Erreur42 https://erreur42.fr Le geek passionnément ! Fri, 07 Dec 2018 10:14:36 +0000 fr-FR hourly 1 https://erreur42.fr/wp-content/uploads/2016/01/cropped-favicon-1-32x32.png Erreur42 https://erreur42.fr 32 32 Cinéphilo : Tim Burton, plus rien à dire ? https://erreur42.fr/tim-burton-plus-rien-a-dire/ https://erreur42.fr/tim-burton-plus-rien-a-dire/#respond Fri, 30 Nov 2018 16:00:54 +0000 https://erreur42.fr/?p=12656 Après la gloire dans les années 80 et les déboires dans les années 2000, Burton signerait-il son grand retour cette année ?

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Le remake de Dumbo est pour bientôt, avec un casting très reconnaissable et une direction artistique du même acabit. En effet, c’est Tim Burton qui va remettre le couvert avec Disney, son meilleur ennemi, pour son prochain film. Un choix assez surprenant lorsque l’on connait les affres de la carrière de Burton.

Un réalisateur d’abord loué pour son style très personnel, puis projeté dans le monde du blockbuster, pour ensuite être critiqué pour son manque de renouvellement. Car si la recette est bonne, il est difficile de l’apprécier après un grand nombre de films qui l’utilisent inlassablement. Sur les 10 dernières années, les films de Burton connaissent en général un accueil pour le moins tiède de la part de la critique. Comment le réalisateur le plus en vogue des années 80 en est-il arrivé là ?

Ce qui caractérise la carrière de Burton, c’est la vitesse avec laquelle elle a décollé. Après avoir travaillé quelque temps chez Disney en tant que dessinateur, le jeune Tim se sent frustré, incapable d’exprimer son style tout en restant dans les clous. Après quelques court-métrages (qui deviendront plus tard certain de ses films), Burton arrive à se lancer. Son début de carrière va connaître une période de montagnes russes : en l’espace de 5 ans (entre 1984 et 1989), il connaîtra un succès de comédie (Pee Wee Big Adventure), une comédie horrifique (Beetlejuice), et le plus gros chiffre du box-office mondial (Batman). Lui qui n’a jamais aimé la pression des grands studios, il se retrouve comme étant le réalisateur le plus bankable de la Warner. Le tournage de Batman reste, selon lui, l’une de ses pires expériences de plateau. C’est un peu le « paradoxe Burton ». Un introverti qui se retrouve propulsé dans une industrie faite de pression, de stress et de deadlines. Pourtant, cela n’a pas empêché le réalisateur d’exprimer sa vision. Ses films gardent toujours une patte très personnelle, aussi bien visuellement que narrativement.

Ce qui intéresse le réalisateur taciturne, ce sont les exclus, les parias, les monstres, les incompris. Burton a un amour tout particulier pour ceux que la société ne comprend pas ou ne veut pas comprendre et rejette. Ajoutons à cela son admiration pour l’expressionnisme allemand, ainsi que les films d’épouvante de série Z. Burton puise directement ses thèmes favoris dans son enfance, laquelle fut solitaire mais très marquante pour le réalisateur. C’est de cette période qu’est née son sentiment d’être différent, peu commun. Sur la partie visuelle, le « style Burton » va chercher ses racines dans l’expressionnisme allemand (à nouveau). Personnages aux grands yeux et aux longs membres, perspectives déformées et paysages irréels, Burton a littéralement importé son style de dessin dans l’esthétique de ses films. Et l’on retrouve autant ces gimmicks dans ses films les plus personnels (Frankenweenie ou Edward aux mains d’argent) que dans ses productions de studios (Alice au pays des merveilles ou Batman).

Le tournant de la carrière de Burton se trouve certainement quelque part au milieu des années 90. A ce moment-là, Tim a déjà connu l’un de ses plus grands succès commerciaux (Batman), et ses plus grands succès critiques (Ed Wood et Edward aux mains d’argent). Comment donner un nouveau souffle à une filmographie qui semble avoir déjà tout dit ? Pour cela il va, contre toute attente, se diriger vers les grosses productions de studios. Un choix étonnant quand on sait à quel point Burton tient à son indépendance artistique. Sa carrière va alors changer de visage. Lui qui s’était habitué aux succès critique accompagné de résultats modestes au box-office, va voir le phénomène s’inverser. Alors que ses films commencent à diviser la critique, les succès au box-office vont devenir beaucoup plus importants. La planète des singes est le début de cette tendance. Une tendance qui atteint son apogée avec Alice au pays des merveilles, le plus gros succès commercial de toute sa carrière. Pourtant, le film est loin d’être acclamé par la critique. C’est le public qui va porter le film. Désormais les fervents admirateurs sont rejoints par une foule de spectateurs nouveaux, venus pour voir un Disney plus que pour voir un Burton. Il est assez ironique de savoir que Burton doit son plus gros succès au studio qu’il avait quitté il y a plus de 20 ans.

Edward aux mains d’argent © 20th Century Fox

On peut cependant voir une parenthèse en 2004 avec Big Fish, où le réalisateur revient à l’un de ses thèmes centraux : le rapport au père. Une parenthèse de courte durée, le film connaissant un succès correct, le filon ne sera pas plus exploité. Qu’est-ce qui a changé dans les films de Burton pour que s’opèrent de telles transformations dans sa carrière ? La réponse se trouve encore une fois dans le « style Burton ». Là où il était à une époque la fusion d’une vision d’auteur et d’une esthétique propre, il devient au fil des années une parodie de lui-même, ne se reposant plus que sur des gimmicks usés. Sa méthode avait déjà commencé à montrer ses limites en 1992, lorsque le réalisateur s’était attelé à la suite de Batman. Batman, le défi illustrait parfaitement l’un de ses problèmes de narration: il s’intéresse plus aux antagonistes qu’à son héros. Or, un Batman anecdotique dans un film Batman, ça ne sonne jamais bien. Et le phénomène va continuer dans les années 2000. Alice n’est pas la star de son propre film, c’est Le Chapelier interprété par Johnny Depp qui lui vole la vedette. Le casting est d’ailleurs une excellente illustration de l’absence de renouvellement de Burton. Là où des acteurs comme Johnny Depp ou Helena Bonham-Carter apportaient de la fraîcheur dans les années 90, aujourd’hui la sensation de déjà-vu et de répétition commence à se faire sentir. Il ne semble plus vouloir quitter sa zone de confort, s’entourant des mêmes acteurs encore et encore et recyclant ses thèmes sans y apporter de nouveau souffle.

Cependant, comme nous avons pu le voir, Tim ne serait pas le seul à blâmer. A vrai dire, nous avons aussi vu que le réalisateur fantasque n’avait rien perdu de son originalité lorsqu’il se décidait à l’exploiter. Hélas, que ce soit pour Big Eyes, Frankenweenie ou Big Fish, les chiffres du box-office ont été dérisoires en comparaison de ses grosses productions moins personnelles. Le public donc, ainsi que les studios, sont également responsables, n’ayant pas poussé le réalisateur à tenter encore de nous surprendre, se contentant de blockbusters plus conventionnels.

La situation de Burton nous en dit long sur la situation de nombreux auteurs réalisateurs à Hollywood. Lorsque leurs films les plus consensuels sont leurs plus grands succès, comment leur en vouloir d’exploiter le filon ? Burton a changé. Sa place dans le Hollywood actuel est bien différente de celle qu’il occupait à ses débuts dans les années 80. Mais son public aussi.

Sa collaboration avec Disney a également édulcoré son style. Difficile de l’imaginer proposer des images aussi déjantées que celles présentées dans Beetlejuice, ou aussi tendancieuses que celles montrées dans Batman, le défi. Nous sommes alors en mesure d’être perplexe face au projet Dumbo porté par Burton et Disney, bien que la famille soit un des thèmes centraux du films. Cependant, il n’y a aucun doute que le studio saura en faire un succès commercial, un de plus pour la carrière du réalisateur « hors des clous ».

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Critique de Suspiria, recréer sans dénaturer https://erreur42.fr/critique-suspiria/ https://erreur42.fr/critique-suspiria/#respond Wed, 21 Nov 2018 14:34:25 +0000 https://erreur42.fr/?p=12701 CET ARTICLE EST GARANTI 100% SANS SPOILER

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CET ARTICLE EST GARANTI 100% SANS SPOILER

Réadapter, quarante ans après, l’une des œuvres majeures du cinéma de genre était un pari risqué. Pas impossible, car tout œuvre est par principe perfectible et il serait bien dangereux pour la créativité d’affirmer le contraire. Mais un véritable challenge par l’aura qui entoure l’œuvre originale. Cette idée avait donc provoqué de vives réactions, de l’exaltation aux émois les plus douloureux.

En première ligne, le réalisateur du Suspiria original lui-même, Dario Argento, qui jugeait la possibilité d’un remake de “mauvaise idée”. Ce nouveau film s’exposait donc à un double tranchant : une critique du film en lui-même, ce qu’il représente en tant qu’œuvre à part entière. Mais aussi être soumis au comparatif, impossible à effacer, du giallo culte de 1977. En souffrir ou s’émanciper. Un double défi relevé par Luca Guadagnino, réalisateur italien du drame romantique Call Me by your Name (2017). Et porté par un casting international aux têtes d’affiches célèbres parmi Dakota Johnson, Tilda Swinton ou encore Mia Goth.

Susie Bannion, jeune danseuse américaine, débarque à Berlin dans l’espoir d’intégrer la célèbre compagnie de danse Helena Markos. Madame Blanc, sa chorégraphe, impressionnée par son talent, promeut Susie danseuse étoile. Tandis que les répétitions du ballet final s’intensifient, les deux femmes deviennent de plus en plus proches. C’est alors que Susie commence à faire de terrifiantes découvertes sur la compagnie et celles qui la dirigent…

Parler pour (ne rien) dire

Contrairement à ce que l’on pouvait voir dans le Suspiria d’Argento, l’intrigue ne repose pas sur un doute classique du genre fantastique. Dès la première scène une Chloe Grace Moretz névrosée fait voler tous doutes avec fracas. Le mystère n’est plus de mise et fait place à un déchaînement de violence symbolique et physique. Si la tentative évidente de Guadagnino est de lier l’art avec l’horreur (comme on le voit très souvent aujourd’hui alors que le cinéma de genre est pris en main par des auteurs) il est toutefois regrettable d’avoir laissé tomber le suspens de la sorte. Certes, l’intrigue s’articule autour d’une enquête concernant la disparition de deux danseuses de l’institution comme le film original, mais aucun doute n’est proscrit. C’est bien le problème majeur du film : si une œuvre peut prendre le pas d’être un film à l’ambiance pesante, lourde, difficile de la transmettre sans une énigme bienvenue. Tout est trop explicite et la (seule) révélation finale, mal amenée au milieu de ce brouhaha, ressemble à un deus ex machina. Conclu pourtant sur un climax baroque osé et mystique, ce Suspiria moderne est loin de satisfaire le spectateur puisque le scénario développe en parallèle diverses thématiques qui ne seront pas approfondies. De la place des femmes à l’holocauste en passant par la guerre froide, elles sont trop nombreuses pour un seul film sans doute, même si certaines bien mieux traitées que d’autres.

Danse macabre

Il y a pourtant, dans cette volonté de multiplier le sous-texte, une connaissance réelle et un hommage loin d’être artificiel à Argento. C’est ici que l’on peut probablement trouver l’utilité de ce remake : contrairement aux critiques classiques adressées à tort ou à raison aux remakes actuels jugées trop artificielles, recopiant la forme sans fond, il y a dans celui-là une véritable inspiration puisée dans les intentions du film de 1977 : créer une œuvre symbolique forte. Les scènes de danses, viscérales et splendides forment un miroir indissociable de la brutalité la plus sauvage dans une mise en scène et un montage intelligemment exécuté. Et là où a été la bonne idée de réalisation, c’est dans le fait de en pas reprendre la forme de l’original : ne pas jouer sur les excès visuels (couleurs, mouvements de caméras) malgré quelques furtifs hommages, mais de se placer une intimité terne. A l’image du Berlin en pleine guerre froide de l’intrigue, ses décors maussades et son ambiance paranoïaque.
Autre point fort de 2018, c’est la réécriture du personnage central : Susie. Loin de l’innocence candide de l’œuvre originale, c’est une femme déterminée à la limite de la présomption qui se présente à la compagnie de danse, certaine de ses capacités et de ses envies, qui plonge volontairement dans le mal pour mieux s’élever. Un changement d’axe bienvenue et moderne qui donne un nouveau souffle à l’intrigue principale, porté sobrement par une Dakota Johnson solide.

Si Suspiria n’est pas le film terrifiant auquel on pouvait s’attendre, il dégage tout de même une atmosphère pesante réussie, tout en cherchant à construire une démarche artistique poussée. Hésitant entre l’original d’Argento et un traitement mystico-psychologique à la Aronofski sans parvenir à en insuffler la puissance, Luca Guadagnino crée pourtant une œuvre intéressante. Et un remake rendant honneur à l’original, sans en être une copie vide de sens.

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Les 5 films à voir en Novembre https://erreur42.fr/les-5-films-a-voir-en-novembre-2018/ https://erreur42.fr/les-5-films-a-voir-en-novembre-2018/#comments Sat, 17 Nov 2018 16:45:53 +0000 https://erreur42.fr/?p=12541 De Sale temps à l'hôtel El Royale à Suspiria en passant par High Life, découvrez ces films à ne pas manquer au ciné en novembre !

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La course aux Oscars est lancée et le mois de novembre fait figure de pré-sélection pour l’édition 2019, entre Les Veuves, Suspiria ou encore High Life les prétendants sont nombreux et les places sont chères.

Comme chaque mois vous avez voté sur Twitter et vous avez élu First Man meilleur film du mois avec 33% des votes, suivi par Bohemian Rhapsody avec 19% !

Chaque film présenté est accompagné de sa bande annonce, de son synopsis et de sa date de sortie pour que chacun puisse se faire un avis et sélectionner le ou les films qu’il a envie de voir !

Notre sélection ne se base que sur les bandes annonces & le combo réalisateur / acteurs donc bien sûr nous pouvons nous tromper et tomber sur un raté monumental, mais rassurez nous ne vous conseillerons jamais Les Nouvelles Aventures d’Aladin. De plus ce n’est qu’un avis et des attentes personnelles, chacun peut avoir ses propres attentes & préférences.


Sale temps à l’hôtel El Royale (7 Novembre)

Sept étrangers, chacun avec un secret à planquer, se retrouvent au El Royale sur les rives du lac Tahoe ; un hôtel miteux au lourd passé. Au cours d’une nuit fatidique, ils auront tous une dernière chance de se racheter… avant de prendre un aller simple pour l’enfer.


The Spy Gone North (7 Novembre)

Séoul, 1993. Un ancien officier est engagé par les services secrets sud-coréens sous le nom de code « Black Venus ». Chargé de collecter des informations sur le programme nucléaire en Corée du Nord, il infiltre un groupe de dignitaires de Pyongyang et réussi progressivement à gagner la confiance du Parti.


High Life (7 Novembre)

Un groupe de criminels condamnés à mort accepte de commuer leur peine et de devenir les cobayes d’une mission spatiale en dehors du système solaire. Une mission hors normes…


Suspiria (14 Novembre)

Susie Bannion, jeune danseuse américaine, débarque à Berlin dans l’espoir d’intégrer la célèbre compagnie de danse Helena Markos. Mais Susie commence à faire de terrifiantes découvertes sur la compagnie et celles qui la dirigent…


Les Veuves (28 Novembre)

Chicago, de nos jours. Quatre femmes qui ne se connaissent pas. Leurs maris viennent de mourir lors d’un braquage qui a mal tourné, les laissant avec une lourde dette à rembourser. Elles n’ont rien en commun mais décident d’unir leurs forces pour terminer ce que leurs époux avaient commencé. Et prendre leur propre destin en main…

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Cinephilo : Hong Sang-soo, un cinéma dépouillé ? https://erreur42.fr/hong-sang-soo-un-cinema-depouille/ https://erreur42.fr/hong-sang-soo-un-cinema-depouille/#respond Wed, 31 Oct 2018 13:03:15 +0000 https://erreur42.fr/?p=12613 Dans un cinéma qui tend vers de plus en plus de conformité, qui est Hong Sang-soo, le réalisateur coréen aux films si particuliers ?

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Dans le paysage cinématographique actuel, nous sommes souvent inondés par les blockbusters. Que ce soit au nombre d’entrées en salles ou simplement de part leur couverture médiatique, les films grand public aux budgets faramineux prennent beaucoup de place. Bien sûr, lorsque l’on aime le cinéma, il n’est pas difficile de s’éloigner de ces productions pour varier ses expériences de spectateur.

Mais imaginons qu’un réalisateur, encore aujourd’hui, arrive à concilier succès critique avec budget minuscule ? Les exemples dans ce cas ne sont pas si rares, cependant on observe rarement ce phénomène sur l’entièreté de la carrière d’un réalisateur. C’est pourtant le cas de Hong Sang-soo.

Hong Sang-soo est un réalisateur sud-coréen, né en 1960, récompensé à plusieurs reprises et un habitué des grands festivals (Cannes, Berlin, Venise…). Son cinéma est un véritable ovni. Il se caractérise par plusieurs aspects. Tout d’abord, ses films sont réalisés avec des budgets extrêmement réduits. Non pas par contrainte, mais bien par volonté du réalisateur de proposer des films très dépouillés. Car il n’est pas rare qu’un réalisateur fauché, après un grand succès, obtienne de plus gros budgets. Ses œuvres sont tournées avec des équipes très réduites (4 techniciens pour Oki’s Movie). On serait alors en mesure de se demander en quoi de tels parti-pris peuvent servir le propos artistique d’une œuvre ? Ce n’est pourtant pas ici que s’arrête l’originalité du réalisateur coréen.

Dans ses étranges méthodes de travail, on compte aussi la grande absence de dialogues écrits. En effet, Hong Sang-soo aime donner la part belle à l’improvisation. Seule une ligne directrice est donnée pour le scénario, puis Hong Sang-soo écrit ses dialogues en fonction de la personnalité de ses acteurs. L’improvisation oblige les acteurs à adopter une grande discipline, car le réalisateur est aussi un grand amateur de plan-séquence. Scénario et mise-en-scène se répondent parfaitement dans cette envie de simplicité. Mais du coup, de quoi parlent les films d’Hong Sang-soo ?

Sunhi © Jeonwonsa Film

Si l’on devait résumer, les films du réalisateur coréen parlent toujours de la même chose : les relations humaines. Evidemment, l’amour est central mais Hong Sang-soo s’intéresse tout autant à l’amitié, aux rencontres éphémères. Il semble d’ailleurs avoir un amour tout particulier pour ces dernières. Le protagoniste de ses films est souvent amené à rencontrer des gens sur son chemin, qui l’aideront à grandir ou à se trouver lui-même. Séparément, chaque rencontre parait absurde ou peu importante. Mais lorsque le protagoniste arrive au moment d’une prise de décision (souvent à la fin du film), c’est l’addition de toutes ces rencontres qui lui permettra de choisir.

La temporalité des films de Hong Sang-soo est presque toujours déconstruite. Le réalisateur aime jouer avec le spectateur en faisant des aller-retours dans le temps. On ne sait plus alors si nos personnages se sont rencontrés hier ou s’ils ne se connaissent pas encore. Le meilleur exemple est certainement Hill of Freedom, où un jeune japonais venu visiter la Corée se perd dans les rues d’un village. Ici, chaque journée est une leçon indépendante, et on ignore laquelle a précédé l’autre. Dans Un jour avec, un jour sans, on suit un réalisateur coréen et sa rencontre avec une jeune femme. Le film se divise en deux journées ou plutôt deux versions d’une même journée, où le protagoniste prendra des décisions différentes, menant à des fins différentes.

Pour Hong Sang-soo, le sublime se trouve dans les instants simples où deux personnes échangent. La plupart du temps autour d’un repas, accompagné de verres de soju (le réalisateur est connu pour son amour envers cet alcool coréen). C’est dans ces moments que sa caméra devient immobile, laissant le soin aux personnages de captiver par leurs émotions. Hong Sang-soo s’interroge sur la nature de l’autre, son altérité, sa ressemblance. Que cela soit entre un homme et une femme, un japonais et une coréenne (Hill of Freedom), une française et un coréen (In another country)… Est-ce que l’on existe pour les autres ? Qu’est-ce qui nous différencie ? Comment appréhender la solitude ?

Un jour avec, un jour sans © Jeonwonsa Film

Hong Sang-soo est un artiste total. Auteur et réalisateur, il n’hésite pas à mettre une très grande partie de sa vie dans ses films :

  • Ses héros sont souvent réalisateurs ou étudiants en cinéma
  • Sa femme (Ki Min-hee, connue pour avoir joué dans Mademoiselle) joue dans plusieurs de ses films
  • Le soju est omniprésent lors des repas

Il n’y a donc pas d’œuvre majeure dans le cinéma d’Hong Sang-soo. Non, l’œuvre majeure, c’est sa filmographie en tant que tout. C’est une mosaïque regroupant de nombreuses facettes qui, ensemble, forment un tableau cohérent.

La forme totalement dépouillée et peu coûteuse de son cinéma lui donne la liberté nécessaire pour raconter sans contrainte, tout en allant dans le sens de son propos général. Un OVNI peu médiatisé qui a donc trouvé la recette pour vivre de son art tout en ayant la reconnaissance de ses pairs, voilà ce qu’est Hong Sang-soo.

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Critique de First Man, récit d’une tragédie héroïque https://erreur42.fr/critique-first-man/ https://erreur42.fr/critique-first-man/#respond Wed, 17 Oct 2018 14:18:33 +0000 https://erreur42.fr/?p=12593 Après deux films oscarisés, Chazelle propose un drame sur l'un des évènement historique les plus célèbres avec First Man.

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Un écran noir. Puis le chaos, un bruit assourdissant, la lumière, le vertige, la panique dans un cockpit de ferraille. Le point de non retour. Puis le calme. Et la chute à l’issue incertaine. Dès les premiers instants de First Man, Damien Chazelle nous embarque avec fébrilité dans une scène introductive à la fois brillante d’immersion et terrifiante de réalisme. Quatrième film faisant suite à La La Land et Whiplash, le récit de la conquête spatiale américaine du plus jeune réalisateur oscarisé était de ce fait attendu avec impatience mais aussi exigence, d’autant plus qu’il était produit par Steven Spielberg.

Pilote jugé « un peu distrait » par ses supérieurs en 1961, Neil Armstrong sera, le 21 juillet 1969, le premier homme à marcher sur la Lune. Durant huit ans, il subit un entraînement de plus en plus difficile, assumant courageusement tous les risques d’un voyage vers l’inconnu total. Meurtri par des épreuves personnelles qui laissent des traces indélébiles, Armstrong tente d’être un mari aimant auprès d’une femme qui l’avait épousé en espérant une vie normale.

Décrocher la Lune

First Man est avant-tout l’histoire d’un homme brisé par la vie qui va réussir à tout surmonter pour parvenir à son objectif, quitte à souffrir un peu plus. Et si on sait tous qu’il y parvient, c’est au prix de nombreux sacrifices et de difficultés. Récit de résilience complexe, First Man met en parallèle un deuil impossible et la volonté d’atteindre la lune dans une certaine métaphore qui hante l’ensemble des deux heures. Le film s’articule à travers la mort, l’échec, l’isolement, la peur. Des thématiques qui le rapproche plus du drame personnel que du film historique classique. Mais c’est paradoxalement ce qui renforce son réalisme. Pour raconter au mieux l’exploit, sa virtuosité, il fallait prendre une échelle humaine.

Et au centre de ce défi, la figure d’Armstrong interprétée par Ryan Gosling – dont le jeu monocorde ne lui sera pas reproché cette fois-ci – s’efface, intrigue. Il semble lui-même dépassé par ce qui est en train de se produire, tout simplement car s’il doit accomplir une tâche sans précédent, il considère qu’il s’agit surtout d’une question de travail, de préparation. Au détour d’une conférence de presse il dira tout simplement « On compte réussir le vol. » Un raisonnement à froid à l’image de sa personnalité, qui peut créer une distance avec le spectateur par manque d’attachement. Ou au contraire, permettre une immersion totale puisque sa personnalité ne prend pas de place contrairement a la figure ultra majoritaire des biopics. Choix audacieux qui laisse place à la subjectivité.

© Universal Pictures

Montrer l’impossible

Modèle de réalisation intelligente, First Man sait comment porter son propos. L’intimisme, si présent dans la majorité du long-métrage est tranché par des une réalisation qui sait avoir le sens du grandiose dans certaines scènes-clés tout en restant au plus près des personnages. La réussite visuelle passe aussi par la volonté d’utiliser le plus possible des effets mécaniques plutôt que spéciaux dans le film. Un travail technique porté par Nathan Crowley chef décorateur d’Interstellar mis en valeur par la photographie de Linus Sangren qui lui avait déjà collaboré avec Chazelle sur La La Land et remporté un oscar à cette occasion. La proximité avec La La Land et la passion du jazz du réalisateur ne s’arrête pas là puisque quelques petites références scéniques se glissent çà et là, tandis que la musique est une nouvelle fois composée par Justin Hurwitz dont le style, assez reconnaissable, convient parfaitement à l’angle émouvant choisi. Mais outre la mise en place d’une atmosphère particulière, ces différentes facettes vont permettre de mettre en exergue le succès final. Dont la séquence, elle aussi, sera à la hauteur de l’événement.

Le nouveau récit de Damien Chazelle est dans la digne lignée de la filmographie de son réalisateur et sait même surprendre. Un ton dramatique mais poétique se dégage, malgré une première impression de froideur, accentué par sa thématique de la nécessité de l’échec pour réussir, autre hypothèse centrale du long-métrage. Et c’est peut-être justement, dans les sentiments transmis aux spectateurs, l’un des films les plus juste dans cette catégorie. Probablement pas le plus proche historiquement, pas le plus exhaustif. Mais dans ce qu’il transmet, l’un des plus vrais.

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Critique de RBG, déclarée iconique https://erreur42.fr/critique-rbg/ https://erreur42.fr/critique-rbg/#respond Mon, 15 Oct 2018 12:41:49 +0000 https://erreur42.fr/?p=12400 Juge et féministe d'exception, Ruth Bader Ginsburg connait une vague de popularité innédite accompagné d'un documentaire qui l'est tout autant

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Présenté au Festival de Deauville après avoir créé la surprise aux Etats Unis, le phénomène RBG arrive en France. Véritable figure de proue du féminisme, le juge Ruth Bader Ginsburg s’est récemment transformée en icone de la pop culture. Un regain de popularité qui a entraîné un regard nouveau de toute une génération engagée sur celle qui a fait tant pour transformer lois et mentalités.

Comment présenter cette femme forte et atypique ? Couvrir son histoire et ses avancées si chargées ? Trouver une résonance dans l’époque où nous vivons ? Des défis qui n’ont pas arrêtés Betsy West et Julie Cohen, productrices et réalisatrices engagées déjà à l’oeuvre sur de nombreux documentaires.

A 85 ans, RUTH BADER GINSBURG, est devenue une icône de la pop culture . Juge à la cour suprême des Etats-Unis, elle a construit un incroyable héritage juridique. Guerrière, elle s’est battue pour l’égalité hommes/femmes, et toutes formes de discrimination. Son aura transgénérationnelle dépasse tous les clivages, elle est aujourd’hui l’une des femmes les plus influentes au monde et le dernier rempart anti-Trump. Betsy West et Julie Cohen nous font découvrir la fascinante vie de celle que l’on nomme désormais « Notorious RBG »

Pop-juge

Le genre du documentaire à toujours su évoluer, se moderniser et se placer en avant garde du cinéma fictionnel. Ses sujets, ses montages et ses narrations ont toujours fait figures de proue. RBG à en lui le bagage de tous les plus grands documentaires, journalistiques ou non, et sait exactement à quelle audience il s’adresse et pourquoi. Avec ce portrait en épisodes marquants de la vie de Ruth Bader Ginsburg, Betsy West et Julie Cohen font de ce documentaire celui d’une femme forte et actuelle. En le chapitrant, elles lui donnent son rythme de croisière, sans aucun temps mort, ne gardant que l’essentiel pour l’histoire comme pour le spectateur.

Entrecoupé d’interviews et de phrases fortes de RBG et ses proches, le documentaire gagne en crédibilité en s’intéressant également à ce qui pourrait être contradictoire pour la juge Ginsburg. C’en est justement l’exact opposé : la méthode de Ruth Bader Ginsburg a toujours été le dialogue, d’autant plus avec ce qu’on appellerait facilement « l’ennemi ». En basant le documentaire sur l’ouverture à la discussion de la juge, sur sa détermination à toute épreuve, le film transcende son sujet dans la forme comme sur le fond. En accordant tant d’importance à son combat qui se joue sur la durée et non dans l’instant, RBG transporte et émeut le spectateur qui se retrouve au cœur de l’injustice et du combat pour l’égalité qui lui importe tant.

À l’instar des « femmes de l’ombre », le documentaire trace également les traits de Martin D. Ginsburg, mari dévoué et touchant de bienveillance qui aura su s’effacer pour laisser sa femme devenir ce qu’elle est aujourd’hui.

En abordant un tel sujet sous un angle bienveillant envers les détracteurs mêmes de RBG, Julie Cohen et Betsy West nous offrent un documentaire passionnant et intelligent. Prônant le dialogue et l’écoute. Ne cherchant pas à simplement indigner le spectateur mais bien à l’impliquer durablement dans un combat qui dépassera la vie de Ruth Bader Ginsburg mais dont elle est, sans aucun doute, la pierre angulaire.

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Entretien avec Karey Kirkpatrick https://erreur42.fr/interview-karey-kirkpatrick/ https://erreur42.fr/interview-karey-kirkpatrick/#respond Sat, 13 Oct 2018 10:45:46 +0000 https://erreur42.fr/?p=12571 Scénariste de métier il a connu le succès très jeune avec Chicken Run et revient présenter son premier film ce mois-ci : Yéti et Compagnie

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Nous avons eu la chance de nous entretenir longuement avec Karey Kirkpatrick lors du dernier Festival d’Annecy. Scénariste de métier il a connu le succès très jeune avec Chicken Run, oeuvre culte qui a marquée toute une génération. Il revient sur son attrait pour l’animation, sa vie et nous donne même quelques informations sur Chicken Run 2 !

Il présente son premier film ce mois-ci : Yéti et Compagnie, qui sort en salles le 17 octobre et raconte l’histoire d’un jeune yéti qui découvre l’existence des humains et du mensonge qui l’entourait.

Que raconte Yéti et compagnie ?

Yéti et compagnie raconte l’histoire de Bigfoot mais inversée. Il y a le mythe du Bigfoot, l’abominable homme des neiges, le yéti, ou peu importe comment vous l’appelez, et ce film a pour postulat des yétis qui vivent dans l’Himalaya et qui croient que les humains, qu’ils appellent « Petits pieds » n’existent pas, que ce sont des créatures mythiques. Alors on s’est amusé à prendre le mythe du Bigfoot et l’inverser.

Pourquoi avoir choisi de raconter cette histoire-là ?

Et bien, cette idée venait au départ de Sergio Pablo qui a créé le film et la franchise Moi, Moche et Méchant et je pense que ce que cela nous permet de raconter un conte satirique très allégorique. C’est à propos de la peur de l’autre. Nos yétis vivent dans ce monde primitif, une montagne qui dépasse les nuages et selon leurs croyances, leur monde est une île, unique dans le monde. Ils vivent dans les nuages et en-dessous, il n’y a rien. Vous savez, rien que ce concept nous permet de nous moquer, de rire de l’ethnocentrisme. La plupart d’entre-nous, peu importe d’où nous venons, de quelle peuple, de quel pays, avons tendance à voir le monde de notre point de vue et tout le reste devient «étranger». Ce film nous a permis d’en parler d’une manière très comique et d’en faire des personnages moyenâgeux en quelque sorte. Vous savez, comme ces vieilles cartes médiévales montrant les bateaux tombant du rebord de la Terre. La façon dont le monde était perçu avant que les gens ne soient plus éclairés. Cela nous permet de raconter une histoire comme celle-ci, à travers le point de vue des yétis. Et puisque qu’ils sont d’une certaine manière primitifs, cela nous a permis d’utiliser l’humour dans leur perception de nous. Tout simplement.

Comment avez-vous ressenti cette expérience en tant que réalisateur ?

D’un côté, c’est difficile à cause du volume de travail. Avoir la responsabilité d’écrire Yéti et compagnie, de co-écrire les chansons et dans le même temps de le réaliser, c’est beaucoup de boulot. C’est trois fois plus de travail que si je l’avais seulement réalisé. Mais de l’autre côté, cela m’a permis d’être au centre de tous les changements. Bien souvent, ce qui est difficile dans la réalisation, c’est de faire en sorte que les voix dissonantes arrivent à s’entendre pour raconter la même histoire. Aussi, travailler sur ces trois aspects fait disparaître cette difficulté, car je sais quelle histoire j’essaie de raconter, je sais le ton que j’essaie d’employer. Dans ce sens-là, cela a rendu les choses un peu plus simples, il y a moins de quiproquos. Mais c’était énormément de travail.

Vous avez déjà travaillé sur des films d’animation célèbres tel que Nos voisins les hommes en temps que réalisateur ou Chicken Run comme scénariste et aujourd’hui vous réalisez Yéti et compagnie. Qu’est ce que vous aimez dans l’animation ?

Ce que j’aime vraiment dans les films d’animation, c’est que ce sont nos fables contemporaines. Il y  a des centaines d’années, nous avions les fables d’Ésope, les contes des frères Grimm, des histoires comme Jack et le Haricot magique. C’était des allégories sur des problématiques quotidiennes très larges (Des problèmes moraux ?) Oui absolument, et je pense que l’animation permet de repousser les limites comiques, visuelles : cela permet de raconter des satires sociales sous forme allégorique. C’est à la fois divertissant mais il y a un fort message derrière et je pense que les messages sont précieux pour les plus jeunes spectateurs. Parce que je pense que les enfants, qu’ils le réalisent ou non, vont voir ces films pour apprendre comment vivre leur vie et il y a des valeurs qu’ils peuvent imiter en regardant d’autres lutter. Par exemple dans Yéti et compagnie, le mensonge est un des grands thèmes du film. Les yétis vivent dans le mensonge, celui que les humains n’existent pas et on leur a appris à vivre dans la peur de l’autre. Il est plus facile de simplement prétendre qu’ils n’existent pas plutôt que d’essayer de coexister avec eux. La question est de savoir quand vous faites face à un mensonge avéré ou à la vérité, que faîte-vous ? Nos personnages font d’abord le mauvais choix puis finissent par faire le bon choix. Aussi je pense que c’est une leçon importante non seulement pour les enfants, mais pour les adultes également. Et parce que c’est animé, puisque ce sont des yétis, puisque c’est musical, cela appuie la comédie ce que je pense met en valeur la satire sociale et l’allégorie. Cela me plaît énormément. Sur tous les films sur lesquels j’ai travaillé, il fallait cette qualité-là pour m’intéresser. S’il n’y a pas, d’une manière ou d’une autre, un élément de satire ou de la subversion, je ne trouve pas cela si intéressant.

Pourquoi avez vous choisi de venir au festival d’Annecy pour présenter Yéti et compagnie ?

Je crois que la décision a été prise par Warner Bros. et Warner Bros. Animation. Ils étaient là l’année dernière et je pense qu’ils ont été présents plusieurs années. Je pense qu’il n’y a pas de meilleur endroit pour présenter le film, en particulier pour nous, pour Warner Bros. Animation. C’est enraciné dans l’histoire du studio, avec les Looney Tunes entre-autre. J’ai été élevé avec Bugs Bunny, Daffy Duck que je regardais encore et encore enfant, donc tout cela fait partie de moi. Cela a très tôt façonné ma vision de la comédie, mon sens de l’animation, le style « squash and stretch ». Il était normal pour moi de faire partie de cette tradition et de venir ici, à Annecy. (Et cela, je veux dire, le niveau d’amour pour l’animation est vraiment… Voir les gens faire la queue pour à la fois voir des court-métrages animés ou ce que les studios préparent, cet amour de l’animation. Voir ces visages de fans, ces visages derrières ces écrans d’ordinateurs, ceux qui normalement… )est très gratifiant pour nous parce que les fans d’animations peuvent tout aussi bien rester traîner dans leur lit avec leur ordinateur portable. Peu importe où il vont regarder tout ça. Et bien, nous faisons la même chose lorsque nous créons ces films. Me concernant, pour la réalisation de Yéti et compagnie. J’étais en gros dans trois pièces différentes la plupart du temps, devant un écran, en concertation avec d’autres personnes. Donc aller dehors, être parmi les gens (dans la vie réelle), oui voilà, parmi ces gens qui aiment l’animation à ce point c’est… Je veux dire, je sais que nos films sont plébiscités par le public, mais il y a toujours cette fan base, ces gens qui aiment vraiment l’animation. Ceux qui l’aiment comme cela, je pense que ce sont ceux qui nous font rester sur nos gardes, artistiquement parlant. Parce que quand vous voulez venir à un endroit comme Annecy, vous vouez montrer votre film, et que les gens se disent « Oh ! C’est vraiment très bien ! ». C’est un public très exigeant quand ils sont au fait de toutes les sortes d’animations. Peu importe la référence que vous utilisez, ils la saisiront. Donc vous avez intérêt à assurer.

Dernière question : parlons un peu de Chicken Run. Un sequel a été annoncé pour 2019. Qu’est ce que cela vous fait de travailler dessus, dix neuf ans après le premier ?

C’est formidable. Le premier film était très particulier pour moi. J’étais assez jeune, je débutais ma carrière. C’était un cadeau de me faire travailler sur une si grande idée, avec des types si talentueux, tels que Nick Park et Peter Lord. J’ai été sur ce film pendant trois ans et demi, c’était l’une des expériences créatives les plus enrichissantes en trente ans de carrière. Donc y revenir, revoir ces personnages, des années après, ça m ‘a rendu un peu nerveux. Ce à quoi ça allait pouvoir ressembler. Mais une fois que vous êtes assis et que vous commencez à écrire leurs noms, leur façon de parler, tout ça, c’est ancré en moi. Et j’écris avec John O’Farrel que j’ai rencontré sur le premier Chicken Run et qui a repris quelques dialogues. Nous travaillions tous les deux dessus. D’ailleurs, je vais à Bristol lundi, voir de quoi ont l’air les premières séquences. Nous avons écrit pendant deux ans, et ils en ont enfin débuté le processus de réalisation. C’est génial, c’est une bonne histoire et je pense que ce sera divertissant. En tout cas, je l’espère pour une suite qui sortira vingt ans après le premier. Ce qui est bien à ce propos, c’est que le premier a été de plus en plus aimé au fil du temps, et maintenant il y a toute une jeune génération qui ont grandi avec le film, qui maintenant ont la vingtaine et qui reverront Chicken Run. C’est merveilleux.

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Critique de A Star is Born, petite étoile deviendra grande https://erreur42.fr/critique-a-star-is-born/ https://erreur42.fr/critique-a-star-is-born/#respond Wed, 10 Oct 2018 14:20:10 +0000 https://erreur42.fr/?p=12544 Bradley Cooper s'essaye à la réalisation avec une Lady Gaga renversante, mais le film est-il à la hauteur des ces talents ?

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Présenté à la la Mostra de Venise, A Star is Born signe le grand retour d’un acteur qu’on ne présente plus, Bradley Cooper. En effet, depuis la réception mitigée de War Dogs, Bradley (Rocket) Cooper se fait particulièrement discret. La raison ? Son passage inattendu derrière la caméra (la première fois de sa carrière) pour réaliser une troisième adaptation de A Star is Born (initialement réalisé par William Wellman en 1937).

La tâche s’avère d’autant plus difficile à réussir que celui-ci met en scène son propre personnage, Jackson Maine. Il est aux côtés d’Ally, une jeune chanteuse au talent émergent, interprétée ni plus ni moins par la chanteuse Lady Gaga qui se retrouve ainsi pour la première fois en tête d’affiche d’un long-métrage. Un projet trop ambitieux ou la naissance d’un grand réalisateur : que vaut vraiment Bradley Cooper derrière la caméra ?

Star de country un peu oubliée, Jackson Maine découvre Ally, une jeune chanteuse très prometteuse. Tandis qu’ils tombent follement amoureux l’un de l’autre, Jack propulse Ally sur le devant de la scène et fait d’elle une artiste adulée par le public. Bientôt éclipsé par le succès de la jeune femme, il vit de plus en plus de mal son propre déclin …

Viser le soleil pour toucher les étoiles

Certaines histoires sont conçues pour traverser les générations tout en gardant la même puissance émotionnelle, remake après remake. Tel est le cas du film Une étoile est née, déjà adapté à deux reprises au cinéma avec les duos Judy Garland / James Mason en 1954 et Barbra Streisand / Kris Kristofferson en 1976. Cette version remise au goût du jour par Bradley Cooper se devait d’être fidèle tout en proposant de nouvelles saveurs surprenantes et inattendues.

Dans un premier temps, le long-métrage s’ouvre sur un Bradley Cooper métamorphosé en rocker Springsteenien, guitare à la main prêt à affronter une foule en délire. Le ton est donné : Cooper souhaite instaurer sa propre patte artistique à un long-métrage qui n’a plus grand chose à prouver, contrairement à son créateur. En effet, avec une caméra constamment en mouvement, des plans étouffants mettant en valeur le moindre détail corporel du chanteur et des séquences de concerts parfaitement mises en scène, Bradley Cooper assume avec audace son nouveau poste derrière la caméra. Influencé par ses précédentes collaborations avec des réalisateurs de renoms (Clint Eastwood notamment), l’acteur parvient à créer une parfaite alchimie pour mettre en valeur diverses émotions transmises par les personnages.

Sous le feu des projecteurs

Si cette nouvelle adaptation révèle un réalisateur rempli d’ambition et de talent, elle parvient surtout à donner naissance à une actrice qui fera sans doute parler d’elle pendant encore bien longtemps : Lady Gaga. En effet, la « Queen of Pop », pour son premier grand rôle au cinéma est tout simplement rayonnante de justesse. Touchante de la scène aux coulisses, Gaga représente avec brio le conflit intérieur que rencontre son personnage. Évidemment parfait sur scène, le duo Gaga/Cooper fonctionne à merveille et nous offre ainsi une histoire d’amour touchante et passionnante. Le couple était comme destiné à se retrouver : l’un s’essaye au chant, l’autre à la représentation théâtrale. Cette inversion des rôles renforce bien le contraste déchirant qui se creusera tout au long du film entre les deux personnages.

Pourtant, derrière cette poésie se cache quelques fausses notes. En effet, certains pourront regretter la rareté émotionnelle procurée par certains morceaux, faisant de « Shallow » le seul titre véritablement marquant de ce long-métrage. Enfin, il est utile de noter que le film s’essouffle sur sa seconde moitié, cette dernière voulant trop insister sur le déclin d’un Cooper aux abois, négligeant ainsi le personnage de Lady Gaga perdue dans un tourbillon.

Bien que copiant le calque scénaristique de ses prédécesseurs, Bradley Cooper nous offre avec A Star is Born, un nouveau remake audacieux et efficace, permettant ainsi la révélation de Lady Gaga, autant à l’aise sur scène que devant une caméra. Contrairement à ses prédécesseurs, cette nouvelle adaptation signe le renouveau d’un mythe créateur, qui l’on espère, révélera d’autres étoiles dans les années à venir.

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Critique de Climax : Flashdance chez Dante https://erreur42.fr/critique-climax/ https://erreur42.fr/critique-climax/#respond Mon, 01 Oct 2018 13:52:23 +0000 https://erreur42.fr/?p=12507 Poursuivant sa filmographie irrévérencieuse, Gaspar Noé entre dans l'univers de la drogue et de la fête. Plongée cauchemardesque ou grandiose ?

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Subversif. Choquant. La promo de Climax fait mouche : ce sera du Gaspar Noé pur jus. Mais en mieux. Ou en pire, selon l’admiration ou le mépris que l’on porte au réalisateur à la filmographie excessive. Après Irréversible ou encore Love, le cinéaste italo-argentin poursuit son oeuvre controversée et remporte avec Climax l’Art Cinema Award à la Quinzaine des réalisateurs du Festival de Cannes 2018. Le film, comme l’attribution du prix, ont été le sujet d’une polémique. Rien de moins surprenant ? Pas sûr…

En 1996, à l’appel d’une chorégraphe de renom, un groupe de danseurs urbains se retrouvent dans un local de répétition isolé en bordure d’une forêt, par un temps enneigé. À l’issue de la répétition, les danseurs se lancent dans une fête pour décompresser. Mais très vite, il apparaît que quelqu’un a versé une substance illicite dans la sangria qu’ils buvaient.

L’assagissement d’un enfant terrible

Le film se veut être à la hauteur de ce qu’a accompli Noé jusqu’à présent. Et même aller au-delà, si l’on en croit la gradation de la bande-annonce (« Vous avez (…) maudit Love, venez fêter Climax« ). Pourtant il faut admettre que le propos, bien que brutal, est loin de sortir des sentiers de l’horreur grand public. Si on entendait des critiques dénoncer, à cor et à cri la crudité de l’image, dans Climax peu de choses vont jusque dans une forme d’immoralité ou de violence explicite. Remplacées par une abondante utilisation de sous-entendus et autres hors-champs si chers aux productions banalisées du genre. Cela fait de Climax l’oeuvre la plus accessible de Noé. Bien que ses admirateurs se sentiront probablement lésés. Et ce serait dommage.

Catharsis et sangria

L’erreur serait de résumer les attentes et le film à ses travers exultés. Certes, la plongée dans les enfers se fait d’autant plus profonde et chaotique qu’elle est soigneusement mise en scène. C’est lorsque tout s’accélère que la dynamique devient inévitable. L’exemple d’une séance vivante qui va plus loin que ce qu’elle montre et in fine, emporte. Mais c’est aussi toute la technique qu’il faut saluer. Le chaos si cher à Noé, a ses limites artistiques semble-t-il. De part la photographie d’abord, toujours brillamment orchestrée par Benoît Debie – qui avait déjà travaillé avec Noé à maintes reprises. D’autant plus pertinente ici qu’elle participe à la désorientation du spectateur. Mêlée aux cris, à la prise de vue désaxée et la musique omniprésente, c’est une véritable expérience sensorielle qui veut se rapprocher de celle des personnages. Sans risque.

Toutefois, si l’on veut bien s’immerger dans le film, il faut passer par une première partie très verbeuse aux séquences injustement longues. Mais coup de théâtre, elles aussi sont sauvées par les scènes de danse. Cas d’école, elles joignent chorégraphies individuelles et collectives exceptionnelles, et réalisation agréablement surprenante. Ce qui nous amène finalement aux acteurs : danseurs avant tout, leur compétence n’est plus à prouver. Pour ce qui est du jeu, tout reste très naturel malgré quelques faux pas localisés.

Climax n’a pas grand chose du film polémique. Ni dans le contenu, ni dans les intentions. S’il n’est pas à mettre dans toutes les mains, ils suit le registre assez classique de l’horreur. C’est dans sa forme qu’il se démarque et prend toute son ampleur. Mais cela ne serait pas lui rendre honneur que de le sur-intellectualiser. C’est avant tout une création qui sublime la monstruosité humaine et dont le cinéma est le medium qui convenait le mieux. Au final, Climax doit être pris comme ce qu’il est : un ballet macabre.

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Critique de Les Frères Sisters : le cauchemar américain https://erreur42.fr/critique-les-freres-sisters/ https://erreur42.fr/critique-les-freres-sisters/#respond Tue, 25 Sep 2018 14:37:24 +0000 https://erreur42.fr/?p=12466 Les Frères Sisters de Jacques-Audiard, western très attendu en raison de son casting de luxe et de son réalisateur acclamé, convainc-t-il ?

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Le genre du Western semble ne jamais vouloir mourir. Il retrouve même vitalité à intervalles réguliers. Depuis Le Vol du Grand Rapide en 1903, le genre a été décliné encore et encore, et semble rester miraculeusement moderne malgré sa dimension historique.

En 2018, après un Hostiles déjà largement discuté, c’est maintenant à Jacques Audiard (Un Prophète, Dheepan) de saisir colt et stetson et de nous emmener dans le terrible far-west avec son adaptation du livre éponyme de Patrick deWitt. Casting de luxe, visuels forts et réalisateur acclamé, Les Frères Sisters a tout pour être un choc absolu. Qu’en est-il réellement ?

Charlie et Elie Sisters évoluent dans un monde sauvage et hostile, ils ont du sang sur les mains : celui de criminels, celui d’innocents… Ils n’éprouvent aucun état d’âme à tuer. C’est leur métier. Charlie, le cadet, est né pour ça. Elie, lui, ne rêve que d’une vie normale. Ils sont engagés par le Commodore pour rechercher et tuer un homme. De l’Oregon à la Californie, une traque implacable commence, un parcours initiatique qui va éprouver ce lien fou qui les unit. Un chemin vers leur humanité ?

Le Sang des Frères

Les Frères Sisters est absolument brillant, en premier lieu dans son scénario, grandement centré autour de personnages complexes aux relations ambiguës. D’abord les Frères Sisters, Eli (John C. Reilly) et Charlie (Joaquin Phoenix). Unis par le sang, l’habitude et l’avarice mais divisés par tout le reste. Ils vont s’engager dans une mission absurde qui les mènera au limite du territoire, mais aussi de leur association. Eli est un homme simple, vrai, prêt à tout par amour sincère pour son frère. Charlie, à l’inverse, est ingrat, idiot et ultra-violent. Mélancoliques, durs et introvertis, la relation entre ces deux personnages est complexe et éprouvé au fil du film avec une authenticité touchante.

Avec les deux autres personnages – John Morris interprété par Jake Gyllenhaal et Hermann Warm joué par Riz Ahmed – ils semblent évoluer dans un immense vase clos où l’on voit naître, avec une certaine fascination, des amours et des antagonismes inattendus. C’est véritablement ce soin immense apporté à la construction des personnages et à la richesse de leurs interactions qui porte le film.

Mais à travers l’aventure de ces quatre hommes,  on voit aussi une autre interprétation des thèmes centraux des westerns : la genèse de la société américaine dans un monde sauvage et les limites des individus mis à l’épreuve dans cette sauvagerie. Le far-west a toujours été ce symbole d’un monde sans foi ni loi dans lequel la justice, la paix et la civilisation doivent émerger. Ici nous avons quatre archétypes qui se rencontrent : l’homme de violence, l’homme de cœur, l’homme de science et l’homme de lettres. Les deux premiers sont à leur place dans cette lutte permanente; les deux autres sont ceux qu’on glorifie aujourd’hui, mais en ce temps, leur heure n’est pas venue. Alors que les frères Sisters sont rois du monde parmi les bêtes, leur attrait pour le progrès et leur capacité à faire confiance sont testés. Ils sont récompensés pour leur bestialité; mais avec Morris et Warm, ils sont punis pour leur humanité.

Le film réussit le tour de force de mettre en scène ce développement fabuliste autour de personnages archétypaux sans leur faire perdre leur réalisme et leur profondeur. Tout cela s’inscrit dans une histoire très efficace, riche en rebondissement et en tensions.

Les Frères de Sang

L’intelligence du film est également soulignée par des qualités visuelles indéniables. La réalisation est soignée. Formellement typique du genre, elle met l’emphase sur des éléments typiques, comme les décors sublimes de la campagne américaine. Des scènes se démarquent du reste par une identité particulière (les transitions effectuant un effet de focus sur un élément narrativement important par vignetage par exemple). Mais c’est surtout la photographie qui donne son caractère au métrage. Appuyant sur certaines scènes avec une ambiance particulière, l’esthétique du western est déclinée sous tous les angles. La débauche, la violence, la noirceur mais aussi sa sécheresse, toutes ces thématiques sont appuyées dans un travail minutieux.

Les Frères Sisters marque immanquablement par son traitement de l’action et de la violence. Contrairement aux westerns de Quentin Tarantino, la violence n’y est jamais jouissive. Les tueurs ne sont pas glorifiés, ils sont juste à leur place. Les batailles ne sont pas lisibles et satisfaisantes; elles sont brutales, fouillis, confondantes et dans un certain sens frustrantes. Les coups de feu ont un aspect particulier : une grande gerbe d’étincelles et un bruit sourd. Comme un coup dans la poitrine. Si la mort est banalisée pour les personnages, la violence reste pénible pour les spectateurs.

Cependant, Les Frères Sisters ne fera pas l’unanimité. Les personnages introspectifs et les dialogues décalés peuvent rendre l’implication et l’attachement difficiles. Le rythme du film est assez lent, appuyant la mélancolie, savourant les moments de calmes, diluant la tension. Certaines scènes qui mériteraient d’être des pinacles dramatiques sont traitées avec trop de distance et souffrent d’un manque de dramatisation.  Traitant d’attachements artificiels, du virilisme et de son rejet dur de l’honnêteté, Les Frères Sisters peut paraître froid et détaché. Mais ces défauts sont superficiels et tiennent plus du ressenti que de problèmes réels dans la construction du film.

Les Frères Sisters est un film riche et efficace. Il est plastiquement soigné, avec des plans déjà iconiques, des idées de réalisation audacieuses et de réelles performances techniques (comme la scène finale). Jacques Audiard brille assurément. La narration est efficace, se centrant autour de personnages intéressants parfaitement interprétés par des acteurs géniaux. L’histoire n’en est pour autant pas délaissée, pleine de voyages, de surprises et de tragiques retournements.

C’est d’abord une tragédie violente, traitant de la famille et de l’amitié. Mais c’est aussi un film politique, mettant en scène la guerre de tous contre tous. Et sa fin, avec la naissance de la société par l’association des hommes et les plaisirs joyeux de la vie moderne. On vit le film comme une marche forcée hors de la violence, le monde prend son prix mais les lendemains sont moins sombres grâce à nos frères et sœurs.

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