42Mesdames, mesdemoiselles, messieurs; aujourd’hui c’est un acte pour le bien public que j’exécute. En effet parmi les « running gags de l’internet » il y en a un qui me plait particulièrement. Non pas parce qu’il est particulièrement drôle (il devient même carrément lourd) mais parce que la référence culturelle est lourde de sens et assez Incroyable comme Histoire. Parmi mes auteurs favoris on a parlé de Lovecraft (et c’est pas fini) et de Howard (pas fini non plus) et de Herbert. Mais ne vous inquiétez pas, il en reste beaucoup. Par exemple l’homme dont on va parler aujourd’hui est un pionné de la science-fiction comique et un monument de l’humour absurde. C’est également un de ceux qui ont fait de Doctor Who la série que l’on connait aujourd’hui: je vous présente Douglas Adams !!

Douglas Adams est un auteur britannique né à Cambridge le 11 mars 1952 et décédé à l’age de 49 ans, le 11 mai 2001 à Santa Barbara, en Californie. Il me faudrait tout un article pour passer en revue toute sa carrière mais sachez simplement qu’il a été auteur, animateur radio et scénariste pour la BBC. Mais sachez que son oeuvre principale est composée de deux sagas: Dirk Gently et le monument inter-spatiale de l’univers génialement génial: H2G2; Le Guide du voyageur intergalactique. C’est avec cette saga de science fiction humoristique nous racontant l’histoire d‘Arthur Dent, cliché d’anglais qui n’a rien demandé à personne mais qui se retrouve quand même obligé de fuir sa planète et de partir en stop à travers l’espace et le temps. Il se rend compte que son meilleur ami est un extra-terrestre, que le président de la galaxie est un alcoolique à deux têtes et que la terre et que la terre, pourtant considérée comme « globalement inoffensive » doit être détruite pour laisser place à une autoroute. Tout cela ponctué de phrases telles que « tout se passera bien si tu mets ce poisson dans ton oreille » ou « voler c’est juste se casser la figure tout en ratant le sol ».
12048832_776712315771627_1663829128_nH2G2 c’est une épopée absurde et épique, cruelle et touchante, hilarante et dramatique, bref c’est cool.

Mais si je vous disais que, même si vous n’avez pas lu ne serais-ce qu’un seul volume d’H2G2 ou même si vous n’avez pas vu le film ou regardé la vieille série, vous tenez quelque chose d’H2G2. Une simple équation qui répond à toutes vos questions. Une raison de vivre, un but, l’alpha et l’oméga de notre univers: le résultat de 6×7 ou de 21×2. Oui je parle bien du but de la vie de l’univers et du reste: 42

Bon, décortiquons un peu tout ce foutoir. Dans le roman on apprend qu’un des plus grands supers-ordinateurs de l’histoire, Pensée Profonde, a été créé par un peuple antique et super balèze afin de découvrir la réponse à « la grande question sur la vie, l’univers et le reste »: quel est le but de la vie, de l’univers et du reste ? Après des millions d’années (7,5 millions pour être précis) de calcul, Pensée Profonde livre sa réponse à deux moines formés toute leur vie pour ce moment et à l’attention du monde entier: la réponse ultime est 42 (ce qui déçoit beaucoup les gens). Et oui, Pensée Profonde n’est pas assez puissant pour concevoir une question assez précise qui permettrait de trouver le but de la vie, de l’univers et du reste. Pour cela il faudrait construire un ordinateur bien plus puissant et bien plus grand. H2G2 couverturesUn ordinateur si puissant qu’il pourrait abriter un écosystème et même la vie. Cet ordinateur devra réfléchir pendant plusieurs milliards d’années à la question puis la livrera à travers ses habitants. Des scientifiques, déguisés en souris, devront surveiller son activité afin d’être sûr de ne rien rater. Malheureusement (attention spoiler des 30 premières pages du premier volume) cet ordinateur qui n’est autre que la Terre est détruit afin de construire une autoroute spatiale alors que la réponse à la question qui demandait quelle était la question, devait être livrée 5 minutes plus tard, laissant pour seule réponse à la Grande question (qu’on ne connait pas) 42. C’est compliqué tout ça. Cependant il existe des pistes pour cette question.
Pensée profondeMais on a quelques pistes concernant la question comme « Combien de routes un homme doit-il prendre ? » qui est le début d’un chanson de Bob Dylan ou encore « Qu’est-ce qui est jaune et dangereux ? » et qui admet comme réponse « un flan infesté de requins ». Il semblerait pourtant que, puisque la Terre des autres dimensions a été détruite après que nos héros aient criés à leur taxi « Là, au numéro 42, juste ici. » la question soit « Où est-ce que je vous dépose ? » ou encore « Où est-ce que tout se finit ? ».

La grande questionIl y a encore pleins de théories comme le moment où Arthur Dent tente de trouver la question en tirant des lettres de Scrablle au hasard et qu’il obtient « Six fois Neuf. Quarante-deux  » ce qui est faux (sauf si on pense en base 13 mais pour citer l’auteur « Personne ne fait de blague en base 13 »). C’est censé prouver que l’univers est complètement absurde et n’a aucun but précis, sauf emmerder tout le monde. Il y a plein d’autres idées comme celle qui dit que la question serait « Pensez à un nombre, n’importe lequel. » et qui se base sur ce passage: « Je suis, c’est une très grossière approximation, trente milliards de fois plus intelligent que vous. Laissez-moi vous fournir un exemple. Pensez à un chiffre, n’importe lequel.— Euh, cinq répondit le matelas.— Faux. Vous voyez ? »

Tout ça c’est pour la question, mais ce n’est absolument pas notre sujet du jour. Nous on est là pour parler de 42. Nombreux sont ceux à avoir cherché pourquoi ce chiffre si ordinaire a été choisi. On peut avancer que 6×9=42 si on calcule en base 13 et non en base 10. De plus la représentation binaire de 42 fait 101010 et c’est joli. Il y a des tonnes d’explications possibles toutes aussi loufoques et bien trouvées.

Mais il est l’heure de donner le fin mot de l’histoire à l’inventeur de cette histoire, parce que lui seul connait: Monsieur Adams, pouvez vous nous dire pourquoi 42 ? Il a donc répondu, lors de cette interview menée auprès de son cadavre: « La réponse à ceci est très simple. C’était une plaisanterie. Ce devait être un nombre, ordinaire et plutôt petit, et j’ai choisi celui-ci. Les représentations binaires, la base treize, les moines tibétains ne sont que des balivernes. Je me suis assis à mon bureau, j’ai regardé dans le jardin et je me suis dit « 42 ira » et je l’ai écrit. Fin de l’histoire. »


N’est-ce pas la plus belle raison possible et imaginable ? Un chiffre au hasard, le plus banal possible qui, à la force du mystère, se hisse comme référence de la pop-culture et qui, à cause de sa banalité, devient mémorable. C’est bien une histoire incroyable. Comment la postérité de cet auteur à été assurée par un chiffre prit au hasard. Mais on peut aller plus loin: et si le but de Douglas Adams à travers toute cette histoire de 42 et de Grande Question était de prouver qu’on réfléchissait trop sur des choses sans importance ? Il n’aurait pas put mieux réussir ! Alors maintenant, la prochaine fois que l’on vous posera une question à laquelle vous ne voulez pas répondre, vous pourrez répondre 42 avec la fierté de savoir pourquoi.

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