CET ARTICLE EST GARANTI 100% SANS SPOILER

Après Une séparation, Le Passé et Le Client, Asghar Farhadi a eu l’honneur (et la pression qui l’accompagne) d’ouvrir le 71ème Festival de Cannes avec Everybody Knows (Todos lo saben). Un mélange des genres porté par le couple de rêve que forment Pénelope Cruz et Javier Bardem

A l’occasion du mariage de sa sœur, Laura revient avec ses enfants dans son village natal au cœur d’un vignoble espagnol. Mais des évènements inattendus viennent bouleverser son séjour et font resurgir un passé depuis trop longtemps enfoui.

Avec Everybody Knows Asghar Farhadi relève un défi de taille : tourner un film dans une langue qu’il ne parle quasiment pas selon ses dires, mais surtout faire un film sur une culture à laquelle il n’appartient pas. Pour surmonter cet obstacle il s’est immergé de longs mois en Espagne, observant et décortiquant avec attention la population locale, ses habitudes, ses traditions… Et le résultat est là, dès les premières minutes du film le spectateur est transporté dans un petit village espagnol proche de Madrid où le temps semble s’être arrêté depuis de nombreuses décennies. Un village qui va vivre au rythme d’un heureux événement très vite suivi d’un drame, tout comme le film finalement…

En effet après une première partie puissante et entraînante, au plus proche des personnages, le film semble se perdre dans des intrigues inutiles sans pour autant en développer une seule jusqu’au bout. En passant du drame familiale au thriller le film semble perdre ce qui faisait son âme pour ne rester qu’un film prévisible et sans aucune attache émotionnelle… Ceci étant dit il est difficile, en tant que spectateur, de se sentir impliqué dans les péripéties des personnages quand les ficelles qui les motivent sont compréhensibles dès les premières minutes.

Mais tout comme son histoire le film est tiraillé : d’un coté il est tiré par le bas à cause de son scénario insipide mais de l’autre il est magnifié par une photographie sublime et des acteurs hallucinants de justesse et de sincérité. C’est simple, le casting est un sans faute et cela aussi bien du coté des têtes d’affiches, que sont Pénelope Cruz et Javier Bardem, mais encore plus par les acteurs moins connus du grand public comme Carla Campra, Ricardo Darín ou l’excellente Bárbara Lennie

Le résultat final est contrasté : on aurait aimé passer 2h12 transportés par la beauté du film et ses acteurs magistraux mais le résultat en est tout autre… Everybody knows marquera certainement plus pour son potentiel gâché par un scénario décevant et paresseux que pour ce qu’il aurait du être : un drame familial poignant et envoûtant, dommage…


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J'aime le cinéma mais plus encore les Blues Brothers et Jake Gyllenhaal. Fondateur du site mais également étudiant en école de cinéma