Erreur42 https://erreur42.fr Le geek passionnément ! Sun, 16 Jun 2019 09:20:36 +0000 fr-FR hourly 1 https://erreur42.fr/wp-content/uploads/2016/01/cropped-favicon-1-32x32.png Erreur42 https://erreur42.fr 32 32 Nos séances de Mai https://erreur42.fr/nos-seances-de-mai/ https://erreur42.fr/nos-seances-de-mai/#respond Sun, 16 Jun 2019 13:30:46 +0000 https://erreur42.fr/?p=13296 Au mois de mai, nous avons été bien occupés avec le Festival de Cannes. En contrepartie, ça aurait été un mois riche en séances et en découverte ou nous avons préparés nos cartouches de recommandations pour les années à venir. Plus que jamais,nous sommes armés à vous dire ce qui était bon et ce qui […]

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Au mois de mai, nous avons été bien occupés avec le Festival de Cannes. En contrepartie, ça aurait été un mois riche en séances et en découverte ou nous avons préparés nos cartouches de recommandations pour les années à venir. Plus que jamais,nous sommes armés à vous dire ce qui était bon et ce qui l’était moins en salles et en VOD en mai 2019 ; alors suivez nous !

Les notes sont données par le rédacteur ou la rédactrice qui a écrit la review. Les films sont classés du moins bien noté au mieux noté.


Cœurs Ennemis

Coeurs Ennemis est un film comme on ne devrait plus en faire. C’est un mélodrame ridicule sans inspiration ni originalité. Il condense deux films en un seul et réussit l’exploit de les rater les deux. D’abord une romance éculée, vue et revue, nourrie de sentiments fades et de performances stéréotypés, ensuite un film d’espionnage tout aussi cliché et d’autant plus nanardesque. Nous rappelant les pires années du cinéma Hollywoodien, il n’y a rien de bon à tirer de ce navet.

Note : 2/10 – Noté par Baptiste


Hellboy

A première vue, le projet de Neil Marshall s’avérait d’une étrangeté à toutes épreuves. Passant derrière les deux petites pépites de Del Toro, ce Hellboy 2019 avait pour objectif de dépoussiérer le mythe sans pour autant le dénaturer. Cependant, c’était sans compter sur le rendu final de cette nouvelle adaptation des comics : des effets spéciaux à la ramasse, un scénario infernal et pour couronner le tout, un personnage principal totalement dénaturé, à l’image du héros cliché contemporain. Ainsi, en échouant dans son principal objectif, Hellboy, version Neil Marshall n’est rien de plus qu’un énième produit d’usine dont la qualité n’a d’égal que sa futilité.

Note : 3/10 – Noté par Lucas


Le Jeune Ahmed

Le nouveau film des frères Dardenne, récompensé par le prix de la réalisation au festival de Cannes, est très loin d’atteindre le niveau des honneurs qui lui sont faits. S’attaquant à un sujet incroyablement délicat presque impossible à traiter avec justesse, le film prend tant de précautions qu’il finit par ne plus rien dire, ou alors l’inverse du message souhaité, dans des dangereuses dérives politiques. Mal joué et filmé avec un naturalisme facile et peu inspiré, il n’y a pas grand chose à sauver dans ce film supposément social paresseux et convenu.

Note : 5/10 – Noté par Baptiste


Godzilla II – Roi des Monstres

Cinq ans plus tôt, le lézard le plus titanesque du cinéma faisait son retour sur nos écrans, démolissant tout ses concurrent au box-office. Ainsi, ce troisième volet du monstervers de Warner (après Kong : Skull Island) nous promettait un spectacle hors du commun avec des visuels à couper le souffle. Mais finalement, c’est bien la seule chose à retenir de ce projet mené par Michael Dougherty, car si il est évident que l’action est nettement plus impressionnante dans celui-ci, il est également indéniable que le film endosse un scénario brouillon, voir ridicule. Finalement, ce Godzilla II tient malheureusement toutes ses promesses : plus spectaculaire, mais beaucoup moins inspirant.

Note : 5/10 – Noté par Lucas


The Dead Don’t Die

Lire la critique complète

Note : 5,5/10 – Noté par Baptiste


Sibyl

Véritable star du moment : Virginie Efira collabore avec Justine Triet pour la deuxième fois après Victoria. Sur la papier Sibyl avait tout pour plaire : du casting exemplaire au scénario intriguant. C’est dans l’exécution que la déception frappe, finalement très anecdotique et creux : les personnages semblent tourner en rond et le film se perd dans des intrigues futiles et secondaires sans jamais emporter le spectateur avec lui.

Note : 6/10 – Noté par Quentin


Aladin

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Note : 6/10 – Noté par Lucas


Duelles

Duelles est un film français racontant une animosité naissante entre deux femmes dans une banlieue pavillonnaire américaine des 50’s et, malgré sa différence avec ce qu’on voit habituellement dans le cinéma français, il ne convainc qu’à moitié. Se revendiquant de Hitchcock, le film met la barre trop haut et n’est pas au niveau avec son montage mou, son intrigue qui se désamorce en permanence et ses performances trop inégales. S’il n’est pas dénué d’intérêt, le film n’atteint pas le niveau de son maître.

Note : 6/10 – Noté par Baptiste


John Wick Parabellum

S’annonçant comme le dernier volet d’une trilogie portée par l’indétrônable Keanu Reeves, John Wick Parabellum avait cependant la lourde tâche de faire mieux que ses prédécesseurs. Pourtant, c’est bien avec brio que Chad Stahelski nous emporte une nouvelle fois dans une chasse à l’homme endiablée où les faux pas n’ont pas leur place. Même si l’omniprésence d’action pourra en laisser plus d’un sur la touche, ce troisième volet parvient à surprendre, tant dans sa composition que dans son esthétisme. On en redemande !

Note : 7/10 – Noté par Lucas


Pokémon Detective Pikachu

Un univers qu’on ne présente plus avec une aventure au schéma des plus classiques. Si l’adaptation ciné du jeu vidéo ne sort pas de l’ordinaire dans sa narration, il serait dommage de passer à côté. Une ingéniosité dans la présentation d’un monde merveilleux qui rattrape la prestation des acteurs pour le moins passable, excepté Ryan Reynolds qui double Pikachu. Entre hommage aux films noirs, humour ravageur et création 3D séduisante, le film réussit le pari du blockbuster familial, sans tomber dans le fan service à outrance.

Note : 7/10 – Noté par Azucena


Séduis-moi si tu peux ! 

Croiser un film politique et une comédie romantique n’était pas un choix évident. Choisir comme couple Charlize Theron et Seth Rogen encore moins. Et pourtant, l’audace se trouve aussi dans l’écriture. Avec un humour ravageur (et ravagé), le long-métrage dépeint un portrait sarcastique de la politique et de la crise des médias sans oublier de soigner les relations entre ses personnages. Sans tomber dans les clichés malgré une trame assez codifiée. Une agréable surprise.

Note : 7,5/10 – Noté par Azucena


Booksmart

Deux lycéennes la tête coincée dans leurs bouquins découvrent qu’il est possible de réussir ses études tout en s’amusant. Elles décident donc de rejoindre la dernière soirée de l’année avant leur remise de diplôme. Si les similitudes avec Supergrave sont évidentes, cette comédie indépendante, première réalisation d’Olivia Wilde connue pour son rôle de Numéro 13 dans Dr House (entre-autres) est une oeuvre parfaitement modernisée. Pop, drôle et consciente à l’image de ses deux héroïnes, l’aventure d’une nuit retrouve les thématiques classiques du teen movie, tout en proposant une mise en scène délurée. À voir !

Note : 7,5/10 Noté par Azucena


Rocketman

Si les films musicaux reviennent sur le devant de la scène depuis le succès de La La Land, les comédies musicales reprenant le concept de « music hall’ à proprement parler ont toujours eu plus de mal à s’imposer auprès du grand public (et ce malgré le succès surprise de The Greatest Showman l’année dernière). Alors quand un blockbuster de la qualité et de la créativité de Rocketman arrive jusque dans nos salles, on ne peut qu’encourager une démarche si noble, aussi bien dans sa forme que dans son fond, portée par des prestations exceptionnelles et des acteurs en grande forme.

Note : 8/10 – Noté par Quentin


Douleur et Gloire

Lire la critique complète

Note : 8/10 – Noté par Baptiste


Le Visionnage du Mois

Dans cette rubrique, les rédacteurs et rédactrices ont l’opportunité de revenir sur un film qui n’est pas une sortie récente mais qu’ils ont visionné ce mois-ci, qui leur a plu ou les a intéressé, et qu’ils souhaitent recommander.

Toute l’Histoire de mes Échecs Sexuels

A Complete Story of my Sexual Failures c’est là où les documentaires vont pour mourir. Chris Waitt, cinéaste indépendant entreprend d’interviewer ses exs pour savoir ce qui cloche chez lui. Entre harcèlement, agressions, manque de professionnalisme, errance et indécence, ce film est autant un documentaire sur les relations toxiques et les gens qui les font que sur comment ne PAS faire un documentaire… et pourtant c’est excellent. Une formule mystérieuse, un film unique à prendre avec des pincettes tout de même. – Recommandé par Baptiste

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Annecy 2019 : Critique de L’extraordinaire voyage de Marona https://erreur42.fr/critique-lextraordinaire-voyage-de-marona/ https://erreur42.fr/critique-lextraordinaire-voyage-de-marona/#respond Sat, 15 Jun 2019 11:23:59 +0000 https://erreur42.fr/?p=13486 Après un Cristal en 2011, la réalisatrice Anca Damian revient à Annecy pour L'extraordinaire voyage de Marona, une fable lyrique.

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D‘après les dires, on se repasse le film de sa vie au moment de mourir. Mais à quoi peut bien ressembler celui d’une jeune chienne, tout juste percutée par une voiture, alors que sa jeune maîtresse accourt auprès d’elle ? C’est le point de départ de L’extraordinaire voyage de Marona, sixième film de la réalisatrice roumaine Anca Damian, présenté en compétition officielle à Annecy.

Si le postulat de cette production franco-belgo-roumaine laisse clairement apercevoir le drame vers lequel se dirige Marona, personnage principale mi-dogue argentin mi-batarde, c’est une aventure délicate que propose le long-métrage. Et qui a déjà bien ému les spectateurs du festival.

Si l’on devait définir L’extraordinaire voyage de Marona en un mot, ce serait « poétique ». La narration se faufile entre lignes de dialogues émouvantes et créativité dans l’utilisation de son médium. Du point de vue de la petite créature à quatre pattes, doublée avec justesse par Lizzie Brocheré, tout un monde à la fois dur et fantasque prend vie sous nos yeux ébahis. Le texte, principalement composé de réflexions en aparté de Marona, amorce un poème doux-amer sur l’existence, ses instants de bonheur brefs mais précieux, sa souffrance parfois brutale et ses longs moments d’attente d’une nouvelle lueur. Une profondeur métaphysique pourtant accessible aux plus jeunes, bien qu’émotionnement chargée.

En outre, le film utilise l’originalité du point de vue de son personnage principal jusqu’au bout, faisant passer les émotions non seulement dans ses visuels, mais également dans les descriptions des odeurs, des ressentis instinctifs. Un voyage sensoriel ponctué par des actes narratifs biens distincts, le rapprochant du conte (Le titre anglais étant par ailleurs Marona’s fantastic tale). L’intrigue en elle-même, si elle suit une trame classique donc, est contrasté par la beauté de l’écriture et du parti pris global du film autour de la poésie et de la quête d’identité.

Il est, une fois n’est pas coutume, bien difficile de décrire visuellement l’animation du long-métrage. Le film foisonne de styles et de techniques, une particularité visuelle déjà vu dans le travail de Anca Damian notamment avec le documentaire en animation Le voyage de monsieur Crulic, vainqueur du Cristal au festival d’Annecy en 2011. Il s’agit dans L’extraordinaire voyage de Marona, d’un enchaînement de tableaux lyriques et presques surréalistes.  Un exercice de style dont la liberté sert le récit : des rayures d’un pull qui suivent un personnage telles des tentacules, aux cheveux qui noient l’écran pour un autre ; leurs designs reflètent en eux-même le caractère et les émotions de chacun. Alors que de l’autre côté les décors eux, interragissent avec Marona. Une force d’utilisation du médium qui fait aussi la richesse du long-métrage.

L’extraordinaire voyage de Marona est un film multiple. Multiple dans son style d’animation, multiple dans les émotions qu’il transmet, multiple comme les maîtres de Marona et donc ses vies. S’il n’est pas exempt de longueurs, il demeure une belle aventure lyrique et profonde. Accessible dans ses thématiques, il est une porte d’entrée dans une animation moins grand public, plus abstraite, sans perdre le spectateur pour autant. 

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Annecy 2019 : Critique de La Fameuse Invasion des ours en Sicile https://erreur42.fr/critique-la-fameuse-invasion-des-ours-en-sicile/ https://erreur42.fr/critique-la-fameuse-invasion-des-ours-en-sicile/#respond Wed, 12 Jun 2019 15:57:16 +0000 https://erreur42.fr/?p=13438 Lorenzo Mattoti s'attaque à l'animation avec l'un des plus célèbres conte italien : La Fameuse invasion des Ours en Sicile.

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Célèbre illustrateur de bandes-dessinées italien, Lorenzo Mattotti revient une deuxième fois présenter un long-métrage en compétition officielle à Annecy après Peur(s) du noir en 2008. Avec La fameuse invasion des ours en Sicile, il s’attaque à un classique de la littérature pour enfant transalpine. Une adapation également présentée à Cannes dans la sélection Un certain regard. De quoi s’intéresser de plus près à cette production aux grandes apsirations.

Tout commence en Sicile, le jour où Tonio, le fils de Léonce, roi des ours, est enlevé par des chasseurs… Profitant de la rigueur d’un hiver qui menace son peuple de famine, le roi Léonce décide de partir à la recherche de Tonio et d’envahir la plaine où habitent les hommes. Avec l’aide de son armée et d’un magicien, il finit par retrouver Tonio et prend la tête du pays. Mais il comprendra vite que le peuple des ours n’est peut-être pas fait pour vivre au pays des hommes…

Des montagnes exagéréments pentues, des personnages hauts en couleurs que ce soit dans le dessin ou dans leur caractère. Il n’y a pas de doute, La fameuse invasion des ours en Sicile sait planter un décor propice à l’émerveillement. Si le style de l’animation s’essaie à la 3D, elle reste suprenamment proche de l’illustration papier, dans ses formes douces et efficaces. Accompagnée d’une mise en scène rythmée et burlesque, elle montre tout le talent d’auteur de Mattotti pour l’image et ce qu’elle doit signifier en un coup d’oeil.

Si les visuels restent pour l’essentiel séduisants, créant un monde singulier ; et bien que le doublage demeure de grande qualité – avec notamment au casting de la VF l’actrice Leila Bekhti ou l’écrivain Jean-Claude Carrière – le fond comporte ses déséquilibres. L’axe narratif remplissant les codes de construction traditionnelle forme un conte moderne, amusant et lyrique qui n’oublie pas l’aventure dans sa première partie. Soit quelque chose de vu certes, mais qui rappelons-le est destiné à créer des héros accessibles aux plus jeunes sans bâcler les enjeux de son histoire. Cette partie-ci, qui ne fait en outre que la moitié du long-métrage, est l’adaptation « pure » de l’oeuvre de Dino Buzzati. Dans le sens où le scénario suit son modèle à la lettre. Ce qui aurait pu constituer l’ensemble du long-métrage lorsque l’on découvre malheureusement la seconde partie.

En effet, le propos de ce qui a été ajouté, proposant une relecture du conte est étrangement plus discutable. Alors que rappelons-le, le film date de 2019 et le roman de 1945. Ici, se voulant sempiternelle fable sur la difficile cohésion culture / nature  avec la cohabitation humains / ours entre-autres, la conclusion apportée interroge. Tendant au repli sur soi plutôt qu’à la cohésion sociale malgré les différences, à la morale religieuse plus qu’à la philosophie, le problème est de savoir s’il s’agit d’une maladresse ou d’une volonté scénaristique. Dans les deux cas, demeure un goût d’amertume déplaisant après visionnage.

Si La fameuse invasion des ours en Sicile s’est vue ouvrir les portes des plus grands festivals, c’est une oeuvre inégale qui au final, insatisfait. Le travail visuel d’exception  par un auteur aguerri est contrasté par des innovations scénaristiques, qui brisent le propos du livre. Et dérangent, même. Et dans un film adressé aux plus jeunes, c’est d’autant plus désagréable. 

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Critique de Aladdin, comme une impression de déjà-vu https://erreur42.fr/critique-aladdin/ https://erreur42.fr/critique-aladdin/#respond Sat, 01 Jun 2019 19:08:50 +0000 https://erreur42.fr/?p=13361 Adaptation sans saveur ou réinvention surprenante, que vaut vraiment ce Aladdin, version Guy Ritchie ?

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Nous sommes le 27 novembre 1996. Deux ans auparavant, les studios Disney intensifiaient une nouvelle fois leur domination sur le monde de l’animation avec Le Roi Lion, chef d’œuvre intemporel, se classant aujourd’hui à la troisième place des films d’animations les plus fructueux pour Disney (derrière La Reine des Neiges et Zootopie). Pourtant, ce succès ne suffisant pas au géant de l’industrie cinématographique, une idée germa dans l’esprit des producteurs : se servir du succès de leurs films d’animations pour produire des films en prises de vues réelles (live-action). Ainsi, cette révolution débutera en 1996 avec l’adaptation des 101 Dalmatiens par Stephen Herek, pour perdurer dans le temps jusqu’à devenir une véritable mine d’or pour la compagnie aux grandes oreilles, comptant désormais 11 remakes en prises de vues réelles à son actif. Mais 23 ans après la première adaptation en live-action de nombreuses critiques ont vu le jour, notamment sur le fait que ces adaptations restaient futiles et sans intérêt, jouant simplement sur la nostalgie de son public pour atteindre une certaine rentabilité.

C’est donc avec un certain recul et une évidente appréhension que le public voyait arriver dans les salles la version live-action d’une des œuvres les plus orientales de Disney : Aladdin. Pourtant, avec Guy Ritchie aux commandes et un come-back inattendu de Will Smith sous les traits du fameux génie, ce Aladdin version 2019 avait de quoi titiller la curiosité d’un grand nombre d’entre nous.

Quand un charmant garçon des rues du nom d’Aladdin cherche à conquérir le cœur de la belle, énigmatique et fougueuse princesse Jasmine, il fait appel au tout puissant Génie, le seul qui puisse lui permettre de réaliser trois vœux, dont celui de devenir le prince Ali pour mieux accéder au palais …

Faites place au Prince Ali(wood)

Moderniser sans dénaturer, voilà le principal objectif d’un réalisateur lorsque celui-ci s’emploie à adapter un classique dont la renommée n’a d’égal que sa qualité. Ainsi, adapter Aladdin était un défi de taille, mais évidemment réalisable, surtout lorsque Guy Ritchie a été annoncé pour le relever. Cependant, si le long-métrage vient à se démarquer de l’original, ce n’est clairement pas par son scénario, mais bien par sa modernité à toutes épreuves. Tout en restant fidèle aux matériaux de base, Ritchie souhaitait donner un second souffle à une œuvre dont le charme résultait d’une folie créatrice en terme d’animation, mais aussi d’un côté cartoon totalement assumé. C’est donc avec un certain ravissement que nous prenons plaisir à retrouver les thèmes musicaux d‘Alan Menken, dont les sonorités restent fidèles aux partitions originales tout en adoptant un air plus moderne en accord avec le renouvellement promis lors de l’annonce de cette nouvelle adaptation.

Néanmoins, cette modernité possède également ses limites, notamment sur l’absence d’un humour cartoonesque qui est tout simplement mis de côté, comme le montre parfaitement le traitement des personnages du petit singe Abu et du sournois perroquet Lago, tout deux relégués au rang de simples figurants. Ce manque d’ambition créative est également présent chez le reste des personnages, passant d’un Jafar insipide à un Aladdin tout juste convaincant. Finalement, c’est bien le personnage de la princesse Jasmine, interprété par la toujours très juste Naomi Scott, qui vient voler la vedette à tout ce petit monde. En effet, cette adaptation d‘Aladdin se veut être plus féministe que son prédécesseur, donnant ainsi une place centrale au personnage de la princesse bien souvent reléguée au rang de simple outil scénaristique. Guy Ritchie, de par ce choix audacieux mais finalement très judicieux, inclut ainsi des problématiques de son temps tout en restant fidèle au récit fondateur. Mais finalement, malgré une touche de modernité omniprésente, le film reste toujours à des années lumières de la féerie et de l’émotion que pouvait procurer le film d’animation à sa sortie. Cela s’explique notamment par des effets spéciaux grotesques et sans saveurs : ironique, quand on sait que le live-action était censé donner une nouvelle touche de réalisme à l’œuvre originale …

Une adaptation (trop) fidèle

Si l’on doit retenir ne serait-ce qu’une chose de ce Aladdin, c’est bien son amour et sa fidélité pour l’œuvre originale. Les plus sceptiques d’entre nous diront qu’il est normal qu’une adaptation soit fidèle à celui qui l’inspire.M en prenant un certain recul, nous ne pouvons que regretter cette paresse créatrice, surtout venant d’un amoureux de la mise en scène comme Guy Ritchie. Contrairement à ses précédentes création, la patte artistique du réalisateur est difficilement identifiable : restriction de la société de production ou simple renoncement du réalisateur, difficile à dire …

Pourtant, cette fidélité est quelques fois utile au long-métrage, notamment sur l’environnement mise en place par Ritchie. Fortement inspiré de Bolywood, le film est constamment bercé par un florilège de couleurs et de paillettes (notamment durant les scènes musicales particulièrement réussies), qui permettent de donner un souffle réaliste et féerique à la ville d’Agrabah.

S’inspirant de toutes les réussites de l’animé, le film est également convaincant durant les scènes où Will Smith, impeccable en génie, nous montre l’étendue de ses qualités de showman. Mais malgré toute sa bonne volonté, celui-ci ne parvient pas à faire sortir le film d’une certaine dépendance de l’œuvre originale, comme si la nostalgie avait finalement enterré toute tentative de création.

Loin d’être un désastre, cette nouvelle version d’Aladdin reste tout de même sans grand intérêt. En conservant tout les aspects à l’origine du succès du film d’animation, Ritchie choisit la sécurité, oubliant ainsi son statut de réalisateur à la patte artistique originale qui donnait une véritable personnalité à chacun de ses films. Finalement, cet Aladdin version 2019 est loin de faire oublier l’œuvre originale et n’est rien de plus que le symbole d’une industrie qui peine à se renouveller, tant l’atout marketing d’une nostalgie grandissante n’a jamais été aussi importante qu’aujourd’hui.

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Cannes 2019 : Critique de Vivarium https://erreur42.fr/critique-vivarium/ https://erreur42.fr/critique-vivarium/#respond Fri, 31 May 2019 16:45:37 +0000 https://erreur42.fr/?p=13377 Déroutant, le second film de Lorcan Finnegan réussit-il son pari d'oeuvre à la croisée des genres ?

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Co-production belgo-irlandaise, Vivarium est une expérience déroutante et profonde offerte par le réalisateur Lorcan Finnegan, pour la première fois sélectionné à la Semaine de la Critique. Bénéficiant d’une visibilité modeste, le film présente pourtant un volet intéressant du genre, reprenant ses sources classique qui reposent sur l’atmosphère et la mise en scène.

Sous un ciel aux nuages identiques tout droit sortis d’une oeuvre de Magritte repose un quartier idyllique de banlieue américaine. Malgré la couleur verdâtre des maisons et l’absence de voisinage apparent, voici le cadre d’un départ d’une nouvelle vie commune pour le jeune couple que constituent Gemma et Tom. Une situation surréaliste, à l’image du décor, les amène à visiter l’une des demeures puis rester seuls, coincés dans cette parodie à grande échelle de la vie moyenne de l’homo sapiens occidental, après que l’agent immobilier tout aussi inquiétant, a pris la poudre d’escampette. Et ça, ce n’est que le début d’une escalade dans la terreur que constitue Vivarium.

À prendre comme un épisode de la quatrième dimension, de l’aveu même de Charles Tesson, délégué général de la semaine de la critique lors de la présentation du film. Cette oeuvre sans équivalent constitue un pan à part en tiers de la présentation cannoise. Parfaitement ancrée dans le genre, elle repose sur quelque chose de simple, de part son postulat (le titre n’est évidemment pas un hasard et le spectateur le comprend très vite) mais également par sa démarche. En montrer le moins possible, laissant le spectateur face à lui-même et la perversité de son imagination, tout en voyant la situation se dégrader inéluctablement sous ses yeux. C’est donc une terreur lente, insinueuse que propose le cinéaste irlandais, qui n’entre jamais totalement dans l’horreur pure mais va bien au-delà du thriller. Tel Paranormal Activity, il ne se passe en soi pas grand chose d’époustouflant mais c’est ce qui donne une substance organique, étouffante et cynique à l’œuvre. Une maîtrise magistrale.

Outre ces aspects déjà bien séduisants, Vivarium offre un regard sur la déliquescence d’un couple enfermé dans un quotidien qui les dépassent, comme pris au piège (littéralement) et cherchant chacun des moyens de fuite. Quitte à se séparer le plus possible, au lieu de se soutenir. Si ce n’est pas l’essentiel du long-métrage, qui par la création de l’atmosphère est une démonstration de style, il y a quand même un regard fataliste porté à la prétendue vie qui se trouve dans la routine et l’absence d’opportunités. Ce qui conduit à une absence de but et à une errance plus qu’à une vraie vie. Il est là aussi, le vivarium. Dans ce cadre mais aussi dans l’angoisse, le film peut compter sur ses deux acteurs phares : Imogen Poots et Jesse Eisenberg. Une performance qui gagne à être soulignée par sa justesse et son empathie efficace. On ne sait presque rien de la vie de nos protagonistes avant l’événement, mais en quelques lignes de dialogues et deux regards, une véritable complicité s’installe et l’on se prend d’affection pour ces inconnus, qui le resteront jusqu’au bout finalement. La réalisation de son côté, est en soi assez classique, mais trouve des moments de grâce via la mise en scène expressive et l’utilisation riche de ses décors uniques. Si la photographie, très appréciable elle aussi, est le plus souvent employée pour mettre en valeur l’image, Vivarium marque aussi la mémoire par son environnement déroutant de mimétisme malsain. Une parodie comme un énième cynisme jeté au visage des protagonistes et par là même, au spectateur.

Vivarium est un long-métrage à part entière au cœur même du genre. Comme évoluant dans une oeuvre surréaliste se raccrochant au réel pour mieux le détourner, le film crée un décalage incessant entre ce qui semble familier et la détresse de l’absence de vie. Tout en demeurant très accessible malgré tout et parlant aux amateurs de l’étrange. Il reste un sentiment profond et douloureux en fin de projection, mais réellement satisfaisant par un parti pris qui va au bout du récit. Sans jamais trop en dévoiler ou avoir peur de son propos.

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Cannes 2019 : Critique de Parasite https://erreur42.fr/critique-parasite/ https://erreur42.fr/critique-parasite/#respond Wed, 29 May 2019 15:05:30 +0000 https://erreur42.fr/?p=13381 Bong Joon-ho s'est imposé comme un des réalisateurs les plus importants du XXIème siècle; statut confirmé par une palme d'Or en 2019...

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Bong Joon-ho est un nom qui circule parmi les cinéphiles depuis plusieurs années. Il est l’un des réalisateurs les plus renommés de la nouvelle vague coréenne du début des années 2000. Il s’est fait remarquer avec ses films forts, mêlant cinéma politique corrosif et cinéma de genre divertissant. Ayant révolutionné le cinéma coréen avec son chef d’oeuvre Memories of Murder, conçu l’un des films les plus populaires avec The Host, percé dans le blockbuster hollywoodien avec Snowpiercer et créé la polémique avec OkjaBong Joon-ho n’avait clairement plus rien à prouver. Et comptait déjà parmi les plus grands réalisateurs du XXIème siècle.

Pourtant, l’enfant prodige nous a montré qu’on pouvait toujours atteindre de nouveaux sommets en remportant la Palme d’Or avec Parasite.

Toute la famille de Ki-taek est au chômage, et s’intéresse fortement au train de vie de la richissime famille Park. Un jour, leur fils réussit à se faire recommander pour donner des cours particuliers d’anglais chez les Park. C’est le début d’un engrenage incontrôlable, dont personne ne sortira véritablement indemne…

Un film de guerre… des classes

Parasite, s’il n’est pas la meilleure oeuvre de son auteur, est un film exceptionnel, riche et parfaitement maîtrisé. Comme toujours, Bong Joon-ho fait du cinéma politique, tout en jouant avec le genre et en incluant son message dans une intrigue complexe et riche en rebondissements. Ce que Parasite met en scène, c’est le rapport entre les classes, une distinction claire entre les pauvres et les riches. Ainsi que leur impossible rencontre hors du cadre de l’entreprise. Enfin, comme le titre l’indique, il questionne la dépendance entre celles-ci mais également le mépris et la cohabitation au sein du foyer. Parasite n’a pas vraiment de thèse définitive sur la question. Le film dresse un portrait satirique de la société contemporaine pour choquer et susciter le débat par ses nombreux symboles et sa multitude de points de vue. Sur cette question, c’est une grande réussite.

Bong Joon-ho, par certains aspects, est un réalisateur presque expressionniste, véhiculant énormément de sens et de caractérisation des personnages par les décors et les cadres. Dans les décors, il y a un contraste entre l’entresol de la famille pauvre et la maison toute en lignes et en hauteurs des plus riches. Il joue habilement des lignes de fuite pour écraser ou diluer les personnages dans le cadre, créant un sentiment d’immensité ou d’enfermement. Le cinéaste se repose toujours, pour déployer des scènes dans des espaces clairement introduits, sur de larges plans fixes où les personnages circulent entre les différentes parties du décor, entrent et sortent, comme au théâtre. D’autres moments sont caractérisés par une caméra très mobile, mais toujours fluide. Dévoilant une chorégraphie minutieuse mais toujours naturelle, et la multiplication des intrigues.

Parasiter l’image

Ce qui ressort des visuels de Parasite, donc, c’est une incroyable habileté et une certaine élégance. La photographie est extrêmement léchée, la réalisation minutieuse, le montage rythmé sans être lourd et certains plans sont déjà iconiques par leur décalage ou leur puissance. Bong Joon-ho s’installe encore une fois en perfectionniste. Virtuose du choix de cadre, il sait créer un chaos maîtrisé par des chorégraphies millimétrées et des décors fantasques.

Tout ce travail minutieux est mis au service d’une histoire dont on ne dévoilera rien mais dans laquelle les retournements, les jeux de dupe et les catastrophes se multiplient à un rythme incroyablement soutenu. Cette intrigue est portée par des personnages forts en caractère, incarnés par un casting de luxe avec, par exemple, le vétéran Song Kang-ho en éternel raté pourtant plein d’assurance, Lee Sun-kyun inquiétant de froideur et l’épatante Jung Ziso à la performance bipolaire surprenante.

Enfin, Parasite, à la croisée des genres, impressionne par son habileté à manier, parfois en même temps, le drame et la comédie. Comme dans le reste de son oeuvre, Bong Joon-ho forge un humour d’arrière-plan, mais surtout du comique de corps et de situation parfois vaudevillesque. Ses personnages sérieux se retrouvent dans des situations absurdes et les résolvent de la manière la plus abracadabrantesque possible. Ce qui ne manque jamais de faire rire sans retirer du suspens ou de l’intensité au propos. Car enfin, c’est cette comédie latente qui, quand elle disparaît, renforce la violence et l’intensité des moments de drame ou de crise qui sauront immanquablement choquer ou toucher.

Si ce n’est pas le meilleur film de Bong Joon-ho, Parasite est en quelque sorte la synthèse de sa carrière. Tous ses éléments de style sont présents, de même que ses acteurs fétiches, ses thèmes récurrents et ses méthodes de comédie. Avec son style assez occidentalisé, son intrigue fourmillante et son rythme soutenu, le film est sans doute une excellente porte d’entrée dans le cinéma de Bong Joon-ho et dans le cinéma coréen contemporain. La Palme d’Or n’est pas volée, récompensant un film construit avec attention, richesse et intelligence, à la croisée des influences, ne décevant sur aucun point et livrant un message fort et complexe. Espérons que le coup de projecteur sur le cinéma coréen permettra des belles découvertes au grand public et la prolifération de productions toujours aussi libres et violentes, plutôt que l’assimilation des ses auteurs dans le système hollywoodien. Des espoirs, certes, ambitieux. 

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Cannes 2019 : Critique de Douleur et Gloire https://erreur42.fr/critique-douleur-et-gloire/ https://erreur42.fr/critique-douleur-et-gloire/#respond Fri, 24 May 2019 14:21:07 +0000 https://erreur42.fr/?p=13322 Le légendaire réalisateur Pedro Almodóvar est présent à Cannes avec un film plus personnel que jamais. Nous a-t-il séduit avec sa confession ?

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Le Festival de Cannes a ses petits chouchous. Des réalisateurs et réalisatrices immanquables, dont on sait que s’ils ont font un film, il sera montré au Festival. Indéniablement, Pedro Almodóvar est de ceux là. Le grand cinéaste espagnol est intimement lié au Festival puisqu’en plus d’y avoir présenté de nombreux film, il a été membre du jury en 1992 et l’a présidé en 2017. Cette année, c’est dans le cadre de la compétition qu’il l’investit, en présentant Douleur et Gloire, un film hautement personnel avec Antonio Banderas. Acclamé par la critique et les festivaliers, le fantasque réalisateur a-t-il, à presque 70 ans, perdu de sa superbe ?

Une série de retrouvailles après plusieurs décennies, certaines en chair et en os, d’autres par le souvenir, dans la vie d’un réalisateur en souffrance. Premières amours, les suivantes, la mère, la mort, des acteurs avec qui il a travaillé, les années 60, les années 80 et le présent. L’impossibilité de séparer création et vie privée. Et le vide, l’insondable vide face à l’incapacité de continuer à tourner.

Tout sur sa mère

Douleur et Gloire est exceptionnellement personnel, il sert de confessionnal et d’explication à Almodóvar. C’est un film sur l’art, l’action de créer et son coût. Il fait une revue de tout ce qui nourrit l’artiste : les souvenirs, l’amour, la souffrance, la drogue, etc… Dans la filmographie du réalisateur, il vient après Julietta, un film assez mineur qui avait été critiqué pour son esthétique et son histoire plus sages, communes et uniformes que ce à quoi le réalisateur espagnol nous avait habitué. Douleur et Gloire est un retour en force avec un faux air de chant du cygne.

Visuellement, d’abord, Almodóvar retrouve ses motifs habituels avec des cadres extrêmement soignés, parfois picturaux, emplis de sens et des décors élaborés. Comme par le passé, c’est surtout l’usage des couleurs qui marque. De fortes présences du rouge, du jaune et du bleu profond donnent au film son esthétique pop et vivante si typique. Mais cette vivacité est aussi contrebalancée par des scènes bien moins colorées, travaillant plutôt le contraste entre le blanc et le noir, la lumière et l’obscurité. Si ce travail des couleurs est virtuose, on n’en attendait pas moins, il fait cependant parfois mécanique. On a comme le sentiment que le réalisateur a inséré ses motifs dans le film parce que c’est justement c’est ce qu’on attend de lui, sans toujours les accompagner de sens. Pour autant, le film est très beau et quand les visuels font sens, ils s’en retrouvent incroyablement puissants.

Au delà de la photographie, la réalisation est très riche. Le film se déroule sur deux temporalités qui cachent une mise en abîme, entre lesquels on voyage organiquement à des moments clés du récit. On remarque une omniprésence de l’art, surtout plastique, qui sert la thèse du film. Les décors s’en sortent enrichis en caractère, les personnages nourris en références, etc… Ce que dit le film, et l’omniprésence des œuvres, c’est que l’art nourrit l’art. C’est finalement, dans l’appartement de Salvador semblable à un musée, une représentation de la culture.

En talons aiguilles

Douleur et Gloire est un film plus que pertinent dans une analyse symbolique donc, mais aussi incroyablement fort émotionnellement. C’est la confession d’un réalisateur vieillissant, conscient de ses erreurs, mais aussi orgueilleux à propos de ses réussites, assez lucide. L’histoire est portée par des acteurs excellents. Antonio Banderas incarne Salvador Mallo, avatar de Pedro Almodóvar, guindé, prétentieux, endolori et plein de regrets. Sa performance n’est pas forcément pleine de nuance mais se nourrit de sa présence et de son implication corporelle. Asier Etxeandia joue un acteur partageant un passé tumultueux avec le réalisateur et luttant contre ses propres démons. Il représente les acteurs ayant auparavant travaillé avec Almodovar, dont Antonio Banderas, créant un recul introspectif dans le conflit assez intéressant.

En vérité le film s’appuie sur une représentation juste de sentiments forts et familiers qui s’entrechoquent dans un tourbillon émotionnel. Les souvenirs douloureux exprimés en catharsis dans l’art, les regrets extériorisés dans d’émouvants monologues nourris par la sensibilité des acteurs, le désir toujours incarné avec vibrance et sensualité dans le style du réalisateur, la souffrance et la drogue enfin. Pedro Almodóvar nous livre une cartographie de l’inspiration. Une navigation certes lente, mais complexe et feutrée dans un esprit souffrant, et une démonstration de la réaction presque chimique qui transforme la souffrance en création.

Douleur et Gloire ne compte pas parmi les plus grands films de son réalisateur, tant celui-ci est accoutumé aux chef d’œuvres. Cependant c’est une oeuvre riche, à fleur de peau et honnête. Toujours pourvu de fantaisie et d’un certain humour grinçant, centré autour de l’irrationalité et l’humanité des personnages, hanté par la figure ambiguë de la mère, le film répond à toutes les attentes. Certes très autocentré ; une confession de l’artiste qui a parfois des airs de lamentation autour de problèmes éminemment élitistes. Cependant, une introspection dans l’esprit et le corps d’une icône comme Almodóvar, surtout faite avec autant de générosité et de tendresse, a indéniablement un intérêt immense. 

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Cannes 2019 : Critique de Les Misérables https://erreur42.fr/critique-les-miserables/ https://erreur42.fr/critique-les-miserables/#respond Sun, 19 May 2019 18:09:20 +0000 https://erreur42.fr/?p=13326 Drame d'une violence rare, la première fiction du réalisateur Ladj Ly fait sensation à Cannes. Un engouement justifié ?

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Première fiction du réalisateur français Ladj Ly, qui était déjà àl’origine du documentaire 365 jours à Clichy-Montfermeil (2007) et membre du collectif Kourtrajmé – ayant révélé entre-autres Romain Gavras – Les Misérables fait sensation sur La Croisette. Et concourt même avec une certaine avance pour la Palme d’Or. Un titre qui n’a pas été choisi par hasard, pour un film qui se veut politique et place son intrigue là-même où Victor Hugo avait rédigé son oeuvre. Analyse d’un phénomène qu’il ne faut pas manquer.

Une caméra qui semble embarquée malgré elle dans une voiture de police. Rue après rue, le quotidien de la cité de Montfermeil se dévoile sous les yeux d’un policier, Stéphane. Il a été parachuté dans cette banlieue du 93, après un transfert depuis Cherbourg. Autour de lui, un environnement qui lui est complètement étranger. Et à ses côtés, ses collègues expérimentés de la brigades anti-criminalité, Chris et Gwada. Il découvre rapidement les tensions entre les différents groupes du quartier. Alors qu’ils se trouvent débordés lors d’une interpellation, un drone filme leurs moindres faits et gestes…

L’approche documentaire est un choix qui aurait pu sembler classique dans ce genre de film, propice à l’immersion. Mais ici, c’est un véritable point fort qui rend les confrontations physiques du film (nombreuses) plus brutes, plus chaotiques. Au milieu d’affrontements, la caméra ne sait plus où donner de la tête, et le spectateur non plus, rendant la tension insoutenable, étouffante. Pourtant, les plans alternent parfois avec la beauté d’une réalisation beaucoup plus esthétique. Révélant, par exemple, un environnement lugubre grâce à un drone volant au dessus des immeubles austères. Un soucis de l’image complété par des performances d’acteurs d’une authenticité rare, porté notamment par l’acteur principal Damien Bonnard, dont l’année est riche. Il a été vu dans Le Chant du Loup et bientôt à l’affiche de J’accuse de Roman Polanski. L’immersion est donc des plus réussies. Et la violence, omniprésente, ne peut plus être cachée.

Mais au-delà de sa forme, il faut saluer le fond. Depuis La Haine (1995) de Matthieu Kassovitz auquel Les Misérables a déjà été maintes fois comparé, de nombreux films ont tenté de dépeindre cet environnement si particulier que constitue la banlieue parisienne. Il s’agit évidemment, d’ouvrir une fenêtre sur ce microcosme sur lequel les politiques s’épanchent à torts et à travers. En particulier depuis les tristement célèbres émeutes de 2005. Un regard teinté trop souvent de manichéisme, de médisance ou de misérabilisme grossier. Ici, il n’en est rien. Ly connaît le terrain. ll sait décrire la sociologie si particulière de la périphérie de la capitale, son fonctionnement quotidien. L’abandon de l’Etat, qui profite à d’autres formes de catalyseurs sociaux. La violence quotidienne des rapports aux forces de l’ordre, le sujet-clé du film. Une démonstration de ce qui est depuis longtemps demandé dans le cinéma français, une diversité des auteurs pour une diversité des point de vue et une approche plus juste.

Les Misérables, ce sont d’abord des personnes abandonnées à leur sort qui pourraient avoir tellement plus et dont le ressentiment ne peut qu’éclater un jour ou l’autre. Ainsi le film cite le livre dans sa construction et dans certains personnages, subtilement. Il utilise aussi avec intelligence son médium, le cinéma, pour mieux s’ancrer dans l’actualité de son propos. Une œuvre donc très riche, mais aussi évidemment d’une brutalité sans concession. Bouleversant, Les Misérables n’est pas évident à prendre en main, mais il est terriblement nécessaire.

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Cannes 2019 : Critique de The Dead Don’t Die https://erreur42.fr/critique-the-dead-dont-die/ https://erreur42.fr/critique-the-dead-dont-die/#respond Thu, 16 May 2019 15:00:59 +0000 https://erreur42.fr/?p=13298 The Dead Don't Die, nouveau film de Jim Jarmusch en ouverture du festival de Cannes attire évidement l'attention, mais aussi les critiques...

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The Dead Don’t Die est le nouveau film du brillant réalisateur Jim Jarmusch et s’il y a un film à mettre sous le feu des projecteurs actuellement, c’est celui-là. En effet, on doit pouvoir dire sans être trop chauvin que presque tous les yeux de cinéphiles du monde entier sont rivés sur Cannes et son festival où la quasi totalité de notre équipe batifole actuellement. Parmi tous les films de la sélection officielle, The Dead Don’t Die a un statut un peu particulier, faisant l’ouverture du festival mardi soir, diffusé en simultané dans 600 salles en France, et sortant dans la grande distribution dès le lendemain, c’est le film du festival le plus accessible. De plus, son casting luxueux et son identité de film de genre lui vaut un certain attrait du grand public. Le film mérite-t-il toute cette attention ? Donne-t-il une image juste et envoûtante du festival et de la carrière de son réalisateur ?

Dans la sereine petite ville de Centerville, quelque chose cloche. La lumière du jour se manifeste à des horaires imprévisibles et les animaux commencent à avoir des comportements inhabituels. nouvelles sont effrayantes et les scientifiques sont inquiets. Mais personne ne pouvait prévoir l’évènement le plus étrange et dangereux qui allait s’abattre sur Centerville. les morts sortent de leurs tombes et s’attaquent sauvagement aux vivants pour s’en nourrir.

Ne coupez pas…

Autant mettre fin au mystère tout de suite : The Dead Don’t Die n’est pas très bon. Pourtant, on était en mesure d’en attendre beaucoup de la part d’un réalisateur comme Jim Jarmush qui a déjà revisité avec brio une autre figure du cinéma d’horreur : les vampires, dans Only Lovers Left Alive, et qui promettait d’en faire autant ici avec les zombies. Et puis, il y avait le casting gigantesque qui a tant fait parler de lui. Finalement; on se retrouve avec un acte manqué.
Commençons, peut-être, par couvrir les quelques réussites du métrage. La réalisation est plutôt réussie. Si la majorité du film est assez classique, certains plans et effets de montage, ou décors donnent des scènes véritablement intéressantes visuellement. La photographie est d’ailleurs toujours assez soignée, quoique souvent un peu trop propre pour le sujet représenté. Comme à son habitude, le réalisateur américain livre un film érudit, débordant de citations visuelles aux classiques du genre comme, évidement La Nuit des Morts Vivants de Georges Romero ou de chef-d’œuvres moins connus comme Le Massacre des Morts Vivants. Ces références devraient ravir les initiés sans vraiment priver les néophytes de quoi que ce soit. Le film n’est pas non plus dénué d’humour et fait occasionnellement mouche avec de petits moments de satire ou absurdes.

 

 

Le gigantesque casting, enfin, principal argument marketing du film, est objectivement sympathique et plaisant à voir. Le débonnaire Bill Murray, Adam Driver cynique, l’avenant Donald Glover et le zombiesque Iggy Pop nous gratifient de leur présence dans des rôles qui leurs ressemblent, pour n’en citer que quelques-uns. Mais les excellents acteurs et actrices n’ayant pas du tout la latitude et le temps d’installer une performance, on se retrouve plus avec un film effectivement peuplé de visages familiers que de grandes prouesses de jeu. C’est un sentiment ambiguë et étrange qui, s’il est assez frustrant, contribue efficacement au propos du film. En effet, il s’en dégage une sorte d’énergie des petites villes où on connait tout le monde, tous les visages sont familiers, et le rythme du film s’ajoute à cet effet pour créer ce sentiment presque rural.

Les profanateurs de pop culture

The Dead Don’t Die est un film sur la routine et la monotonie à la fois dans la société consumériste et dans le cinéma de genre américain. Le principal défaut, qui entraîne tous les autres, est l’exécution de la critique que Jim Jarmusch. En effet, pour critiquer la monotonie, l’omniprésence des clichés et des incohérences, la répétition et l’absence d’originalité dans le genre du film de zombie, le cinéaste réalise un film monotone, où les clichés et les incohérences sont omniprésents, répétitifs et sans originalité. The Dead Don’t Die assume ses défauts, et s’en montre conscient, notamment par des ruptures du quatrième mur. Cependant, cela ne les fait pas disparaître. Le projet est plus que louable et la critique pertinente mais son exécution invite au scepticisme. Au final, c’est un film ennuyeux, rempli de scènes vues et revues, sans intensité car presque tous les personnages sont aussi conscients que les spectateurs de l’absence d’intérêt de ce qui se passe. L’ennui fait sans doute partie de l’expérience, mais il n’y a pas de raison que ça l’excuse.

 

 

De plus le fond politique de The Dead Don’t Die gêne également. Ce n’est pas une fable sociale mais un commentaire moralisateur et assez méprisant venant d’un réalisateur qui s’est pourtant lui-même volontairement abandonné à la médiocrité en créant le film. Le propos écologiste enfin est présent et porte sur un véritable problème mais il est anecdotique. De plus, ce message est véhiculé efficacement dans l’intrigue du film, avant d’être, comme souvent, trop clairement et bêtement explicité à la fin. Le spectateur est pris pour un idiot par un film qui lui dit de ne pas se comporter en idiot.

 

The Dead Don’t Die est, globalement, un échec. Le film est victime de son propre projet, cherchant à critiquer l’ennui par l’ennui. On voit surtout du potentiel gâché et un certain mépris tant pour le genre dont le film se revendique que pour celles et ceux qu’il montre. The Dead Don’t Die est un film à l’image du genre : régis par les clichés et les lieux communs, globalement ennuyeux avec quelques moments originaux, de fantaisie et d’intelligence. On ne peut s’empêcher de penser que c’est là que Jim Jarmusch aurait dû se concentrer, promouvant le film de zombie libéré et original plutôt que critiquant celui décérébré et casanier. Car on fait encore des films de zombies intéressants.  Pour ne citer que quelques exemples récents : One Cut Of The Dead, The Last Girl, Dernier Train pour Busan ou encore Dead Sushi. The Dead Don’t Die aurait pu les rejoindre au lieu de se nourrir du cynisme et de devenir lui-même un film zombie. 

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Nos séances d’Avril https://erreur42.fr/nos-seances-davril/ https://erreur42.fr/nos-seances-davril/#respond Sat, 04 May 2019 14:30:14 +0000 https://erreur42.fr/?p=13209 Le mois d’avril aura été… Bigarré disons. Le plus grand blockbuster de l’année aura côtoyé des petites perles indés, autant au cinéma qu’en VOD. Le monde entier est représenté, on en a vu pour tous les goûts, toutes les sensibilités et même tous les bords politiques. Pour vous aidez à vous repérer dans cette richesse […]

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Le mois d’avril aura été… Bigarré disons. Le plus grand blockbuster de l’année aura côtoyé des petites perles indés, autant au cinéma qu’en VOD. Le monde entier est représenté, on en a vu pour tous les goûts, toutes les sensibilités et même tous les bords politiques. Pour vous aidez à vous repérer dans cette richesse cinématographique, notre équipe vous propose un classement des sorties récentes que nous avons vu ce mois ci.

Les notes sont données par le rédacteur ou la rédactrice qui a écrit la review. Les films sont classés du moins bien noté au mieux noté.


Ma Vie Avec John F. Donovan

Premier film en langue anglaise de Xavier Dolan, jeune réalisateur acclamé, Ma Vie Avec John F. Donovan frôle le désastre. Terriblement long et répétitif, filmé comme un film amateur malgré une superbe lumière, monté étrangement, assez mal joué et surtout mal écrit avec trop de grandiloquence et pas assez de subtilité et de naturel, c’est un film résolument grossier. On voit clairement finalement une proposition intéressante ruinée par l’amateurisme et l’égocentrisme du réalisateur qui se montre sans cesse incapable de parler d’autre chose que de lui.

Note : 4/10 – Noté par Baptiste


Shazam

Vide, plat et laid. Shazam sonne comme un aveu d’échec de la part de DC, qui n’a même plus l’air de comprendre le public auquel il s’adresse. Constamment à la limite de la parodie, Shazam ne décolle à aucun moment et accumule les clichés les plus affligeants les uns que les autres. Après un Aquaman qui revendiquait fièrement son second degré le film se paie même le luxe d’être le plus mauvais film DC à ce jour.

Note : 4/10 – Noté par Quentin


Alex le destin d’un roi

Majoritairement reconnu pour son travail aux côtés d‘Edgar Wright (Shaun of the Dead, Hot Fuzz), Joe Cornish revient sur le devant de la scène pour son second long-métrage, Alex le destin d’un roi. Inspirée du mythe arthurien, cette nouvelle création du réalisateur britannique est beaucoup moins convaincante qu’Attack the Block, son premier film. En effet, le cinéaste survole son sujet avec beaucoup trop de facilité, n’exploitant que peu les qualités de la légende dont il s’inspire. Malgré la performance admirable du jeune Louis Serkis, le film est finalement bien trop faible en terme d’enjeux dramatiques, endossant ainsi l’étiquette d’un simple « teen-movie » à voir en famille. Dommage.

Note : 5/10 – Noté par Lucas


Unicorn Store

Le moins qu’on puisse dire c’est que le premier film réalisé par l’actrice oscarisée Brie Larson ne fait pas l’unanimité. Et effectivement, si ses qualités le rendent globalement sympathique, on doit admettre que ça ne vole pas haut. Il est difficile de dire si le film est très cynique ou excessivement naïf et son message est éparpillé et confus. Mais le rythme est excellent, de même que les performances et il y a de très bonnes idées esthétiques.

Note : 6,5/10 – Noté par Baptiste


The Highwaymen

Le plus grand défaut de ce film est probablement son absence d’aspérités. Lisse, classique et parfois lent, The HighwayMen n’est pas fondamentalement mauvais mais peine à créer la surprise ou du neuf. A noter aussi un Kevin Costner moins concerné que son partenaire, Woody Harrelson, qui porte le film en lui donnant un peu de « pep’s ». Une petite déception donc, mais à voir pour son idée originale de montrer l’autre face de l’histoire de Bonnie et Clyde.

Note : 6/10 – Noté par Adrien


Raoul Taburin

Adapté de la bande-dessinée de Sempé, Raoul Taburin est le troisième long-métrage de Pierre Godeau, et sûrement le plus intriguant. En effet, l’histoire d’un réparateur de vélo qui reste dans l’impossibilité de tenir sur une selle s’avère plus facile à retranscrire à l’écrit qu’à l’écran. Pourtant, en étant particulièrement fidèle à l’œuvre de Sempé, le film parvient avec poésie à nous transmettre une émotion toute particulière, notamment grâce au duo Benoît Poelvoorde/Edouard Baer qui fonctionne à merveille. Malgré tout, on regrettera un scénario dont la linéarité empiète sur le véritable intérêt de l’adaptation de Godeau. Raoul Taburin reste une bonne proposition de cinéma dont la justesse s’explique surtout par une certaine absence de prises de risques.

Note : 7/10 – Noté par Lucas


Avengers Endgame

22 films plus tard, Endgame marque la fin d’une véritable époque pour Marvel et l’industrie cinématographique. Avec l’ambition de conclure comme il se doit une aventure commencée il y a plus de 10 ans maintenant, ce dernier acte des frères Russo déborde (trop ?) de générosité et offre enfin de la place à l’émotion dans un univers qui lui est pourtant opaque. Après une première heure des plus réussie le film retombe pourtant assez vite dans les codes qui ont fait la réussite de la recette Marvel.

Note : 7/10 – Noté par Quentin


Les Oiseaux de Passage

Film Colombien sur l’impact des narcotrafiquants dans les communautés indiennes traditionnels, c’est un film assez fort et résolument intéressant dans ses représentations de la culture, des rites et des bouleversements sociaux. De la représentation des traditions structurantes à leur destruction par le capitalisme, c’est un film intelligent, plein de symboles et de citations et bien réalisé mais prévisible et avec une faiblesse dramaturgique qui se fait sentir sur la longueur.

Note : 7,5/10 – Noté par Baptiste


J’veux du Soleil

J’veux du Soleil est le nouveau film du député François Ruffin et des documentariste Gilles Peret. Le dispositif est simple : tous les deux, une voiture et une descente du nord vers le sud, se posant sur les ronds points occupés par les Gillets Jaunes laissant parler ceux qui le veulent, acceptant toujours leurs invitations, etc… C’est un film spontané, humain, qui montre des visages découverts et des situations sociales réelles. Le seul point faible du film est Ruffin lui même, se mettant trop en avant et d’une manière toujours déplacée, mais sinon c’est un film à voir pour la conscience de chacun.

Note : 7,5/10 – Noté par Baptiste


Captive State

Hybride piochant tout autant dans District 9 et Cloverfield que dans les classiques des films sur la résistance et l’insurrection : Captive State déroute aux premiers abords, dans sa construction et son approche des personnages, pour revenir comme un coup de poing, engagé et ambitieux.

Note : 7,5/10 – Noté par Quentin


90’s

Véritable déclaration d’amour à son époque, le premier film de Jonah Hill déborde d’une sincérité et d’un amour qui ont marqué les plus grands teen-movies. Le film ne cache pas ses influences, de Larry Clark à Gus Van Sant, mais trouve sa place dans cette capsule temporelle qui dépeint avec brio un passage de l’enfance à l’adolescence finalement peu représenté sur grand écran.

Note : 8/10 – Noté par Quentin


El Reino

Corruption et descente aux enfers sous forme d’un polar sous tension ça vous tente ? Deuxième film de Rodrigo Sorogoyen après Que dios nos perdone, El Reino prend le contrepied des films politiques actuels pour nous offrir une oeuvre dans l’urgence constante, de sa réalisation à son montage, de son écriture à son interpretation et ainsi nous proposer une véritable claque, jusqu’à sa scène finale.

Note : 8,5/10 – Noté par Quentin


Jiseul

Jiseul est un film exceptionnel en exclusivieté fançaise sur Outbuster et chez Spectrum Films. C’est un travail de mémoire sur une violente répression anticommuniste en Corée à travers un film d’art terriblement puissant. Le film est incroyablement esthétique, avec une réalisation méticuleuse et stylisée et un magnifique noir et blanc mais les performances viennent injecter un douloureux effet de réel. La grandiloquence du film peut en perdre certain mais sa brutalité, sa musique grandiose, ses visuels millimétrés, son style et la tragédie des faits représentés ont toutes les chances de choquer et bouleverser.

Note : 8,5/10 – Noté par Baptiste


One Cut Of The Dead : Ne Coupez Pas

Film événement au japon, qui a débuté comme un film étudiant projeté dans une salle pour atteindre, par simple bouche à oreille, un succès colossal, Ne coupez pas est indéniablement un bijoux de comédie indépendante. Après un début étrange, virtuose mais volontairement mauvais, demandant une grande conscience au spectateur, c’est une oeuvre méta, brillante, hilarante et millimétrée qui se déploie sous les yeux des spectateurs. Ne Coupez Pas catapulte immédiatement Shin’ichirō Ueda et sa clique comme des artistes à suivre.

Note : 9/10 – Noté par Baptiste


Le Visionnage du Mois

Dans cette rubrique, les rédacteurs et rédactrices ont l’opportunité de revenir sur un film qui n’est pas une sortie récente mais qu’ils ont visionné ce moi ci, qui leur a plu ou les a intéressé, et qu’ils souhaitent recommander.

Only Lovers Left Alive

Only Lovers Left Alive est un des derniers films de Jim Jarmusch et un essai sur le genre du film de vampire avec une modernisation de son mythe. Le film est extrêmement érudit, multipliant les références bibliques et littéraires mais n’omet jamais pour autant de rester sensoriel et profond dans la représentation des sentiments. C’est un film feutré et élégant sur l’amour, le spleen, le partage et une moquerie envers la prétention des artistes ténébreux et égoïstes. Un beau moment de cinéma. – Conseillé par Baptiste


Eighth Grade

Premier film humble sur l’adolescence et le passage au lycée, Eighth Grade vise juste tout du long, évitant les pièges du genre, pour nous offrir une oeuvre sincère et honnête, sans jugement. Elsie Fisher nous offre une des meilleures performance adolescente de ces dernières années et Bo Burnham s’inscrit dans une nouvelle vague de cinéma indépendant américain, à la manière de Jim Cummings et son Thunder Road.Conseillé par Quentin

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