CET ARTICLE EST GARANTI 100% SANS SPOILER !

Certains réalisateurs se démarquent très vite par leur talent, leur génie, leur créativité… et marquent une génération de cinéphiles. Bien que de moins en moins nombreux, il ne faut pas sous estimer les étoiles montantes, parmi ces réalisateurs Denis Villeneuve en fait partie.

Ici, à la rédaction, on doit l’avouer: on adore Villeneuve, et on doit surement manquer d’objectivité. Mais en l’espace de 10 ans il s’est imposé comme l’un des réalisateurs clé des années 2010 (au point qu’on lui propose la suite de Blade Runner, excusez du peu)

Ce mercredi sort donc Premier Contact (Arrival en VO), son premier film de science fiction. Villeneuve nous rassure-t-il pour Blade Runner 2049 ou a-t-il fait son premier faux pas ?

Lorsque de mystérieux vaisseaux venus du fond de l’espace surgissent un peu partout sur Terre, une équipe d’experts est rassemblée sous la direction de la linguiste Louise Banks afin de tenter de comprendre leurs intentions. Face à l’énigme que constituent leur présence et leurs messages mystérieux, les réactions dans le monde sont extrêmes et l’humanité se retrouve bientôt au bord d’une guerre absolue. Louise Banks et son équipe n’ont que très peu de temps pour trouver des réponses. Pour les obtenir, la jeune femme va prendre un risque qui pourrait non seulement lui coûter la vie, mais détruire le genre humain

Ils arrivent

Que les choses soient claires: Premier Contact est excellent, de là à parler de chef d’oeuvre il n’y a qu’un pas. Les compliments à faire sur le film de Denis Villeneuve sont quasiment infinis, mais le film ne serait rien sans l’interprétation quasi parfaite  du duo Amy Adams / Jeremy Renner.

Amy Adams est de plus en plus présente sur la scène Hollywoodienne, après American Bluff, Man of Steel ou encore Big Eyes Denis Villeneuve lui donne enfin l’opportunité de nous exposer son talent à travers un premier rôle fait sur mesure. Son interprétation d’une linguiste nous place au plus près du personnage, ce premier contact n’est pas seulement le sien, c’est le nôtre. Rarement dans l’histoire de la SF l’identification au personnage n’aura été si efficace. Placée en un instant dans le rôle de sauveuse de l’humanité elle incarne un dernier barrage pacifique face à la bêtise humaine. Touchante à travers le rôle d’une mère ayant perdue son enfant elle représente l’humanité dans ce qu’elle a de meilleure, sans pour autant tomber dans une caricature absurde.

Amy Adams en linguiste déterminée

Denis Villeneuve n’a plus besoin de faire ses preuves, sa réalisation est une nouvelle fois soignée à la perfection. Il réalise la prouesse de transformer le langage en personnage, un personnage aussi complexe que primordial. Premier Contact nous transporte loin de tout, en pleine campagne, loin des villes. Métaphore d’un film de SF voulant sortir d’un cadre préconçu de films catastrophes. Ici pas de villes en cendres, Villeneuve veut pousser le spectateur à réfléchir sur sa propre existence, sur sa relation avec le temps, avec le langage.


Le passé, le présent, le futur

La communication est au centre du film: l’échange entre les « aliens » et les humains n’est au final qu’un prétexte pour mettre en avant ce manque de communication entre les peuples, incarné ici par les différents chefs de pays, complètement incapable de prendre des décisions communes.

Forest Whitaker, Amy Adams & Jeremy Renner

Au delà de la métaphore du langage le film pose la question du premier contact alien, que doit-on leur dire ? Doit-on inventer un langage particulier ? Doit-on leur transmettre notre savoir ? (une question qui revient de plus en plus souvent chez les scientifiques). Le film ne répond pas à ces questions (vous ressortirez surement avec plus de questions qu’à votre arrivée) mais permet un questionnement sur l’identité même d’être humain, ce que cela implique et bien sûr sur la méfiance envers « l’étranger ». Le film se retrouve à la croisée de thèmes variés et chacun y trouvera bien sûr sa propre interprétation.

Premier Contact est un film sensoriel et visuel, Denis Villeneuve nous offre un voyage vers l’inconnu, plaçant le langage en personnage principal et reléguant la violence en simple « outil du faible ». L’humanité peinte ici est tristement réelle alors que la coopération entre les peuples n’a jamais été si nécessaire. Amy Adams et Jeremy Renner nous font découvrir leur univers touchant si simple, et pourtant si complexe et travaillé à travers un scénario extrêment bien écrit et une réalisation soignée. Une nouvelle fois Jóhann Jóhannsson nous offre une bande originale puissante accompagnant à la perfection l’oeuvre de Villeneuve.

Non, le cinéma n’est pas mort, non, la science fiction n’est pas morte.

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