CET ARTICLE EST GARANTI 100% SANS SPOILER

Jia Zhangke n’en est pas à son coup d’essai à Cannes. Son précédent film, Au-delà des montagnes, avait déjà connu la sélection au festival, recueillant une petite notoriété et un certain succès critique. Alors lorsque cette année, le réalisateur chinois remet le couvert avec son actrice fétiche Zhao Tao, on a de quoi espérer aussi bien, voire mieux que le précédent.

L’histoire des Eternels se déroule sur près de 20 ans, commençant en 2001 pour se terminer début 2018. Cette richesse sera d’ailleurs son plus lourd fardeau. On suit Qiao, une jeune femme interprétée magnifiquement par Zhao Tao, et sa relation plus que difficile avec un homme de la pègre chinoise, Bin. Qiao traversera alors les péripéties, de la prison à la trahison, dans ce qui semble être un voyage initiatique.

On commence dès lors à ressentir les premiers défauts du scénario. On ne sait plus ce que le film veut nous raconter entre une romance, une comédie dramatique, un voyage sur le pardon, un film sur la pègre chinoise… L’ironie de la situation est que Zhangke réussit chaque partie avec une certaine pertinence (surtout les 45 premières minutes, excellentes). Sa réalisation basée sur le plan-séquence permet de suivre les dialogues avec une vraie sensation de proximité et la photo du film fait varier les ambiances.

Hélas, la performance très touchante de Zhao Tao ne suffit pas à créer le liant dont le film avait besoin, et le spectateur finit par se perdre dans un film riche mais trop long (2h30). On notera aussi la bande-son aux sonorités originales et très variées. Mais encore une fois, à l’image du scénario, la musique manque de cohérence d’une partition à l’autre.

Finalement Les Éternels n’est pas une mauvaise expérience : il est fait de plusieurs segments de qualité mais qui finissent par tirer le film en longueur pour une histoire qui aurait été excellente sur la base des 45 premières minutes. On se souviendra malgré tout de la performance de son actrice principale et de son réalisateur qui a su faire une vraie proposition de mise-en-scène.


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Grand fan de Sergio Leone, Woody Allen et bien d'autres. J'aime le cinéma, quel qu'il soit. Etudiant en école de cinéma.