Le mois d’avril aura été… Bigarré disons. Le plus grand blockbuster de l’année aura côtoyé des petites perles indés, autant au cinéma qu’en VOD. Le monde entier est représenté, on en a vu pour tous les goûts, toutes les sensibilités et même tous les bords politiques. Pour vous aidez à vous repérer dans cette richesse cinématographique, notre équipe vous propose un classement des sorties récentes que nous avons vu ce mois ci.

Les notes sont données par le rédacteur ou la rédactrice qui a écrit la review. Les films sont classés du moins bien noté au mieux noté.


Ma Vie Avec John F. Donovan

Premier film en langue anglaise de Xavier Dolan, jeune réalisateur acclamé, Ma Vie Avec John F. Donovan frôle le désastre. Terriblement long et répétitif, filmé comme un film amateur malgré une superbe lumière, monté étrangement, assez mal joué et surtout mal écrit avec trop de grandiloquence et pas assez de subtilité et de naturel, c’est un film résolument grossier. On voit clairement finalement une proposition intéressante ruinée par l’amateurisme et l’égocentrisme du réalisateur qui se montre sans cesse incapable de parler d’autre chose que de lui.

Note : 4/10 – Noté par Baptiste


Shazam

Vide, plat et laid. Shazam sonne comme un aveu d’échec de la part de DC, qui n’a même plus l’air de comprendre le public auquel il s’adresse. Constamment à la limite de la parodie, Shazam ne décolle à aucun moment et accumule les clichés les plus affligeants les uns que les autres. Après un Aquaman qui revendiquait fièrement son second degré le film se paie même le luxe d’être le plus mauvais film DC à ce jour.

Note : 4/10 – Noté par Quentin


Alex le destin d’un roi


Majoritairement reconnu pour son travail aux côtés d‘Edgar Wright (Shaun of the Dead, Hot Fuzz), Joe Cornish revient sur le devant de la scène pour son second long-métrage, Alex le destin d’un roi. Inspirée du mythe arthurien, cette nouvelle création du réalisateur britannique est beaucoup moins convaincante qu’Attack the Block, son premier film. En effet, le cinéaste survole son sujet avec beaucoup trop de facilité, n’exploitant que peu les qualités de la légende dont il s’inspire. Malgré la performance admirable du jeune Louis Serkis, le film est finalement bien trop faible en terme d’enjeux dramatiques, endossant ainsi l’étiquette d’un simple « teen-movie » à voir en famille. Dommage.

Note : 5/10 – Noté par Lucas


Unicorn Store

Le moins qu’on puisse dire c’est que le premier film réalisé par l’actrice oscarisée Brie Larson ne fait pas l’unanimité. Et effectivement, si ses qualités le rendent globalement sympathique, on doit admettre que ça ne vole pas haut. Il est difficile de dire si le film est très cynique ou excessivement naïf et son message est éparpillé et confus. Mais le rythme est excellent, de même que les performances et il y a de très bonnes idées esthétiques.

Note : 6,5/10 – Noté par Baptiste


The Highwaymen

Le plus grand défaut de ce film est probablement son absence d’aspérités. Lisse, classique et parfois lent, The HighwayMen n’est pas fondamentalement mauvais mais peine à créer la surprise ou du neuf. A noter aussi un Kevin Costner moins concerné que son partenaire, Woody Harrelson, qui porte le film en lui donnant un peu de « pep’s ». Une petite déception donc, mais à voir pour son idée originale de montrer l’autre face de l’histoire de Bonnie et Clyde.

Note : 6/10 – Noté par Adrien


Raoul Taburin

Adapté de la bande-dessinée de Sempé, Raoul Taburin est le troisième long-métrage de Pierre Godeau, et sûrement le plus intriguant. En effet, l’histoire d’un réparateur de vélo qui reste dans l’impossibilité de tenir sur une selle s’avère plus facile à retranscrire à l’écrit qu’à l’écran. Pourtant, en étant particulièrement fidèle à l’œuvre de Sempé, le film parvient avec poésie à nous transmettre une émotion toute particulière, notamment grâce au duo Benoît Poelvoorde/Edouard Baer qui fonctionne à merveille. Malgré tout, on regrettera un scénario dont la linéarité empiète sur le véritable intérêt de l’adaptation de Godeau. Raoul Taburin reste une bonne proposition de cinéma dont la justesse s’explique surtout par une certaine absence de prises de risques.

Note : 7/10 – Noté par Lucas


Avengers Endgame

22 films plus tard, Endgame marque la fin d’une véritable époque pour Marvel et l’industrie cinématographique. Avec l’ambition de conclure comme il se doit une aventure commencée il y a plus de 10 ans maintenant, ce dernier acte des frères Russo déborde (trop ?) de générosité et offre enfin de la place à l’émotion dans un univers qui lui est pourtant opaque. Après une première heure des plus réussie le film retombe pourtant assez vite dans les codes qui ont fait la réussite de la recette Marvel.

Note : 7/10 – Noté par Quentin


Les Oiseaux de Passage

Film Colombien sur l’impact des narcotrafiquants dans les communautés indiennes traditionnels, c’est un film assez fort et résolument intéressant dans ses représentations de la culture, des rites et des bouleversements sociaux. De la représentation des traditions structurantes à leur destruction par le capitalisme, c’est un film intelligent, plein de symboles et de citations et bien réalisé mais prévisible et avec une faiblesse dramaturgique qui se fait sentir sur la longueur.

Note : 7,5/10 – Noté par Baptiste


J’veux du Soleil

J’veux du Soleil est le nouveau film du député François Ruffin et des documentariste Gilles Peret. Le dispositif est simple : tous les deux, une voiture et une descente du nord vers le sud, se posant sur les ronds points occupés par les Gillets Jaunes laissant parler ceux qui le veulent, acceptant toujours leurs invitations, etc… C’est un film spontané, humain, qui montre des visages découverts et des situations sociales réelles. Le seul point faible du film est Ruffin lui même, se mettant trop en avant et d’une manière toujours déplacée, mais sinon c’est un film à voir pour la conscience de chacun.

Note : 7,5/10 – Noté par Baptiste


Captive State

Hybride piochant tout autant dans District 9 et Cloverfield que dans les classiques des films sur la résistance et l’insurrection : Captive State déroute aux premiers abords, dans sa construction et son approche des personnages, pour revenir comme un coup de poing, engagé et ambitieux.

Note : 7,5/10 – Noté par Quentin


90’s

Véritable déclaration d’amour à son époque, le premier film de Jonah Hill déborde d’une sincérité et d’un amour qui ont marqué les plus grands teen-movies. Le film ne cache pas ses influences, de Larry Clark à Gus Van Sant, mais trouve sa place dans cette capsule temporelle qui dépeint avec brio un passage de l’enfance à l’adolescence finalement peu représenté sur grand écran.

Note : 8/10 – Noté par Quentin


El Reino

Corruption et descente aux enfers sous forme d’un polar sous tension ça vous tente ? Deuxième film de Rodrigo Sorogoyen après Que dios nos perdone, El Reino prend le contrepied des films politiques actuels pour nous offrir une oeuvre dans l’urgence constante, de sa réalisation à son montage, de son écriture à son interpretation et ainsi nous proposer une véritable claque, jusqu’à sa scène finale.

Note : 8,5/10 – Noté par Quentin


Jiseul

Jiseul est un film exceptionnel en exclusivieté fançaise sur Outbuster et chez Spectrum Films. C’est un travail de mémoire sur une violente répression anticommuniste en Corée à travers un film d’art terriblement puissant. Le film est incroyablement esthétique, avec une réalisation méticuleuse et stylisée et un magnifique noir et blanc mais les performances viennent injecter un douloureux effet de réel. La grandiloquence du film peut en perdre certain mais sa brutalité, sa musique grandiose, ses visuels millimétrés, son style et la tragédie des faits représentés ont toutes les chances de choquer et bouleverser.

Note : 8,5/10 – Noté par Baptiste


One Cut Of The Dead : Ne Coupez Pas

Film événement au japon, qui a débuté comme un film étudiant projeté dans une salle pour atteindre, par simple bouche à oreille, un succès colossal, Ne coupez pas est indéniablement un bijoux de comédie indépendante. Après un début étrange, virtuose mais volontairement mauvais, demandant une grande conscience au spectateur, c’est une oeuvre méta, brillante, hilarante et millimétrée qui se déploie sous les yeux des spectateurs. Ne Coupez Pas catapulte immédiatement Shin’ichirō Ueda et sa clique comme des artistes à suivre.

Note : 9/10 – Noté par Baptiste


Le Visionnage du Mois

Dans cette rubrique, les rédacteurs et rédactrices ont l’opportunité de revenir sur un film qui n’est pas une sortie récente mais qu’ils ont visionné ce moi ci, qui leur a plu ou les a intéressé, et qu’ils souhaitent recommander.

Only Lovers Left Alive

Only Lovers Left Alive est un des derniers films de Jim Jarmusch et un essai sur le genre du film de vampire avec une modernisation de son mythe. Le film est extrêmement érudit, multipliant les références bibliques et littéraires mais n’omet jamais pour autant de rester sensoriel et profond dans la représentation des sentiments. C’est un film feutré et élégant sur l’amour, le spleen, le partage et une moquerie envers la prétention des artistes ténébreux et égoïstes. Un beau moment de cinéma. – Conseillé par Baptiste


Eighth Grade

Premier film humble sur l’adolescence et le passage au lycée, Eighth Grade vise juste tout du long, évitant les pièges du genre, pour nous offrir une oeuvre sincère et honnête, sans jugement. Elsie Fisher nous offre une des meilleures performance adolescente de ces dernières années et Bo Burnham s’inscrit dans une nouvelle vague de cinéma indépendant américain, à la manière de Jim Cummings et son Thunder Road.Conseillé par Quentin

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