CET ARTICLE EST GARANTI 100% SANS SPOILER

Alicia Vikander, Christoph Waltz, Dane Deehan, Cara Delevingne, Judi Dench, Zach Galifianakis et Tom Hollander composent le casting ahurissant de Tulip Fever. Film maudit, un temps envisagé avec Jude Law et Keira Knightley, finalement tourné en 2014 et produit par la Weinstein Company le film se perd dans d’innombrables reports de date et ne sort qu’en automne dernier dans la plupart des pays du globe…

En France, il n’aura pas la chance d’atteindre les salles de cinéma puis qu’il est disponible en e-cinema depuis le 12 juillet dernier… Mais cette adaptation du roman Le peintre des vanités de Deborah Moggach mérite-elle vraiment tous ces malheurs ?

Amsterdam, 1636, la ville est plongée dans une fièvre spéculative autour du commerce de la tulipe. Un riche marchand décide d’engager un célèbre portraitiste pour immortaliser la beauté de sa jeune femme. Au premier coup de pinceau, une passion dévorante débute entre la jeune Sophia et le séduisant peintre.
Alors qu’une liaison torride et fougueuse s’installe, les jeunes amants cherchent à se débarrasser du mari envahissant et à s’enfuir. Une soif de liberté qui aura un prix, aussi précieux que celui d’une tulipe..

Fièvre du désir

Pan plutôt méconnu de l’histoire européenne, la Tulipomanie, cette passion dévorante des bulbes de tulipes au milieu du 17ème siècle trace la toile de fond de Tulip Fever. Drame romantique du réalisateur britannique Justin Chadwick (The First GraderMandela: Un long chemin vers la liberté…) le film marque, dans un premier temps, par la beauté de ses décors et de sa photographie qui résonnent avec le propos de fond du film, apportant une véritable profondeur au différents acteurs évoluant dans ces environnements. Des acteurs qui, sans surprise, transcendent le film : difficile de trouver une prestation qui fait tache tant le jeu du casting en général respire de justesse et fonctionne en ensemble (avec une mention spéciale à Holliday Grainger qui se révèle en même temps que le film).

Malgré cela le film n’est pas exempt de défauts qui contrastent avec cette beauté évidente et ce casting impressionnant. Tulip Fever ne surprend jamais, et sans que cela soit détruise le plaisir de visionnage, le film semble suivre un tracé aussi prévisible pour les personnages que pour le spectateur, ne cherchant jamais à le surprendre de quelques moyens que ce soit. Un film qui ne prend pas de risques, donc, mais qui pour autant ne déçoit pas forcément puisque le film n’essaye à aucun moment de camoufler ce qu’il est : une romance historique.

Pourtant Tulip Fever aborde également un aspect historique passionnant : la crise des tulipes. Et malgré sa certaine timidité à approfondir plus le sujet et ses facilités scénaristiques sur la matière le film utilise intelligemment ce fond historique pour ancrer beaucoup plus efficacement son histoire et les différentes péripéties des personnages. Ce qui donne un contraste scénaristique finalement assez fort entre l’aspect niais de l’histoire d’amour qui est au cœur du film et un fond beaucoup plus dur et réaliste.


C’est là qu’intervient Justin Chadwick avec sa réalisation aux mouvements amples et étirées qui accompagnent à merveille la romance des deux personnages principaux mais qui peine à faire monter la tension dans les moments plus agités du film. Malgré cela, certaines fulgurances permettent au film de se démarquer et de ne pas tomber dans la case de l’énième romance historique en costume. Pour sublimer le tout Danny Elfman offre une composition dans l’ensemble très classique mais qui s’intègre parfaitement dans ce que forme Tulip Fever

Même s’il ne surprend que très peu et ne prend que très peu de risques, le film fonctionne dans son entièreté grâce à un casting d’exception et une direction artistique léchée. S’il reste finalement assez niais et prévisible Tulip Fever sait proposer un véritable fond historique et s’ancrer dans bien plus que ce que l’on pourrait croire au premier abord. Au final le film reste une agréable surprise plus que divertissante et aurait mérité une plus grande distribution en France; S’adressant certes aux fans du genre Tulip Fever reste une très bonne porte d’entrée d’un univers souvent caricaturé (à tort)…

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J'aime le cinéma mais plus encore les Blues Brothers et Jake Gyllenhaal. Fondateur du site mais également étudiant en école de cinéma