[vc_message color= »info »]Attention, cette critique est purement subjective et ne concerne que le point de vue de l’auteur comme chaque critique disponible sur Erreur42.[/vc_message]

HP-LovecraftMesdames, mesdemoiselles, messieurs, bienvenu. Aujourd’hui je vous propose le test de mon coup de cœur vidéo-ludique de l’année: The Last Door. S’il y a un auteur qui dont l’influence sur le monde du jeu vidéo n’est plus à prouver c’est bien le terrible Howard Philip Lovecraft. De Another World sur Super Nes à Silent Hill en passant par Dark Souls ou Fear, nombreux sont les jeux dont esthétique ténébreuse et tentaculaire s’inspire des écrits de l’auteur, pourtant mort depuis près de 80 ans. Mais seul quelque jeux se revendiquent réellement être adaptés de Lovecraft ou utilisent ce nom si iconique comme argument de vente. Et à l’exception de Call Of Cthulhu: Dark Corner of the Earth (qui est un FPS), la majeur partie de ces jeux sont des Point and Click (je préfère être brûlé vif plutôt que de dire « Pointer Cliquer« ).

58129858Le Point and Click, ou Jeu d’Aventure Graphique, est un style de jeu plutôt rétro et assez confidentiel dont le principal représentant est sans doute Indiana Jones et la dernière Croisade sorti en 1989 sur micro-ordinateurs. Dans un Point and Click on incarne un personnage évoluant à travers divers tableaux, discutant avec des gens, récoltant des objets, résolvant des énigmes, etc…  Les point ans Click se distinguent souvent par un scénario particulièrement développé et une direction artistique originale, sensés contrer le gameplay peu dynamique.
the-wolf-among-us-episode-1-pic-2Aujourd’hui on peut dire que le Point and Click (style déja élitiste à l’époque) est un peu passé de mode et seul le studio Telltale se bat pour nous en fournir, tout en modernisant le style. Il faut dire que le Point and Click se prête parfaitement au format épisodique, un modèle économique vous faisant payer le jeu en plusieurs (très) courts épisodes. Ce modèle particulièrement pute est très efficace pour faire fonctionner la planche à billets et en agace plus d’un.

The-Game-Kitchen-Logo-01-600x267Pourtant quelques jeux viennent ça et là redorer le blason de ce genre d’antan. Et c’est de l’un d’entre eux que nous allons parler aujourd’hui. The Last Door est un point and click inspiré de l’oeuvre d’H.P. Lovecraft et développé par The Game Kitchen, un studio indépendant dont The Last Door est le principal travail. The Last Door se déroule en pleine Angleterre victorienne. On y fait la connaissance de Jeremiah Devitt, un jeune homme qui reçoit une lettre d’Anthony, son ami d’enfance, qui l’incite à le rejoindre chez lui. Quand il arrive chez Antony, la maison est vide. Devitt va devra donc trouver un moyen de déverrouiller les différents passages afin de découvrir les mystères et horreurs que cache cette maison. Une fois n’est pas coutume je ne vous spoilerais pas, ce serait vraiment dommage tant The Last Door est plein de surprises qu’il faut découvrir par soi même.Sachez simplement que le voyage de Devitt ne s’arrêtera pas chez son ami puisqu’il devra retourner sur les traces de son passé et lever le voile sur certains événements de sa jeunesse. Des événements qui auraient dut rester à jamais cachés. Mais bon, Place au Test !!


Gameplay

lastdoor C’est tout ce qu’il y a de plus classique. On arrive dans un petit environnement où l’on peut circuler librement entre les tableaux, on récupère des objets, on les combines, on parle à des PNJ et on résout des énigmes. En usant habilement de nos objets on ouvre une par une les portes qui nous barrent le chemin et on découvre de nouvelles parties du décor. On avance ainsi dans le tableau en rencontrant ça et là des notes sur le sol, nous apprenant plus sur l’histoire. On rencontrera parfois des énigmes venant varier les plaisirs. On devra se repérer dans le brouillard grâce au son ou trouver les étoiles indiquées sur une carte. Pas de bagarres, pas de jeu d’adresse, ici tout se fait à la force de vos méninges, parfois mises à rude épreuve tant les énigmes sont ardues. On est pas au niveau d’absurdité d’un 2046161-708548_20130711_008Discworld et on ne se retrouvera jamais coincé dans le jeu pour avoir utilisé le mauvais objet au mauvais moment mais l’absence d’indices comme il y en a dans Yesterday (un autre point and click presque aussi bon) rend certaines situations très gênantes. The Last Door porte son gameplay dans son titre: on n’avance que pour ouvrir la dernière porte et pour voir la dernière salle qui renferme fatalement l’objet de notre recherche. Le gameplay s’installe vraiment en opposition avec les jeux Telltales, basés sur les dialogues et les choix, en revenant vers le classicisme et la résolution d’énigme. Mais le mieux reste de vous faire tester. Pour cela rien de plus simple, cliquez sur l’image ci dessous pour jouer gratuitement au premier épisode.

The last door 1

Scénario

The-Last-Door-darkLe scénario de The Last Door n’est pas un foudre d’originalité mais il a le mérite d’être plein de mystères et de nous tenir en haleine du début à la fin. Il jouit en effet d’une narration bien dosée. A chaque épisode on nous donne juste assez de réponses et on nous pose juste assez de question pour continuer à être intrigant et nous donner envie de jouer à l’épisode suivant sans être lourd ou frustrant. C’est vraiment réussi. Bien évidement le scénario s’inspire de Lovecraft, se centrant sur un occultisme mystérieux et une chute progressive dans la folie, mais il tire aussi beaucoup d’Edgar Allan Poe, surtout à cause de la présence récurrente de corbeaux (thème important chez Poe). Malheureusement les personnages ne sont pas du tout développés et on ne sait rien de l’homme qu’on contrôle, ce qui empêche toute forme d’empathie. A noter que certaines versions du jeu contiennent des extra apportant une conclusion à l’histoire de certains personnages secondaires.

Graphisme

memoriesAlors là, désolé, mais c’est pas beau. Je suis le premier à défendre esthétique pixelisée de jeux comme Volgarr ou Tiny Barbarian parce qu’elle est justifiée par l’envie de ressembler à des jeux rétros. De plus il se dégage de Volgarr ou de Tiny Barbarian un certain niveau de détail qui rend la pixellisation plus artistique. Ici ça rend le jeu moins lisible. Les objets sont difficilement identifiable, c’est impossible de reconnaître les personnages et ça ressemble même pas à un jeu rétro. Notons également les écrans noirs accompagnés de sons qui apparaissent parfois quand on réalise une action, afin d’éviter aux développeurs d’avoir à créer une autre animation. Ça fait un peu cache misère. Mais il faut reconnaître que ça donne au soft un style à part assez reconnaissable. De plus on peut saluer la direction artistique qui nous offre des décors angoissants avec une réelle identité. Les effets d’éclairage sont satisfaisants et les animations sont simples, certes, mais précises et pas choquantes.


Ambiance

C’est le GROS point fort du titre: c’est un MONSTRE D’IMMERSION. La musique, l’éclairage des pièces, les bruitages, les lettres laissées au sol, les fondus au noir entre chaque écran, les flash back terrifiants ou intrigants, la mise en scène captivante,… Tout est angoissant au possible. On est terrifié à l’idée de ce qu’on peut trouver dans chaque salle et on est scotché à son écran du début à la fin de l’épisode et seul le générique de fin nous en détachera. La bande son, moult fois primée y est pour beaucoup et porte dans ses lourdes notes de piano tous les mots de Lovecraft et tous ses rêves indescriptibles. je vous la met juste là.

The Last Door; Chapitre 1: The Letter

The Last Door; Chapitre 2: Memories

The Last Door; Chapitre 3: The Fourth Witness

The Last Door; Chapitre 4: Ancient Shadows

The Last Door doit aussi beaucoup à ses bruitages: portes et parquet qui grincent, gémissements, pleurs, gouttes d’eau et boite à musique vous donnerons des cauchemars si, comme moi, vous êtes facilement apeuré. Puisqu’il est vrai que je suis vite effrayé et que je suis tout de suite entré dans l’univers old school et Lovecraftien du jeu, il se peut qu’il n’ait pas sur vous le même effet qu’il a eut sur moi. Cependant l’ambiance, les décors, les musiques et les atouts de The Last Door en font un petit bijoux en matière d’immersion qui devrait séduire tout le monde.

Conclusion

The Last Door peut être résumé en une phrase: simple mais efficace. Il n’y a rien de superflu, rien de trop superficiel, rien de mal fait (on aurait même tendance à dire qu’il manque des chose mais bon). Son gameplay simpliste et ses graphismes minimalistes nous absorbent dans une aventure où rien ne peut nous distraire ou nous détourner de la fatalité du héros Lovecraftien: on devient FOU. Parce que c’est aussi ça The Last Door: une lettre d’amour à H.P. Lovecraft. Depuis la début ça transpire l’hommage. Mais l’hommage est bien dosé et reste un clin d’œil d’initié tout en réussissant l’exploit de ne jamais être envahissant. The Last Door est une authentique perle noire dans un océan de babioles. Actuellement la saison 1 est téléchargeable sur steam pour Mac et Pc mais également sur Iphone, Android et même Windows Phone. Vous pouvez aussi l’acheter par épisodes sur les site qui lui est dédié. 3 épisodes de la saison 2 sont sortis mais j’attends qu’elle soit finit pour la tester et vous en parler. Je vous conseille de vous y frotter et vous souhaite bon courage.

PS: Il existe deux versions du jeu, une avec des graphismes « améliorés » qui touchent surtout l’éclairage et le nombre de pixel et une autre. Alors si vous tombez sur une version très claire sans aucun effet d’ombre et vraiment pas jolie, c’est pas la bonne.

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