Nous revoilà pour parler, sans doute pas pour la dernière fois, du maître de l’épouvante, du créateur de l’horreur cosmique, je veux bien sûr parler de H.P. Lovecraft. Mais pour bien comprendre l’étrangeté de ce dont on va parler, il faut bien comprendre le point le plus important du background de Lovecraft et de son style. Ses nouvelles décrivent des hommes luttant contre des forces qui les dépassent: les Grands Anciens et leur créatures. ces créatures viennent d’un autre temps et surtout d’un autre monde. Un temps et un monde qui ne répondent pas aux mêmes lois que le notre. L’existence de ces êtres n’est pas soumise aux mêmes condition que la notre et leur forme physique n’est pas semblable, sur aucun point, à la notre. C’est pourquoi, la majeur partie du temps, les héros ne font que sentir la menace briser leur esprit, mais ils ne peuvent ni la voir, ni la comprendre. La terreur de Lovecraft vient de l’impossibilité de concevoir ce qui se passe. Il en ressort un véritable malaise. Or quoi de plus démonstratif que le dessin?

C’est pourquoi adapter Lovecraft en bandes-dessinés semblait complètement con. Et pourtant, cette BD est plutôt réussie. Il existe deux formats. Le premier est plus large et a une couverture très classe avec une illustration argentée et le nom de LOVECRAFT en gros et doré. Toutes les histoire y sont rassemblées en trois volumes. L’intégrale en un seul volume est plus épaisse mais aussi plus petite. La couverture est plus sobre mais on y voit Cthulhu donc, que demander de plus?

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Bons points

Les dessins sont entièrement en noir et blanc et les histoires racontées sont très fidèles aux nouvelles. On y retrouve certaine des meilleurs (ou en tout cas des plus célèbres) nouvelles tel que l’Appel de Cthulhu, la couleur tombée du ciel, Dagon, etc. Les dessins sont très denses, sombres et un peu chaotique. Ils collent bien à l’univers de l’auteur et sont souvent assez intimidant. Le design des monstres est assez réussi et les expressions sur les visages sont parfaitement dessinés. Les zones d’ombre sont placées de façon à laisser un part de mystère et d’angoisse. Certaines bonnes idées sont également très bien exploitées. Par exemple, afin de garder le mystère autour du narrateur de « Je suis d’ailleurs », toute la première partie est montrée à travers ses yeux. De plus c’est un plaisir de redécouvrir ces histoires narrées et illustrées.

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Mauvais points

Cependant le tableau est loin d’être tout rose. En effet le dessin génère un malaise différent de celui de la nouvelle, un malaise moins profond. De plus, et là je pointe « Le modèle Pickman du doigt« , il n’est pas à la hauteur. « Le modèle Pickman » nous dis que les dessins de Pickman sont absolument terrifiants et dérangeants. Finalement la peinture devant traumatiser le narrateur est assez moche et ridicule. C’est très décevant d’autant que « le modèle Pickman » fait partie des nouvelles m’ayant le plus marquées. On notera également les fautes de français qui ne sont franchement pas les biens venues ici.

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Pour résumer:

Histoire

Sont les meilleures nouvelles de Lovecraft. tout est excellent, rien à dire là dessus.

Dessins

Torturés, sombres et denses, il correspondent parfaitement à l’univers de l’auteur, tout en différent complètement des illustrations que l’on connait et qui sont tirées du livre de règles du jeu de role. Cependant il arrive qu’elles ne soient pas à la hauteur

Design

Les personnages ont tous des apparences différentes, les monstres sont chaotiques et biens pensés, l’univers est très précisément retranscrit (même si on sent que dessiner un géométrie non-euclidienne c’est pas facile).

Narration

Les histoires sont racontées comme dans la nouvelle et de manière très fidèles. Les dialogues et les encadrés sont les mêmes et, bien que la traduction soit un peu bancale, c’est toujours très efficace.


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Je l’ai lu aussi et je suis d’accord sur tous les points sauf sur la narration qui m’a semblée assez décousue (j’en parle un peu sur mon blog). Mais niveau dessiner l’indescriptible c’est quand même bien réussi !

Marcel Trucmuche
Invité

Oui, Lalia reste honorable, mais l’un des must de l’adaptation de Tonton Théobald en BD reste le travail de Breccia, dont on a pu apprécier ses adaptations du « Monstre sur le seuil », et de « L’abomination de Dunwich » dans le 1er hors série de Métal Hurlant (en 1978).
Allez, je ne vais pas vous faire languir plus longtemps, vous pouvez retrouver une version pdf de ce numéro rarissime ICI :
http://editionsinedits.free.fr/HPL/M%e9tal%20Hurlant%20n%b033%20bis%20(sp%e9cial%20H.P.%20Lovecraft)%20-%20septembre%201978.pdf

(De rien Aliztar !)