Après le premier Conjuring qui nous avait conquis et marqué, l’impatience était forte pour une suite qui se voulait du même niveau. De plus, James Wan est l’un des seuls réalisateurs de films d’horreur a encore avoir un impact sur le public. Mais le deuxième volet de la saga Conjuring fait-il aussi peur que son mentor ?

Conjuring 2 : Le Cas Enfield retrace donc une nouvelle enquête d’Ed et Lorraine Warren, après les évènement à Harrisville. Tout d’abord, ce qui m’a particulièrement plu dans ce long-métrage, c’est la reconstitution de l’époque. L’histoire se déroule en 1977, en Angleterre ; les costumes, les décors et les conflits de cette période sont parfaitement bien gérés. L’un des points forts du film est la recherche entre le canular mis en scène et le réel faite par l’Eglise à cette époque. C’est donc pour cela que l’introduction du film est l’affaire Amityville. Cette séquence est d’ailleurs l’une des meilleures du film, tout comme l’était celle avec Annabelle dans The Conjuring premier du nom. Ici, la mise en scène est plus recherchée, et se rapproche des Insidious dans sa mise en image. Le rythme est prenant, les effets visuels et les jumps cut saisissants, le stress est au rendez-vous bien que le démon ne soit aussi dérangeant que la poupée cauchemardesque.

Ensuite, le film est plus ambitieux. James Wan pousse l’horreur et ses propos à son paroxysme (notamment dans le derniers tiers), rentrant dans des débats très intéressants et offrant des scènes d’une intensité forte. Le scénario, basé sur une histoire vraie et qui reprend le même schéma narratif que The Conjuring (introduction terrifiante, plan séquence présentant la famille dans la maison, évènements paranormaux et enfin arrivée des Warren), est moins classique que le premier et installe une ambiance immersive magnifique.

La mise en scène de James Wan est très efficace. Sa réalisation est toujours aussi soignée et parvient à se renouveler avec des travellings et des plans-séquences incroyables ; la caméra est fluide, presque fantômatique, oppressante et parvient à nous faire croire que quelque chose va reellement arriver. En effet James Wan contourne, et se sert, des clichés du genre pour nous dépasser et faire apparaître une chose à l’écran que l’on pensait avoir vu juste avant. L’angoisse est présente et les jump scares sont souvent très efficaces bien que prévisibles.

© Warner Bros
© Warner Bros

Ensuite, le casting est encore une fois très convaincant. Vera Farmiga (Bates Motel) et Patrick Wilson (Watchmen) interprètent de nouveau les Warren avec une grande crédibilité. Si certains de leurs dialogues lors de scènes romancées tombent dans le mélo, l’émotion qu’ils procurent à l’écran reste belle et forte. Frances O’connor (Mercy) campe quant à elle la mère de la famille, et Madison Wolfe (True Detective) incarne Janet, la petite fille hantée. Chaque acteur maitrise son rôle avec conviction. Les personnages sont relativement attachants et donnent aux spectateurs de bonnes scènes de frayeurs et d’émotions.

Pour ce qui est des démons : la nonne, le vieux et l’homme tordu sont absolument effrayants. La première est malsaine dans son look rappelant Marilyn Manson, le deuxième est classique mais efficace, et le troisième est sans doute mon préféré avec son design renversant (pour ma part) et sa mise en image avec ses gestes et articulations. Chaque démon fait peur, fait ressentir de l’effroi et est parfaitement bien mis en scène. De nombreuses séquences resteront marquées dans mon esprit. Dommage que la fin soit vite expédiée et de façon facile.

Cependant, The Conjuring 2 fait-il aussi peur que son prédécesseur ? Je ne pense pas. Si l’histoire est plus ambitieuse mais plus perfectible, et la mise en scène est renouvelée, le cauchemar qui j’ai vécu il y a trois ans en salle n’a pas été le même. Peut-être à cause de la salle lors de la première heure ? Ou est-ce la surprise du premier film qui n’est plus la même ? J’opte pour la deuxième hypothèse car étant un grand amateur des films d’horreur, les tours deviennent vite connus et reconnus. De plus, la bande sonore de Joseph Bishara n’est plus aussi importante qu’elle l’était auparavant. Ici, elle est plus discrète et marque moins, n’aidant pas l’atmosphère du film à monter en tension. Si quelques scènes foutent vraiment la trouille grâce aux effets sonores et visuels, l’ensemble du long-métrage manque du ton glauque et malsain qu’avait la sorcière dans Les Dossiers Warren.


James Wan prouve encore une fois qu’il est le maitre du cinéma horrifique actuel, qu’il sait mettre en place une ambiance pesante et faire peur.

Poster un Commentaire

Veuillez Connexion pour commenter
  S’abonner  
Notifier de