mieux le quitter et nous amener dans des retranchements inattendus, certes déroutants pour certains spectateurs occidentaux, mais à l’impact finalement puissant sur le film, ses personnages et nous-même.

Malgré sa durée assez courte pour un film indien (2h36) le film n’est pas exempt de quelques temps morts et peut en amener certains à décrocher assez rapidement. Pourtant, ces longueurs sont très rapidement éclipsées par un travail somptueux sur la photographie, les décors, les costumes et les chorégraphies qui transcendent le film. Le travail artistique derrière Bajirao Mastani ne peut laisser indifférent et emporte le spectateur dans un 18ème siècle indien resplendissant. Cette recherche visuelle est là pour donner un sens à l’oeuvre et les scènes s’enchaînent, les unes plus belles que les autres, avec des couleurs dominantes symboles des émotions des personnages : du bleu nuit au jaune doré en passant par le rouge sang, chaque scène est composée pour accompagner le personnage et le spectateur avec lui.

Traversé par des qualités certaines, Bajirao Mastani bénéficie de la démesure de la mise en scène de Sanjay Leela Bhansali qui, en plus de réaliser, compose et chorégraphie le film. De ce contrôle total découle une maîtrise ahurissante, abattant toutes les limites de sa réalisation, offrant un spectacle total.

Certaines scènes de combat desserrent pourtant le film, paraissant vraiment datée par rapport au reste du travail fourni. Pour autant, rien qui ne dégrade l’expérience du spectateur. Enfin, la bande-originale entraînante et puissante du long-métrage accompagne de la plus belle des manières des scènes de danses somptueuses dans leur chorégraphie comme dans leur mise en scène.


Bajirao Mastani tire sa force de ses visuels et du travail artistique qui en incombe. Le film est splendide et maîtrisé tout du long jusqu’à un final puissant et inattendu. Si le propos du film de Sanjay Leela Bhansali a déjà été traité à de nombreuses reprises, il aborde un aspect original et audacieux (notamment sur la religion) donnant une véritable profondeur et force à cette histoire d’amour qui traverse les âges.

Au final Bajirao Mastani possède les mêmes qualités que Devdas, l’oeuvre déjà culte de son réalisateur, et s’impose comme l’une des oeuvre les plus facile d’accès pour un public occidental friand d’ouvrir un peu plus son spectre cinématographique.

NOS NOTES ...
Réalisation
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Actorat
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J'aime le cinéma mais plus encore les Blues Brothers et Jake Gyllenhaal. Fondateur du site mais également étudiant en école de cinéma