[vc_message color= »info »]Attention, cette critique est purement subjective et ne concerne que le point de vue de l’auteur comme chaque critique sur Erreur42.[/vc_message]

Seuls (1)Vous vous êtes peut être déjà pris, étant enfant, à vous demander ce qui se passerait si tout le monde disparaissait. S’il ne restait plus que vous et vos copains. S’il n’y avait plus d’école, plus de parents pour vous faire manger vos épinards, plus de voisin grognon qui vous empêchait de jouer au foot devant chez lui… Il se peut pourtant que si ce rêve enfantin s’était réalisé, vous auriez regretté votre vie d’avant où les adultes vous donnaient tout et où le monde était calibré pour votre confort. Car en effet la B.D. du jour nous montre bien à quel point vivre seul quand on est enfant n’est pas de tout repos. Mesdames et messieurs, vous la connaissez probablement, vous l’aimez peut être même bien, laissez moi vous présenterSEULS (de toute façon vous avez lu le titre donc pour la surprise je repasserais).

On va commencer par briser un débat qui n’a pas lieu d’être: on peut dire Seuls avec un S parce que ça renvoie à la formulation « ils sont seuls ». Ils sont plusieurs mais sans les autres, grammaticalement ça se tient.

seulsgroupeSeuls c’est donc une bande dessinée Franco-Belge scénarisée par Fabien Vehlmann et dessinée par Bruno Gazzotti (Soda) débutée en 2006 et dont le 9eme album, concluant un second cycle, sortira dans quelques jours. On y fait la connaissance de 5 enfants:

  • Dodji: un orphelin instable et traumatisé par le traitement que lui infligeait son beau-père. Il va en quelque sorte nous servir de héros. (environ 11 ans)
  • Leila: une jeune fille bricoleuse, roublarde et débrouillarde qui trouve toujours un moyen de sortir le groupe de situations délicates. (probablement 12 ans)
  • Yvan: fils d’un entrepreneur important, c’est un artiste et un « intellectuel » (autant qu’on puisse l’être à son age). Il est plutôt peureux ce qui le pousse à élaborer des plans et des stratégies plutôt qu’à foncer dans l’action. (dans les 9-10 ans)
  • Camille: sérieuse à l’école, naïve, bienveillante et moralisatrice, cette petite filles aux couettes blondes apporte un peu de candeur et de bienveillance dans ce monde de brutes. (8 ans et demie très exactement)
  • Terry: le plus jeune de la bande, il profite de la situation pour s’amuser dans la limite des stocks d’innocence disponible. le groupe doit souvent faire face à sa volatilité due à son très jeune age. Il semble pourtant plus sensible que les autres à certains… phénomènes. (6 ans)

SeulsCes 5 jeunes gens se retrouvent donc un matin… seuls. (je vous l’avais dit qu’avec un S ça marche) Leurs parents ont disparus, leurs frères et sœurs ont disparus, les voitures sont arrêtées au milieu de la rue, bref quedale, nada, rien, plus que eux cinq. Enfin ça c’est ce qu’ils croient parce qu’entre les animaux sauvages évadés du cirque, l’ados psychopathe armé de couteaux qui tuerait pour protéger sa petite sœur, les groupes d’enfants turbulents dirigés par un leader charismatique certes mais quand même néo nazi, les espèces de zombies, les mystérieuses premières familles, la Zone Rouge qui semble avoir sa propre conscience et où tout peut arriver, les enfants monstrueux invisibles, etc, etc, etc la liste des dangers et des péripéties est longue comme un allé retour Terre-Coruscant.

Spoiler Alert; tout ce qui suit contient des spoilers

seuls5-3Mais commençons par le début, quand ce groupe d’enfants ne se connaissant pas se retrouve réuni par le hasard au coin d’une rue. Ces enfants devront trouver un moyen de se débrouiller sans les adultes pour se nourrir et chercher de l’aide alors que des rhinocéros et des tigres échappés d’un cirque parcourent la ville, s’attaquant à tout ce qui bouge. Ils finiront par se lier d’amitié et décident d’investir un hôtel, en faisant un véritable paradis pour eux. C’est alors que le maître des couteaux, un être mystérieux et très dangereux s’attaque à eux. Il se trouve qu’il n’est autre qu’un ados, tout aussi perdu qu’eux et qu’il ne représente pas une réelle menace et pourrait même devenir un allié.

Mais nos héros, après avoir conclut qu’il n’y avait rien de pertinent à FortVille, leur ville d’origine, décident de partir sur les routes. Ils tombent alors sur les enfants du  Clan du Requin et de leur chef Saul, 11 ans et déjà passionné par le nazisme. Ce clan a fait d’un parc d’attraction son territoire et y mènent une vie paisible dans une seuls-1société auto-régulée fondée sur des principes archaïque (les filles aux taches ménagères et les hommes se la coulent douce) et basée sur la suprématie de Saul, leader suprême qui, lui, sait ce qui est arrivé aux autres. Mais les enfants de Fortville ont du mal à s’intégrer, Dodji étant considéré comme un rival pour Saul. Ils sont donc contraints de fuir, après la mort de Saul (qui s’est crut meilleur qu’il ne l’était) et embarquent avec eux des membres du clan. Ils retournent à Fortville et reprennent une vie tranquille dans une place forte, établissant eux même leur propre société, beaucoup plus saine que celle de Saul. Malheureusement ce petit idylle ne durera guère, perturbé par des attaques de singes au comportement étrange et aux yeux rouges, le retour du clan du requin à Fortville et l’apparition de la Zone Rouge, un territoire où des événement surnaturels se produisent et dont le centre est marqué par un monolythe noir composé entièrement d’insectes. Saul revient d’entre les morts et annonce la terrible vérité aux enfants: ils sont tous morts et se trouvent donc dans une espèce de paradis, de purgatoire ou d’enfer.  Mais c’est une nouvelle d’une bien faible importance puisqu’une guerre entre ce clan et celui des héros éclate alors que la zone rouge dans laquelle ils se trouve est infestée d’enfants morts précédemmentseuls qui reviennent zombifiés. Sauvés de la zone rouge les enfants devront faire face à une dernière menace (pour l’instant): les premières familles qui vont leur faire passer des épreuves mortelles afin de savoir si ils peuvent être intégrés dans leur société. Une mystérieuse prophétie, faisant référence au livre de l’Apocalypse de la Bible est révélée ce qui pousse les premieres familles à trouver l’avatar du mal que l’on appelle « l’enfant de minuit » parmi nos héros. En même temps Saul se découvre des pouvoirs magiques et d’étranges personnages apparaissent à Terry et Dodji, comme s’ils les suivaient depuis le début. Des mains et des pieds cachées dans les différents albums en sont la preuve.

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Pour un résumé c’est le mieux que je puisse faire tant le monde de Seuls est florissant, mystérieux, mystique et captivant. Alors qu’au début on croit à une simple histoire de disparition, on tombe petit à petit dans un monde aux multiples secrets, à l’histoire jonchée de non dits et parsemée de légendes et de personnages hauts en couleurs. On est aspiré par cette B.D. et retenu par ces personnages attachants. Les histoires sont bien rythmées, il y a de l’action, les dessins sont sympas et dynamiques, bref l’essentiel y est pour faire une bonne B.D. Pourtant beaucoup de bonnes B.D. n’ont pas l’aura de Seuls. Comment cette saga en apparence anodine a t’elle put se tailler une ambiance et un univers aussi marquant ?

C’est parce que Seuls représente typiquement la B.D. qui avait sa place au rayon jeunesse et qui s’en est éloignée petit à petit. Et pour cause, ceux qui ont commencé à lire Seuls en 2006 (mettant que, comme moi ils avaient 7 ans à l’époque) ne veulent plus lire la même chose maintenant alors qu’ils ont 16 ans. C’est beau comment, à l’image de Harry Potter , une saga peut s’ajuster à son lectorat et c’est une démarche très intéressante. On débute avec l’histoire de jeunes qui s’amusent et vivent bien, malgré le dramatisme de la situation à une épopée épique au cœur du mysticisme, de la peur, de la violence et de la tragédie. Et ça en seulement 8 albums. C’est un total changement de ton, dés les troisièmes et quatrièmes tomes qui choque et marque le lecteur (qui a été maintenu en haleine jusque là par des cliffhangers putassiers à souhait). Il y a absolument tout dans Seuls et pourtant chaque album est meilleur que le précédent. C’est pourquoi, si ce n’est pas déjà fait, je vous conseille de vous y plonger immédiatement.

PS: un casting a été passé auprès des lecteurs du « Journal de Spirou » afin de préparer une possible addaptation cinématographique donc… Qui sait.

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J’ai toujours hésité à commencer cette série ébah me voilà convaincu ! Me reste plus qu’à aller faire un tour au rayon jeunesse de ma bibliothèque 😉