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Après quatorze ans d’attente et une génération entière de spectateurs rongée par l’impatience, le film d’animation culte Les Indestructibles connaît enfin une suite. À la fois hautement réclamé et redouté, ce deuxième volet intitulé sobrement Les Indestructibles 2 reste piloté par Brad Bird sous le studio Pixar que l’on ne présente plus. Projeté en avant première mondiale au Festival d’Annecy cette suite de l’oeuvre culte qui a marqué une génération entière de cinéphiles est-elle vraiment Incredible ?

Notre famille de super-héros préférée est de retour ! Cette fois c’est Hélène qui se retrouve sur le devant de la scène laissant à Bob le soin de mener à bien les mille et une missions de la vie quotidienne et de s’occuper de Violette, Flèche et de bébé Jack-Jack. C’est un changement de rythme difficile pour la famille d’autant que personne ne mesure réellement l’étendue des incroyables pouvoirs du petit dernier… Lorsqu’un nouvel ennemi fait surface, la famille et Frozone vont devoir s’allier comme jamais pour déjouer son plan machiavélique.

Au cœur de l’action

Digne retour d’une efficacité remarquable : Les Indestructibles 2 s’apprécie par sa réalisation et son gain en maturité pour ce qui est de ses scènes d’actions. Si dans le premier elles étaient déjà millimétrées et inventives, on peut affirmer sans trop s’avancer que la réalisation d’un des opus de la saga Mission Impossible (Protocole Fantôme, sorti en 2011) a probablement servi d’appui supplémentaire à Brad Bird. Une expérience dans le monde technologique qui lui a permis une approche critique des nouvelles technologies dans leur complexité et dans leurs dangers, face à notre famille de super héros préférés. En exploitant en parallèle les bienfaits et les dérives de ces nouvelles technologies il évite les clichés habituels autour de leur utilisations et de la moralisation des jeunes générations a ce propos, prouvant une nouvelle fois que l’animation ne se réduit pas à des « films pour enfants »…

Toutefois, si le scénario reste plutôt prévisible, il est difficile d’en faire un véritable point noir du film puisqu’il est équilibré par ses scènes d’actions donc, mais également par son rythme maîtrisé et ses visuels forts, qui savent pleinement trouver l’équilibre entre la volonté de rester près de la réalité et les possibilités qu’offre l’animation en image de synthèse. En gardant son environnement rétro qui faisait déjà la particularité du premier volet et ses hommages appuyés aux films de genres des années 60 le film arrive à entretenir cette flamme qui faisait toute la singularité du premier opus. Le tout supporté par un doublage VO (ndlr: nous ne l’avons pas vu en VF) des plus remarquables, en particulier de la part des deux nouveaux protagonistes Evelyn et Winston Devor, dont la performance est assurée respectivement par Catherine Keener (Get Out) et Bob Odenkirk (Better Call Saul).

Vie de famille

Mais outre ses qualités en tant que long-métrage s’inscrivant dans le genre super-héroique, le film parvient une nouvelle fois à traiter diverses thématiques que ce soit dans un but purement divertissant ou pour apporter son propre point de vue sur ces questions. C’est notamment le cas de la famille qui est abordé sous un angle certes classique d’édifice de la société et de l’individu, comme dans l’ensemble des productions Pixar (remplacée par l’amitié parfois) produit d’une philosophie très américaine, mais pas uniquement. Il y a dans Les Indestructibles 2 une vraie démarche de confrontation entre un idéal certes réconfortant et la réalité du quotidien, de ses complexités. Illustrée par le rire, cette réalité est en revanche mêlée à l’axe central du film, où le personnage d’Hélène doit se confronter à sa vie de super-héroïne et de mère sans pouvoir lâcher prise. Particulièrement quand Bob a de grandes difficultés de gestion en jouant les pères au foyer. Ce postulat peut inquiéter car il peut rapidement tomber dans un poncif conservateur du « chacun son rôle ». Notamment par l’échec des parents à assurer dans une situation à l’encontre du schéma traditionnel familial, mais il est toutefois rapidement bien traité dans la narration. Ce qui permet de dénoncer in fine cet état de fait tout en évitant de se reposer sur des clichés.

Autrement, ce qui fait la saveur d’un bon Pixar est, au-delà de la qualité de son histoire, ses dialogues et son humour. Rien à craindre de ce côté non plus et au contraire. Le film sait profiter pleinement de ses personnages attachants et des situations pour développer son propos tout en ponctuant le tout de scènes comiques et émouvantes au dosage précis. En se permettant même quelques petites allusions a des problématiques actuelles : le féminisme évidemment, ne serait-ce que par son postulat de départ mais également l’immunité des puissants. Ce n’est pas non plus un film au sens politique très développé (quoique), mais ces petites notes et certaines punchlines bien tournées en demeurent savoureuses.


S’agissant des personnages, une nouvelle batterie de super-héros fait son apparition : issus de la jeune génération ayant grandi avec les exploits de leur homologues lorsque leurs actions étaient encore légales. Ils sont à la fois le reflet des jeunes spectateurs ayant grandi avec le premier volet des Indestructibles et porteurs des revendications nouvelles des personnages. Si leurs interventions sont courtes, elles sont fortement sympathiques et s’incluent parfaitement dans la narration.

Les Indestructibles 2 est une véritable réussite : à la fois satisfaisante dans son inscription au sein de la franchise, tout en sachant se détacher et s’améliorer sur certains points qui pouvaient porter préjudice au premier film. Les fans de la première heure comme les néophytes sauront s’y retrouver en s’appropriant chacun à leur manière cette suite d’ores et déjà culte.

NOS NOTES ...
Animation
Réalisation
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Scénario
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Etudiante perdue dans le nord, je vais au cinéma entre deux batailles contre les White Walkers. Toujours là où on ne m'attend pas, j'ai rejoint Erreur 42 par esprit de contradiction. Vi veri veniversum vivus vici.